‹ L'expansion coloniale au Congo françaisChapitre 24 sur 98 · IV. — Ïjg ba<!i<i»iii du Tchad · texte numérisé non relu

IV. — Ïjg ba<!i<i»iii du Tchad

Le grand plateau central soudanien, qui est incliné de tous côtés vers le nord et la région ombilicale du Tchad et qui vient heurter au sud les premiers affleurements de la grande chaîne transéquatoriale est drainé dans le Congo français par les deux grandes artères hydrographiques du Chari et du Logone.

La frontière allemande en a bec de Canard » limite au 10° nord la partie française du bassin du Logone pour la rejeter sur la rive droite du Chari jusqu'au Tchad.

En réalité la zone que nous désignons sous le nom de « bassin du Tchad » est loin de présenter l'unité qui est carac-

téristique des deux zones précédentes : nous nous trouvons ici beaucoup plutôt en présence d'une succession de zones de transitions que d\ine région présentant une unité géologique ou géographique.

Au sud, des plateaux dont Taltitude moyenne est comprise entre 400 et 800 mètres présentent dans leur végétation et leur faune^ dans leur constitution géologique même tous les aspects de la zone guinéenne, et les rivières du pays de Snoussi ont encore des « galeries forestières » qui conservent toute la splendeur des forêts de la région équatoriale.

Plus au nord, du 7° au 10^ s'étend la zone soudanienne caractérisée par des plateaux ferrugineux arides, de grandes plaines cultivables^ une brousse couverte de quelques espèces ligneuses abondantes. Au bord de la plaine où coulent le Bamingui et le Bangoran, le haut plateau vient mourir souvent brusquement, en formant des falaises abruptes diversement déchiquetées, mais ayant une direction générale, N.-N.-O.

Du 10^ au 13° est la zone sahélienne, formant l'intermédiaire entre les riches plaines du Soudan et les contrées arides du Sahara. Au nord du Bahr Salamat, la grande plaine du Baguirmi, presque partout argileuse, stérile, est d'une pauvreté désespérante, et constitue déjà une zone de transition entre la zone arborescente équatoriale et les régions désertiques dont le Kanem est pour ainsi dire, le vestibule. Le pays des Bouas semble appartenir encore plutôt à la première et (( l'aspect du pays pendant l'hivernage avec ses hautes herbes, ses bois étendus et ses larges inondations d'où surgissent quelques dômes granitiques peu élevés, est bien fait pour confirmer le voyageur dans cette idée » (1). Le Dékakiré, le

(1) Largeau, Rapport sur la situation clés pays et protectorats du Tchad au point de vue économique {Revue coloniale, 1903-1904, nouvelle série, p. 644).

Dagana, dans le lit inférieur du Bahr el Ghazal, depuis Massakori jusqu'au Tchad, le Debaba, entre le Fittri et le Baguirmi, proprement dit dont ils sont la dépendance, présentent déjà un sol plus sablonneux.

Le seuil de Massakori est une transition très nette entre le sol argileux, couvert d'acacias, du Baguirmi et les dunes herbeuses du Kanem, qui n'est déjà plus qu'une dépendance du Sahara. Ici le mouvement du sol est invariable ; « on gravit continuellement des dunes de sable, fixées par de hautes graminées entre lesquelles poussent des plantes fourragères plus délicates dont se nourrissent le bétail et les chevaux » ; ce mamelonnement continu ne cesse que pour laisser apparaître des oasis, d'abord très allongées dans le sud, telles les oasis de N'gouri, puis se resserrant progressivement pour former des cuvettes plus arrondies, à mesure qu'on avance vers le nord, ou, dans l'est de Bir Alali en particulier, les dunes prennent parfois un relief considérable allant jusqu'à 30 mètres ou 40 mètres au-dessus du fond de l'oasis qu'elles dominent.

Orographie. — Dans le grand mouvement d'érosion qui a fait de tout ce pays une vaste pénéplaine inondée, des apophyses granitiques résistantes ont seules résisté, révélant par place le sous-sol archéen.

Ces massifs rocheux^ émergeant brusquement du plateau, se sont groupés vers le Dékariré, formant les monts Koué, les monts Dar, les monts deMelfi, de Gogmi, deMerguia, etc. Plus à l'est, ils se révèlent davantage encore et mieux reliés entre eux, par les monts de Sokoro, les monts Guère, le pays de Boullong, témoins de l'ancienne chaîne secondaire qui se prolonge pour former l'ossature actuelle du Ouadaï.

