CARTE DES EXPLORATIONS (GABON ET MOYEN-CONGO
tère de rétribution pour services rendus à la navigation.
Il a été, en outre, institué une Commission internationale chargée d'assurer l'exécution des dispositions de l'acte de navigation. Cette commission a notamment dans ses attributions : 1'' la désignation des travaux propres à assurer la navigabilité du Congo selon les besoins du commerce international ; 2" la fixation du tarif de pilotage et celle du tarif général des droits à percevoir pour services rendus à la navigation ; 3^ Tadministration des revenus obtenus au moyen de ces tarifs.
Enfin, dans sa sixième et dernière partie, l'acte général a stipulé que... « la puissance qui, dorénavant, prendra possession d'un territoire sur les côtes du continent africain situé en dehors de ses possessions actuelles, ou qui, n'en ayant pas eu jusque-là, viendrait à en acquérir, et de même la puissance qui y assumera un protectorat, accompagnera Facte respectif d'une notification adressée aux autres puissances signataires du présent acte, afin de les mettre à même de faire valoir, s'il y a lieu, leurs réclamations ».
Importance de l'acte de Berlin. — L'acte général qui sortit des délibérations du congrès de Berlin, était « une grave défaite pour les vieilles puissances coloniales, Angleterre, Espagne, France et Portugal, auxquelles tout un passé authentique d'explorations, de conquêtes, de traités garantissait l'avenir, un triomphe pour les puissances nouvelles qui voyaient ainsi mettre à néant cet obstacle du vieux droit historique opposé à leurs convoitises et s'ouvraient largement, par l'artifice d'une réglementation spéciale aux fleuves, les colonies acquises à prix de sang et d'or par leurs devancières » (1). L'acte de Berlin avait préparé l'éviction décisive
(1) Dubois et Terrier, op. cit., p. 586.
du Portugal et la caducité des privilèges économiques d'Etats comme la Grande-Bretagne et la France dans leurs propres colonies. Avant la signature de l'acte, deux Etats étaient directement en présence, la France et le Portugal, la patrie des premiers et glorieux découvreurs de la région du Zaïre ; la Grande-Bretagne, en vertu de ses stipulations avec le Portugal, avait elle aussi un intérêt dans la question. Depuis l'acte de « reconnaissance «,11 y avait à compter avec un groupement intermédiaire entre les Etats souverains et les sociétés particulières, et ainsi étaient admis à la communauté des bénéfices « nombre de nouveaux venus qui ne pouvaient faire preuve ni de vieux droits historiques^ représentatifs de mérites et de dépenses du passé, ni du moindre effort de science, d'argent ou d'action militaire dans la période toute contemporaine... L'acte de la conférence de Berlin avait consacré une application partielle et fort ingénieuse de la doctrine coloniale du prince de Bismarck, consistant à recommander la colonisation purement commercialle sans dépense des « os d'un seul grenadier poméranien » ; il est vrai, qu'à défaut de Poméraniens, Français, Belges et Portugais ont connu les fatigues, les blessures et la mort pour ouvrir les portes où tous entreront » (1).
La conférence de Berlin imposait à tous les signataires des conditions rigoureuses de prise de possession, d'occupation effective et stipulait la médiation obligatoire dans les cas de dissentiment sérieux. Aussi, puisque la souveraineté territoriale ne concédait plus désormais que des charges sans compensation, entretien de forces armées, des travaux publics, les
(I) Dubois et Terrier, op. cit., pp. 586, 587.
problèmes de délimitation territoriale perdaient-ils singulièrement de leur intérêt II est aisé de comprendre dès lors que la France allait pouvoir procéder délibérément au règlement de ses frontières du Congo français. Aussi bien, la convention franco-congolaise du 29 avril 1887^ les traités de délimitation franco-allemand du 24 décembre 1885, franco -portugais du 12 mai 1886, franco-espagnol du 27 juin 1900, qui marquent les grandes dates de l'œuvre diplomatique accomplie au Congo français à la suite du congrès de Berlin, ne soulevèrent, comme nous allons le voir, que de médiocres difficultés.