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Chevalier, rapport cité, p

200 GONDITrONS DE LA VIE SOCIALE AU CONGO FRANÇAIS

formé à la surface par im mélange d'argile et de sable qui a pris dans la partie supérieure une teinte d'un rouge ferrugineux ou d'un jaune ocracé. Au-dessous, on trouve des sables gris ou \erdâtres, parfois des bancs de graviers à éléments assez gros. La latérite, en couches compactes, n'apparaît qu'autour des massifs rocheux. La pente de ces terrains est si faible que depuis le pays de Snoussi jusqu'au lac Tchad, sur une distance de 700 kilomètres à vol d'oiseau, on ne trouve qu'une différence d'altitude d'environ 110 mètres. Cette pente si faible est la raison pour laquelle les eaux s'écoulent difficilement à la saison des pluies et séjournent sur les plaines^ dans des canaux au lit mal accusé ou dans des dépressions très étendues formant des marais et des lacs comme le Fittri, le lac Iro, le Baro, le lac No dans le bassin du Nil.

L'apport alluvial, sans cesse renouvelé^ a peu à peu comblé les dépressions en nivelant le sol ; finalement, il n'est resté que le lit des rivières actuelles et les traces des Mimas et des Bâtas, aujourd'hui en grande partie comblés. Ailleurs, ont subsisté des lagunes comme le Tchad, le Fittri, le Iro^ le Faguibine près Tombouctou qui emmagasinent encore le trop plein des rivières, à chaque saison de pluies et évapore ensuite l'eau ou bien la laisse écouler dans le sable. L'action éolienne a également contribué au remplissage des lagunes et des grands fleuves, du moins dans la région salrélienne ; aussi est-il impossible d'estimer aujourd'hui jusqu'à quelle latitude se prolongeaient autrefois les lagunes comme le Tchad ou le Faguibine.

Toute cette région du Nord atteste que, depuis une période très reculée, l'évaporation delà mer Tchaddienne se poursuit constamment et que tous les canaux et toutes les lagunes.

avoisinant le lac Tchad, sont encore de véritables bassins d'évaporation, comme les salines du bord de la mer. Nous n'en citerons à l'appui que le passage suivant du rapport géologique de la mission Chevalier :

« A partir des rochers de Ngoura et Aouni, dans la région du Fittri, le terrain est formé par un système de rides dont les creux ont de 500 à 2.000 mètres de large et alternent avec des saillies larges de 1 à plusieurs kilomètres. L'ensemble forme une série de stries, plus ou moins parallèles, anastomosées généralement entre elles, mais dont la direction générale est sensiblement sud-sud-est-nord, nord-ouest.

La végétation arborescente est localisée au fond des rides (ouadi). Les saillies sont recouvertes de sables à peine fixés. Les eaux du Tchad se sont autrefois étendues dans toutes ces rides ainsi qu'en témoignent les abondants dépôts de substances déposées après l'évaporation des eaux : carbonate de chaux, carbonate et sulfate de soude, magnésie, etc. Enfin, les débris de gigantesques poissons et de grandes tortues à demi fossilisés que l'on rencontre dans toutes ces dépressions de la région du Kanem, corroborent cette manière de voir. On rencontre aussi des débris de roseaux fossiles à plus de 100 kilomètres des points où affleure l'eau de nos jours Nous nous sommes demandé s'il fallait attribuer la direction si régulière des rives du Kanem et des bras du Tchad orientés dans e même sens, à un plissement des roches anciennes sousjacentes (crétacé) ou bien si ces rides ont été creusées par l'action des eaux dans les terrains alluvionnaires. Au fond de la plupart des ouadi du Kanem, on trouve une croûte de calcaire dont l'épaisseur peut atteindre 1 mètre et qui forme à la surface des sortes de champignans saillants. Ces calcaires.

recouverts souvent à la surface par des coquilles d'eau sàumâtre (Mélania) qu'on ne rencontre plus aujourd'hui à l'état vivant, reposent directeaient sur le sable et paraissent s'être déposés à la suite de Tévaporation des eaux.