Vers le sud et vers l'ouest, autant de buttes archéennessont constituées par les dunes ferrugineuses du plateau Sara, les monts de Léré, les monts Doué, et surtout par les collines de Niellim, « le seul accident de terrain notable qui avoisine le Ghari, en aval du confluent du Bar-Sara ». Dans l'ensemble de ce massif, il y a deux parties bien distinctes : « 1^ à l'ouest, la hauteur de Togbao est faite d'un granit à mica noir à petits éléments auquel l'abondance du feldspath donne une teinte très claire; 2» plus près du fleuve, les collines de Niellim sont faites depegmatite. Elles se montrent toutes roses en raison de l'abondance et de la grosseur des cristaux de feldspath. C'est dans cette deuxième partie que se découpent les profils grandioses aperçus du fleuve : ici un mur, large de quelques mètres et haut de 50 mètres qu'une profonde entaille sépare de la muraille voisine ; là une tour penchée, dont la stabilité semble douteuse ; là-bas un cube de 15 à 20 mètres de côté, perché sur deux ou trois cubes plus petits » (1).

Près du Tchad même, mis à nu par l'érosion, l'Hadjer-el- Hamis perce le plateau de ses cinq dômes lavés de syénite, dominant les plaines alluvionnaires de la côte, les rives basses du Bahr-el-Gazal.

Comme l'indique M. le capitaine Trufî'ert (2) , « l'Hadjer-el- Hamis est formé :

(( V D'une assise de 300 mètres de longueur orientée sudouest-nord-est et portant quatre aiguilles d'une hauteur moyenne de 40 à 50 mètres.

(4) Lacroix, op. cit. Voir Foureau, De l'Algérie au Congo par le Tchad, p. 739.

(2) Truffert, Région du Tchad. Le Bahr-el-Gazal et l'archipel Kouri. Revue de Géographie^ juin et juillet, 1903.

« 2^ D'un gros cône situé à 300 mètres au nord-nord-ouest de la première assise et d'une hauteur de 80 à 90 mètres environ. La base de ce cône peut avoir 200 mètres de diamètre dans sa plus grande largeur et 100 mètres dans sa plus petite.

(( Les aiguilles sont formées de prismes plus ou moins réguliers, pentagonaux ou hexagonaux d'environ 60 à 70 centimètres de diamètre et ayant en terre un plongement de 80 à 85° orienté sud-sud-ouest — nord-nord-est.

« Ces prismes se superposant les uns sur les autres forment des figures assez variées et donnent au rocher un aspect des plus pittoresques. Un des plus curieux est le portique de Taiguille nord-est dont l'arche a une hauteur de 10 mètres et une largeur de 5 mètres. Cette arche tournée vers le Tchad forme l'entrée d'une sorte de cour intérieure utilisée par les nomades. Un mur en pierres sèches, fait de main d'homme^ barre l'entrée de ce retranchement.

« D'autres anfractuosités, en forme de cintres ou d'ogives, donnant l'aspect de soupiraux ou de fenêtres, se remarquent dans les autres aiguilles.

« La teinte extérieure du rocher est rosée avec quelques coulées bleues. Plusieurs des aiguilles à pentes abruptes sont inaccessibles, mais l'ascension du gros cône isolé est possible et on y jouit d'une vue étendue sur le Tchad.

« Les roches sont cristallisées en forme de prismes et semblent à première vue d'origine basaltique. Un examen plus approfondi permet de reconnaître aux cassures une pâte verdâtre parsemée de grains noirs auxquels adhèrent quelques lamelles transparentes (probablement du mica). La roche d'origine ignée est très sonore et pourrait bien être du por-

phyre. L'analyse des échantillons rapportés en France nous renseignera seule définitivement » .

Le bassin du Chari. — Le grand plateau central soudanien est drainé par deux grandes artères hydrographiques : le Chari et le Logone.

Le Gribingui, qui forme après sa réunion avec le Bamingui le Haut- Chari, sort, nous l'avons indiqué, du kaga M'Bré (1) et se heurte entre Finda et l'Irinoc à une série de rapides ; demeurant tout à fait innavigable en amont de Fort- Crampel. En ce point, il reçoit la Nana, qui vient du sud, et, six kilomètres en aval, la Koddo, qui vient de Test. Cette dernière rivière prend sa source au sud du kaga Goussembi, le contourne ainsi que le kaga Bacamba et coule ensuite plein ouest. C'est le plus important affluent du Gribingui.

