‹ L'expansion coloniale au Congo françaisChapitre 23 sur 98 · III. — L<e Congo tra^iiséquatorial ou haut pay · texte numérisé non relu

III. — L<e Congo tra^iiséquatorial ou haut pay

La région transéquatoriale s'étale entre les 4^ et 8^ degrés de latitude nord. Ses limites françaises sont, vers l'est, la ligne de partage des eaux entre le Nil et le Congo, au sud le

cours de l'Oiibangui M'Bomou, à l'ouest une série de lignes géographiques entre le 13^ et le 12'^ degrés de longitude ; frontières définies postérieurement à l'acte général de la Conférence de Berlin par des protocoles et conventions spéciales.

Formée géographiquement de hauts pays, Haut-Oubangui, Haut-Chari^ Haute-Sangha, elle est très nettement caractérisée par les couloirs de riche foret et la végétation mixte des plateaux.

Orographie (1). — Le système montagneux, granitique et schisto-cristallin qui couvre le pays de l'est à l'ouest: archéen et primaire, usé, dont l'ossature profonde est partout révélée par les pics ou « nibias » des pays Zandés, les « kagas » du Haut-Ghari, les massifs de la Haute-Sangha, arête du bassin hydrographique du Congo, donne aussi à ce pays son aspect physique spécial. Les contreforts de cette énorme chaîne des époques primaires limitaient vers le nord la grande mer soudanaise et tchaddienne dont de récents travaux ont démontré l'existence. Aujourd'hui, ce ne sont plus que des contreforts isolés, et dont il est bien difficile de dégager la contexture générale. On peut néanmoins examiner trois groupes : 1° groupe du Dar Banda; '1'^ groupe du Haut-Chari\ '^'^ groupe de la Haute-Sangha.

1^ Groupe du Dar Banda. — Vers le nord, dans le Dar Banda ou pays Zandé qui relève plus directement, au point de vue hydrographique, de la région du Haut Oubangui, le sous-sol granitique crève de tous côtés. Ce sont les monts Glacomé, les monts Gongridans la Haute-Bali et, d'une manière

(1) Voir à ce sujet, lieutenant Lacoin, La région de l'Oubangai, du Chari et du Tchad. 6w//e?m Soc. Géologie de France, 4* série, tome III, p. 484 et sq.

générale, les énormes kagas gneissiques du pays Zandé, plus spécialement désignées sous le nom de « Mbias », les rochers de Mouka, le massif de Béré Béré, les kagas M'Bari et Toutou dans la Haute-Kotto.

2" Groupe du Uaut-Chari. — Entre l'Oubangui par la Kémo et le Gribingui ouHaut-Ghari, la région départage des eaux est peu élevée (633 mètres) mais dans l'ensemble à faciès de plateaux et de mamelons ferrugineux, sculptés par une multitude de petites rivières^ se révèlent également de tous côtés le sous-sol archéen et les roches métamorphiques.

C'est vers la partie méridionale du bassin du Chari que les granités et les gneiss sont plus fréquents. Ils forment les rapides de toutes les rivières secondaires des bassins de l'Oubangui : la Kémo est dominée par le kaga Bayéré et les monts Mandabéré ; les monts Bolo et le kaga Doubbou encadrent le cours de rOmbella; la MToko s'ouvre une route difficile à travers les kagas Damo et Tounga

Vers le nord, aux granités sont superposés parfois des grès blancs métamorphiques verticaux. De toutes parts, surgissent les massifs, les kagas Bré, Goussembri, M'Bra, etc. ; le kaga Bandero au pied duquel est blotti Fort Grampel, les monts Goué et Banda, dans la région du Haut-Kouango.

En allant vers le nord-est, des grès horizontaux surgissent au-dessus des précédents, donnant les kagas du Dar-Kouti et leurs grands couloirs encaissés.

3« Groupe de la Haute- Sangha. — La continuité du système des massifs granitiques se manifeste dans toute la région de la Haute-Sangha. Les steppes couvrent les hauts plateaux que percent les apophyses granitiques qui^ vers le nord et Test, jusqu'au Haut-Ghari, prennent une importance de plus

en plus grande. Le nœud orographique de N'Gaoundéré atteint une altitude moyeune de 1.000 mètres ; et des ramifications secondaires sortent non seulement les affluents de la Haute-Sangha, mais encore les réseaux du Lo^one, et de rOuame-Bahr-Sara, tributaires du bassin du Tchad.

Vers le pays Laka, le massif de Tori et les monts Bé marquent le prolongement des groupes granitiques. Sur la Ouahme, ce sont les Kagas Kataraet Kaouei ; dans la haute Bali, le Kaga Bakala, etc., etc..

Hydrographie. — Entre les contreforts constituant les divers groupes montagneux, que nous venons d'examiner, rOubangui^ le Ghari et la Sangha, qui appartiennent à cette zone par leur bassin supérieur, ont poursuivi depuis des siècles leur travail d'érosion.

Le M'BomouOubangui qui suit la frontière franco-congolaise, est, nous Tavons vu, la grande voie de pénétration vers le Haut-Nil. Des seuils rocheux et de nombreux rapides rendent, sur cette partie de son cours, sa navigation difficile, et c'est dans les biefs mieux utilisables que se sont établies les grandes résidences du Haut-Pays : Sémio, Rafaï et Bangassou que drainent les affluents du Hant-Oubangui déjà étudiés : la M'Bokou, la Moï, la Ouaka, le Chinko, le Bari, etc. La Kémo, rOmbella, la M'Poko se rattachent à cette même zone géographique.

Le Gribingui, qui forme après sa réunion avec le Bamingui le Haut-Chari, relève également, par la partie supérieure de son cours, de cette région transéquatoriale pour devenir ensuite l'artère principale dufbassin du Tchad.

Il sort en effet d'un de ces massifs granitiques, de ces kagas ^=— le kaga M'Bré — qui sont caractéristiques de la zone trans-

236 CONDITIONS DE Lk VIE SOCIALE AU CONGO FRANÇAIS

équatoriale : les argiles rouges encaissent son lit jusqu'au moment où il vient se heurter à une série de rapides entre Finda et l'Irinoc. De tous les massifs voisins convergent les nombreux affluents, la Koddo, le Koukourou ou Bahr el Azreg, le Ba-Mingui ou Bahr el Abiad, le Bangoran, les Vassako, etc., nous aurons d'ailleurs l'occasion d'étudier le Griubingui au paragraphe suivant, où sera examiné spécialement le cours du Chari.

En amont du 4° degré, enfin, à la rencontre des premiers affleurements granulitiques qui donnent les rapides de Bania, la Haute-Sangha et les rivières marécageuses qu'elle draine dans cette région collinaire et très accidentée, Nana, Mambéré, Liboumbi, etc. etc., complètent le réseau hydrographique de cette zone, d'un aspect physique très spécial.

Page 1