A Rédéma, le calcaire existe sous forme de concrétions éparses dans une marne friable verdàtre. La lagune du Grand Baissé près de Ngouri, au fond d'un ouadi, au contraire, est recouverte d'efflorescences de sulfate de soude et d'une croûte de carbonate de soude, et ce n'est qu'un peu plus haut, sur les bords de la cuvette, qu'apparaissent les calcaires.

Enfin, dans toute cette contrée, les puits ne donnant que des eaux saumàtres, nàtronnées ou sulfureuses, sont fréquents » (1).

En somme il ne faut point songer à donner un exposé synthétique de la constitution géologique de l'Afrique tropicale française et de la région du Tchad, les renseignements possédés à ce sujet étant trop incomplets et le peu qui a été publié sur quelques points particuliers ne suffisant pas à combler ces lacunes (2). Autant qu'on en puisse juger, au sud de la grande mer Soudanienne et Tchaddienne, recouverte aujourd'hui par des dépôts relativement récents et devenue un centre constant d'évaporation, s'étend, en une série de cuvettes, le vaste plateau gréseux, flanqué à l'est et à l'ouest de deux zones cristallines, qui constitue le substratum de nos

(1) Ibid., p. 39.

(2) Lacroix, Résultats niinéralogiques et géologiques des récentes explorations dans l'Afrique occidentale française, Paris, Challamel, 1905, in-8*' (plaquette), p. 3.

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possessions congolaises; ultérieurement se sont superposés les conglomérats des grès horizontaux du Soudan, des grès ferrugineux anciens, d'humus et de décomposition végétale, qui représentent la couche superficielle du sol, et qui mettent à jour, à de rares endroits, les terrains primitifs de l'assise la plus profonde.

B. — Les grandes régions naturelles

Il a pu sembler pendant longtemps, comme l'indiquait très judicieusement M. le capitaine Dujour dans une monographie sur les Régions naturelles du Congo (1), que « l'ancienne colonie constituée par le bassin fermé de TOgôoué et les bassins côtiers secondaires formait un tout géographique nettement caractérisé et autonome, il n'en est plus de même du Congo français actuel, dont l'énorme plateau hinterland aux contours anguleux s'est soudé en quelques années par l'étroite cheminée Sangha-Moyen-Oubangui aux flancs de Tancien massif cristallin couvert de riches forêts qui révèle sur toute la bordure de l'ouest africain l'ossature du vieux continent ».

« Entre le 5^ de latitude sud et le 15" nord s'étalent aujourd'hui les belles forêts de l'Ogôoué et du Mayombe, la grande végétation équatoriale, les taillis et couloirs boisés de l'Oubangui-Chari, les « bush » du Tchad et de Baguirmi, les dunes sahariennes du Kanem, successivement reconnus et conquis par les efforts incessants de nos explorateurs dans le grand

(1) Voir Annuaire du Conqo français pour 1906,

mouvement d'expansion qui, nettement canalisé au nord et au sud par les frontières diplomatiques, déborda vers le nord-est par l'étranglement étroit de la Sangha ».

Tout ce vaste pays peut se diviser en plusieurs régions distinctes par leur constitution géologique, leur orographie, leur climat, leur flore et leur faune, différenciées au même titre par des conditions spéciales d'habitat et de vie sociale. De la région des palmiers à huile, des bois riches et arbres caoutchifères, il conduit aux mimosas épineux du Soudan, en passant par les couloirs forestiers, les zones à Karité et les (( bush ».

Au point de vue purement physique et descriptif, la division en régions naturelles donne quatre grandes zones distinctes et caractérisées :

1^ La zone montagneuse des bassins côtiers ;

2" Les grandes dépressions êquatoriales du 'plateau africain ;

3° Le Congo transéquatorial ou Haut pays ;

4" Le bassin du Tchad.

Le Congo belge, dont une grande partie appartient à la deuxième zone équatoriale si riche, occupe d'autre part une zone naturelle subéquatoriale, à laquelle se rattache comme une enclave en territoire français au delà du grand fleuve la région Batéké de Brazzaville.

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