Après ravoir reçue, le Gribingui s'élargit, tout en augmentant de profondeur; les baleinières et les vapeurs peuvent y naviguer, les uns toute l'année, les autres d'août au 15 décembre. Aux basses eaux, le Gribingui a 25 mètres de large à Fort-Crampel, une trentaine en aval du confluent de la Koddo et de quarante à soixante après le confluent de la Bassa.

Le lit du Gribingui est encombré d^arbres morts. Un certain nombre ont été abattus par les indigènes pour barrer en partie la rivière et permettre de placer leurs nasses de pêche.

Au-dessous de la Koddo, le Gribingui ne reçoit sur sa rive droite que la Mihi, qui n'est qu'un petit ruisseau, et, à gauche, la Bassa et la Yassako (ou Fissa, ou Bessa ou Banga-

(1) Julien, La Géographie, 1901, 2*= semestre, p. 130.

lélé), qui Tune et l'autre sont d'importance fort médiocre, et constituent un « mince filet d'eau courante » (1).

Le Bamingui est formé lui-même de la jonction du Bahrel-Abiad, qui figurait déjà sur les cartes de Nachtigal, et du Koukourou ou Bahr-el-Azreg. Entre le Bamingui et le Bangoran, autre branche du Chari, on rencontre^ semblant émerger de la plaine, une succession de rochers dont les flancs sont percés par de nombreuses ouvertures, obstruées en partie à Taide de blocs qui ne laissent qu^un passage très étroit : les indigènes, qui s'y réfugient, le bouchent la nuit ou aux jours d'alerte, au moyen d'une grosse dalle. On raconte à ce propos qu'un jour Ali-Djaba, premier chef des troupes du sultan Snoussi, étant parti en guerre contre ces troglodytes, passa trois mois à assiéger cent cinquante indigènes, et ceux-ci préférèrent s'asphyxier eux-mêmes en allumant du feu dans leurs grottes que de se rendre à l'ennemi.

Formé par la réunion du Gribingiii et du Bamingui, à la sortie des régions montagneuses^ le Chari abandonne dès les Kabdas Bodos son allure torrentielle. Il s'enfonce dans le plateau Sara pour y recevoir, embrassé par les vastes deltas apposés, deux importantes rivières, le Bahr-Sara d'une largeur de 300 mètres au confluent principal; l'Aouaouk, ou Bakaré, rivière fatiguée par un long parcours sur les plateaux de l'est, étalant ses cuvettes, ses méandres à hippopotames parmi les alluvions.

Les principales rivières, qui arrosent le pays de Snoussi, appartiennent toutes aux affluents du Chari ; ce sont, outre le Bamingui et le Bangoran, le Tété, la Mousoubourta, leBoun-

(1) Foureau, op. cit., p. 755.

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goul OU Aouk, la Mindjia et le Koumara, rivières qu'aucun Européen n'avait visitées avant la mission Chevalier^ à l'exception des sources de la Mindjia, découvertes par Potagos en 1878 après Hofrat-en-Nahas, à la frontière du Darfour. Ces rivières coulent dans une immense plaine marécageuse inondée à la saison des pluies, longue de plus de 150 kilomètres, et connue sous le nom de Mamoun ; ce marais était regardé comme très mystérieux par les caravaniers d'esclaves qui y pénètrent très rarement et qui avaient raconté qu'il formait, dans cette région, un lac immense comparable au lac Tchad. Le nom de Mamoun est spécialement donné à une mare de 4 kilomètres de long sur 40 à 80 mètres de large, habitée par des hippopotames et située au centre d'une contrée qui doit être en grande partie recouverte par les eaux à la fin de la saison des pluies. Cette région est l'analogue des contrées marécageuses plus occidentales comprises entre le Chari-Moyen et le Mayo-Kebbi, affluent de la Bénoué : marais et canaux Bahr-el Azreg, Ba-Bo, Ba-Illi et tous les diverticules du Logone, y compris ceux du Toubouri.

Après Fort-Archambault, le cours du Chari s'élargit, puis se resserre dans les collines de Niellim pour recevoir le Bahr-Salamat, dont le cours se développe au loiu vers le Darfour. « Le Bahr-Salamat ne contient même plus d'eau dans son lit une grande partie de Tannée ; c'est pourtant la seule rivière originaire du Ouadaï qui amène encore chaque année un peu d'eau au Chari. Ce n'est qu'un « ouadi », constitué par un vaste lit fluvial, ayant à hauteur du lac Iro 200 mètres de large et des berges de 5 mètres taillées dans l'argile. L'eau y coule 4 ou 5 mois seulement, et, pendant

quelques semaines à peine, les grandes pirogues peuvent y circuler. Cette rivière coule dans une immense plaine nue, au sol argileux, imperméable, rempli de crevasses et de dépressions ; à la saison pluvieuse, Teau s'accumule et transforme en marais et étangs toute la contrée. Le plus vaste réservoir de ce genre est le lac Iro, situé à 7 kilomètres au nord du Bahr-Salamat. Ce lac, que Nachtigal avait vainement cherché à approcher, est d'accès très difficile à la saison des pluies, par suite de l'existence de vastes marais remplis de vase et de plantes aquatiques » (1).

x\près son passage au pied des montagnes granitiques de Niellim, le cours du grand fleuve s'étale de plus en plus. Au 10^ vers Doumraou, commence la véritable végétation ^es steppes herbeux, des mimosas épineux, des acacias, succédant à celle plus dure des taillis et des karétés. Le Moyen-Chari forme bien la zone de transition entre la végétation tropicale et celle des zones soudanaises.

Après le coude de Bousso, commence le Bas-Ghari qui comprend sa direction primitive , élargit son cours majestueux, au milieu des bancs de sable. Depuis Goulfeï, « le sol visible des flancs de berge prouve que le Chari se creuse un lit dans des couches horizontales, tantôt argileuses, tantôt sableuses que lui-même a dû déposer jadis au temps où ce pays était une sorte de lac et où le sol était précisément constitué par les dépôts des eaux » (2). Bientôt le fleuve pousse les eaux du Logone et ses alluvions dans son delta de sables et de vases jusqu'au lac Tchad par 12"ô3'.

(1) Chevalier, rapport cité, p. 16,

(2) Foureau, op. cit., p. 734.

Le problème du Bahr-Sara. — De tous les affluents du Chari, le plus important est assurément le Bahr-Sara, dont u le développement peut rivaliser avec celui du Bamingui et doit même vraisemblablement l'emporter sur lui » (1). On a longuement discuté au sujet du Bahr-Sara et le « problème de la Ouame ou Wom « a fait l'objet d'interminables polémiques, auxquelles ont été mêlés successivement Maistre, MM. Glozel, Bernard, le docteur Huot, Loëfler, Bernard, Perdrizet, et plus récemment M. Bruel qui parait avoir résumé le dernier état de la question, Les uns identifiaient le Bahr- Sara avec le Chari lui-même (2). Les autres faisaient de la rivière Ouome un affluent du Logone (8) ; d'autres en faisaient un tributaire de l'Oubangui et l'identifiaient avec la rivière Ombella (4) ; une autre hypothèse de Wauters consistait à considérer le « Wom comme le cours supérieur du MToko ». Cependant, dès 1901, à la suite des explorations qui furent faites dans cette région par MM. Bernard et Perdrizet, on commença « à voir dans le Bahr-Sara, la Oua et la Ouame le même cours d'eau sous trois dénominations différentes » (.^).

Telle était Topinion qui était reprise par le D'" Huot (6), et par M. Bruel (7). Ce dernier, au cours d'une très intéressante communication, explique que, pour les Baguirmiens, le Bahr-

(1) Loëfler, Bulletin du Comité de V Afrique française, 1902. Renseignements commerciaux, n" 6.

(2) Maistre, Bulletin du Comité de l'Afrique française, p. 287.

(3) Glozel, Tour du monde, 1895, nos i, 2 et 3.

(4) Wauters, Mouvement géographique de Bruxelles, 1898, no 17.

(5) Bulletin du Comité de U Afrique française, 1901, p. 44 et sq.

(6) Le docteur Huot, La Géographie, 1901, l»' semestre 1897 et sq.

(7) Bulletin Afrique française, 1902, p. 404 et sq.

Sara se confond avec le Chari, mais qu'en réalité on se trouve bien en présence de deux réseaux fluviaux différents. A une époque plus ou moins lointaine, la chaîne de Niellim formait un barrage, et en amont devait se trouver un vaste lac dans lequel se jettaient le Gribingui, le Bamingui, le Bangoran, le Bakaré, le Bahr-Sara. Ce lac a dû se vider par plusieurs branches, l'une passant à Togbao, les autres arrosant une zone plus méridionale, et dont les dernières traces sont le Ba-Illi et les dépressions analogues.

Quand le lac a disparu, les deux grands cours d'eau qui se faisaient vis-à-vis, le Bahr-Sara et TAouk, se jetaient normalement à Taxe du lac, constitué par une ligne allant de Togbao au confluent du Bamingui et du Gribingui, c'est-à-dire se confondant avec la direction générale du Chari, du Tchad à Niellim. Peu à peu, en charriant les alluvions, ils ont colmaté le fond du lac. Le Chari, débitant plus d'eau que chacune des deux rivières prises séparément, rejeta les bouches du Bahr-Sara à l'ouest, et celles du Bakaré vers le nord-est, les forçant à utiliser un certain nombre de leurs anciens lits. Le Bahr-Sara doit donc être considéré comme un affluent du Chari, et la Ouà, la Ouâme et le Bahr-Sara représentent le même cours d'eau sous trois dénominations différentes. Peutêtre même — et c'est l'opinion récemment émise par M. Foureau (1) — « le Bahr-Sara est-il la branche maîtresse du Chari », et cet explorateur ne «serait pas éloigné de croire qu'en un point quelconque de son cours, le Bahr-Sara détache une ou plusieurs branches vers la rivière Logone ».

(I) Foureau, Documents sur la mission saharienne, etc., Paris, 1906, in-40, t. II, p. 304.

LE PAYS ET LES GRANDES RÉGIONS NATURELLES 2ol

La plaine du Bagiiirmi. — Au nord du Bahr-Salamat, s'étend la grande plaine du Baguirmi qui se rattache hydrographiquement au bassin du Ghari. Le Baguirmi est très mal irrigué ; on n'y rencontre, en dehors des bras du Ghari, que des tranchées nommées « minias >^ qui se remplissent d'eau à la saison des pluies, mais dont la plupart complètement asséchées pendant une partie de l'année. G'est la région du Bata- Laïri, qui, s'amorçant sur le Bahr-Salamat et le Bahr-el- Abiad, portait autrefois le trop-plein de ces rivières jusqu'au Bahr-el-Ghazal et au bas Ghari près du Tchad ; c'est aussi la région du Bahr-Erguig ou Ba-M'bassa, ancien lit du Ghari en partie ensablé. L'eau s'y répand aussi dans une série de mares {rahat) et de marais {bouta) avoisinant le côté ouest du lac Fittri, tels le rahat Andoma, le rabat Bougdy ; elle n'atteint plus le lac Baro, asséché depuis trois siècles environ. Ge pays a été recouvert autrefois d'un réseau serré de canaux qui mettaient en rapport les uns avec les autres tous les bras orientaux du Ghari, le Bahr-Erguig, le Bata-Laïri, ainsi que la rivière orientale du Baguirmi nommée Bahr-Bourda et le Bâta du Ouadaï, grand fleuve réduit aujourd'hui au rôle de ouadi^ presque toujours asséché, et qui devaient donner à cette contrée l'aspect des Pays-Bas.

Le Bahr-el-Ghazal. — Ge vaste estuaire se prolongeait par la plaine du Bahr-el-Ghazal jusqu'au cœur du Sahara. Il est même probable qu'à Tépoque préhistorique, ce grand fleuve, après avoir contourné à l'est le Borkou et traversé le désert, s'en allait tomber comme le Nil à la Méditerranée. Il existe dans tout le nord du Ouadaï et dans toutes les régions avoisinantes de très nombreux gisements de pierres taillées, et, d'un autre côté, à l'est du Nil, Schweinfurth vient de décou-

vrir de très riches foyers des mêmes objets « dépassant en beauté et en abondance tout ce qui a été trouvé jusqu'alors en Europe », indiquant que, sur les bords du Nil, comme sur les bords de ce fleuve disparu, florissait une civilisation à l'époque néolithique.

Il est donc permis de supposer que le grand courant fluvial de Bahr-el-Gha/al et la grande vallée terrestre qui le prolonge pendant plus de 500 kilomètres vers le nord-est n'est autre chose que la branche orientale du fleuve aujourd'hui desséchée. « L'histoire du dessèchement du Bahr-el-Ghazal n'est autre, d'après le capitaine Dubois, que celle du déplacement vers l'ouest d^un réseau de canaux, dont l'existence et la formation résultent des formes plissées du terrain ». Mal défini près de son entrée dans le Tchad, par suite des apports alluvionnaires et du manteau de verdure, elle commence à devenir plus nette, à partir de Tégaga, et à se dégager complètement à partir de Tégaougou. Au nord de Massakori, la vallée s'élargit jusqu'à 1 ou 2 kilomètres ; les flancs s'élèvent jusqu'à 10 mètres de hauteur. Cet immense oued se prolonge jusqu'à 500 kilomètres environ vers le nord jusqu'à Toundjour, puis tourne à l'ouest pour finir en s'étalant dans les larges plaines du Bodelé, entre l'Egueï et le Borkou.

« Que l'eau du lac, écrit M. Foureau, pénètre en certaines années plus ou moins loin dans le Bahr-el-Ghazal, au moment des très hautes crues, c'est là un fait incontestable aussi bien signalé par Nachtigal que par les autochtones^, que par des officiers français du territoire du Tchad, mais cela ne suffit pas et ne prouve pas que ce thalweg est un effluent » (l).

(1) Foureau, op. cit., t. II, p. 287.

Régime du Chari. — Le Ghari est sujet à des crues régulières qui atteignent leur maximum en septembre ou en octobre, le niveau le plus bas se rencontre en octobre d'après Barth ; l'écart de l'étiage dépasserait douze mètres à la hauteur de Karnak-Logone (1). Nachtigal estime à 60 kilomètres cubes l'apport liquide annuel du fleuve dans le lac Tchad, tandis que la contribution des pluies et des autres affluents secondaires n'est que de 40 kilomètres cubes. Par la direction finale de son cours, le Chari déverse le plus gros appoint de ses eaux dans la partie sud-ouest du lac^ désignée sous le nom de poche bornouane (2).

Le bassin du Logone. — Le Logone complète le réseau hydrographique de cette région. Le système français du Logone dont Laï est le centre draine les pays Lakas et Saras, zone de transition semblable à celle du Moyen-Ghari entre les végétations tropicales et celles du Soudan. Le bassin du Logone est constitué par un vaste plateau d'inondation incliné, coupé de rivières, de marais et de canaux de communication semblables à ceux du Ba-Illi ou aux dépressions du Toubouri qui permettent les années de crue exceptionnelles, l'écoulement des eaux du Logone vers le bassin du Niger par le Mayo- Kebbi et la Bénoué et qui contribuent tout au moins à assurer des relations entre le bassin du Niger et la région du Haut- Ghari.

La branche mère du Logone a été reconnue près de ses sources par Flegel et Mizon, ce dernier la désigne sous le

(1) Barth, op. cit., III, p. 284-289. Voir aussi Schirmer, Annales de Géographie, art. cit.

(2) Lieutenant-colonel Destenave, Revue générale des sciences pures et appliquées, 1903, p. 655.

nom de Bini, il l'a traversée peu avant d'atteindre Ngaoundéré, à 1.000 mètres d'altitude (1). La branche orientale, qui a été remontée en baleinière jusqu'à Doba par le lieutenant Faure, s'appelle Bandoulé ou Mbaï. Elle est moins importante que la branche occidentale et, dans son cours inférieur, elle mesure 100 mètres de largeur entre berges.

Deux hypothèses se présentent : ou bien ce bras va remplir une dépression, qui se transforme en lac temporaire et plus tard se déverse dans le Logone ; ou bien c'est un bras temporaire qui va rejoindre le Bahr-Sara.

Cette seconde hypothèse paraît être la plus vraisemblable. Les indigènes affirment qu'en saison des pluies, il est possible d'aller en pirogue du LogoUe au Bahr-Sara, et « si l'on rapproche de ces renseignements les connaissances que nous avons des phénomènes que présente le Toubouri, on peut admettre qu'il s'établit une communication au moins les années de grande crue, entre le Logone oriental et le Bahr- Sara » par les dépressions du Som et du Nion, qui se réunissent un peu avant Bikoumlo, et par le bras-mort du Babo^ exploré par le capitaiue Loëfler. Le Babo se partagerait à Koko en deux bras, Tun allant déboucher près de Balmane dans le Bahr-Sara, alors que l'autre formerait le Ba-Palem ou Ba-Illi. Un peu en amont du 10^ degré de latitude, le Ba-Illi forme lui-même deux bras : l'un va déboucher dans le Ghari près de Maflaling ; Tautre coule entre Ghari et Logone et se subdivise à son tour en deux branches, dont une rejoint le

(1) Voir le très intéressant article de M. G. Bruel, sur le « Cercle du Moyen Logone » (Bulletin Afriq. française, i^O^. Renseignements coloniaux, No 10, p. 357).

Chari à Tarngara près Mandjafïa, tandis que l'autre se jette dans le Logone près de Koubou.

Après Bécong, le Logone est appelé Kama par les Massas de Laï, Kouraï par les Somraï, Sorbopar les Massas qui habitent en aval de Laï : c'est alors un fort beau fleuve large de 450 mètres ; aux hautes eaux, il sort de son lit et inonde les plaines basses qui le bordent ; aussitôt après avoir fini de croître, il redescend très brusquement.

Sur la rive gauche, il reçoit à Ere la rivière que Maistre appelle Ba-tenna et qui ne serait^ d'après M. Antony, connue des Massas que sous le nom de Tandjilé.

Entre Safousso et Amarao se détache, aux hautes eaux, les années où la crue est assez forte, la branche qui se déverse dans le Toubouri.

La communication Logone-Toubouri, que nous aurons Toccasion d'étudier au cours d'un chapitre ultérieur, est intermittente et n'a lieu que les années où la crue du Logone est au moins moyenne. En 1903, elle a été utilisée, non sans peine, par le commandant Lenfant qui a pu y drainer son chaland, il est regrettable qu'il n'ait pu arriver une quinzaine de jours plus tôt, car son passage aurait été beaucoup plus facile, cette branche ayant été remplie par les eaux du Logone.

En 1904, le capitaine d'Adhémar et l'enseigne de vaisseau Audoin, qui ont exploré à fond cette région du 3 août au 23 septembre, ont constaté une solution de continuité longue de 8 à 9 kilomètres, et conclu que, pour que des embarcations de 60 centimètres de tirant d'eau puissent aller du Logone au Toubouri ou inversement, il faudrait au moins une crue du Logone supérieure de 1 mètre à celle observée en 1904, ce qui ne se produirait, dans les années les plus favorables que

durant un mois environ. Le Toubouri est, en saison sèche, une suite de petits lacs réunis entre eux par un étroit chenal ; aux hautes eaux, au contraire, c'est une vaste nappe d'eau encombrée d'herbes presque partout.

Les Fellatas appellent Mayo-Kebbi ou Mayo-Kabi toute la portion du lac Toubouri qui est à l'ouest des monts Daoua. A quelques kilomètres de Binder-Naïri, le Mayo-Kebbi tombe brusquement du plateau sur lequel se trouve le Toubouri dans la plaine de la Bénoué, par une série de rapides, de sauts et une chute grandiose, haute de 50 à 60 mètres, que le capitaine Faure a appelée « chute Gauthiot » et que le commandant Lenfant a reconnue en détaiL

Après la dépression du Toubouri, le Logone détache sur sa gauche un bras large de 50 à 60 mètres, que les indigènes appellent leMayo-Yei. Le Logone arrose Karnak-Logone, et, après avoir passé à Kousseri, se jette 1.500 mètres plus loin dans le Chari, auquel il apporte une contribution assez variable suivant les saisons.

Comment s'estfaite la communication Mayo-Kebbi-Logone ? Est-ce, comme le croit, le capitaine Faure, le Logone qui s'est heurté aux monts Daoua, les a arrosés en partie et a finalement brisé l'obstacle qui le séparait de la Bénoué ? N'est-ce pas plutôt le Logone qui a été capté par le Mayo-Kebbi et les torrents qui le rejoignent ? Les deux phénomènes ne se seraientils pas succédés, n'auraient-ils pas coexisté et la communication ne serait-elle pas la résultante de ces deux actions ? C'est l'hypothèse qui parait la plus vraisemblable à M. Bruel.

L'importance hydrographique du Logone est considérable ; aussi bien, si les communications Mayo-Kebbi, Logone et Logone-Babo ne sont pas naturellement utilisables, on pourra

les aménager artificiellement et sans de très grosses dépenses.

Le lac Tchad. — Le Tchad proprement dit ou Tzadé, étale sa vaste nappe d'eau de 16.000 kilomètres carrés, soit à peu près l'étendue de la Sicile, entre les ondulations sablonneuses du Kanem et les dunes à mimosa du Bornou. Ces ondulations sablonneuses nord-ouest-sud-est du Kanem (orientation résultant de la poussée des vents désertiques dominants) se prolongent dans et sous le Tchad pour former les iles hautes, habitées par les Kouris et les Boudoumas, les lies à pâturages^ les iles récentes, sommets de milliers de dunes émergeant avec leur orientation uniforme. Sous les « eaux libres » subsiste le même fond ondulatoire. Le lac Tchad n'est plus à proprement parler un lac : c'est un plexus du bras du Chari qui allait, par le Bahr-el-Ghazal, serpentant autrefois dans le désert Lybique, passant probablement au sud-ouest du massif du Tibesti et qui, finalement, allait se perdre dans le golfe de la Grande-Syrte (1).

C'est ce qui reste du grand lac central africain, qui couvrait autrefois l'énorme superficie du Bornou jusqu'au Moyen Logone, du Bas-Chari, du Bahr-el-Ghazal aujourd'hui desséché, du Baguirmi jusqu'au Fittri et peut-être même s'est déversé autrefois vers le Niger par la Bénoué et les cataractes de Léré.

Malgré les crues annuelles de ses tributaires, le Tchad con-

(1) Chevalier, rapport cité, p. 18.

tinue son histoire et s'assèche progressivement avec un mouvement de recul nettement marqué vers le sud -ouest sous des influences climatériques et météorologiques qui aident la conquête des sables du désert sur cette bande de l'Afrique centrale et par l'aggravation persistante de la sécheresse qui fait diminuer les apports des anciens tributaires de l'est. C^est aussi bien Thistoire de tous les grands bassins fermés, et une pareille révolution ne se constate-t-elle pas dans les hauts lacs des plateaux asiatiques ? Les constatations faites par la mission Chevalier ne laissent pas de doute « surFasséchement progressif du lac dont le niveau avait baissé de 1 m. 50 à 1 m. 80 en un an, mais qui a dû recevoir, après la crue, un apport qui a élevé de nouveau son niveau ».

Toute cette contrée est en train de s'assécher, et l'assèchement du lac Tchad lui-même n'est plus qu'une affaire de siècles : « les alluvions contribueront, avec les matières organiques qui se déposent chaque jour, à combler un lac déjà peu navigable » (1). Le retrait des eaux n'est d'ailleurs pas régulièrement progressif: à la suite de plusieurs années consécutives de pluies abondantes, le Tchad est sorti à plusieurs reprises de son lit habituel inondant de grands espaces et mettant ensuite plusieurs années à se retirer.

C'est ce que signale M. Bruel au cours d'une communication sur la Météorologie de la région du Chari (2).

(( Au Tchad même nous venons de constater en 1904 une petite crue. Le capitaine Hardelet a vu au commencement de la saison des pluies de 1904 le Tchad monter de 1 m. 20 à

(1) Audoin, Noie hydrographique sur le lac Tchad (Géographie, 1903, 2' semestre, p. 304).

(2) Voir Bulletin de la société de météorologie (novembre 1905).

Bol en un mois. De son côté le second maître Lecarpentier, patron du Blot, nous a signalé une crue de 2 mètres dans Tarchipel Boudouma, lors du voyage qu'il fît de Fort-Lamy au Kanem, fm 1904.

Cette crue est d'autant moins explicable, à priori, que nous savons qu'en 1904 la sécheresse a été grande au Kanem et que les crues du Logone et du Chari ont été inféi'ieures à celles de 1903 (bien que celle du Gribingui ait été plus forte de 80 centimètres).

D'où peut donc provenir Feau qui a provoqué cette crue du Tchad? Peut-être du bassin de la Komadougou ou du Bornou méridional.

Nous en sommes réduit à faire ces hypothèses, puisque nous ne possédons aucun renseignement météorologique sur ces vastes régions.

Le problème est en tout cas passionnant et mérite d'être étudié scientifiquement. Mais quand pourra-t-on faire cette étude ?

Il faudrait, en efîet, observer les pluies et les crues des divers affluents du Tchad pendant un très grand nombre d'années (50 à 60 ans au moins) et cela dans uûé vingtaine de stations réparties uniformément dans Fimmense étendue, qui aie Tchad comme cuvette d'écoulement.

En attendant ne semble-t-ilpas logique d'admettre qu'après une période d'années de sécheresse il doit y en avoir une autre très pluvieuse. Quel est le rapport de Fune et de l'autre ? Voilà ce qui serait intéressant à connaître.

Somme toute, est-il téméraire d'admettre que le niveau du lac est très variable et qu'il subit toute une série d'oscillations plus ou moins régulières, qui sont fonction de la fréquence

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des pluies, de leur abondance totale et partielle, de leur répartition sur ces vastes espaces, de l'évaporation plus ou moins intense suivant l'état de nébulosité de l'atmosphère, etc. et que nous venons de constater durant ces dernières années un abaissement temporaire, qui va être suivi d'une crue plus ou moins importante.

Il est peut-être bon en terminant de rappeler l'opinion que vient de donner tout récemment M. Gautier après sa traversée du Sahara. D'après lui ce ne serait pas, au moins dans la partie occidentale, le Sahara qui gagnerait sur le Soudan comme on avait tendance à l'admettre jusqu'ici, mais bien l'inverse.

Si cette opinion se confirme, nous n'avons pas lieu de désespérer de l'avenir des régions septentrionales du Soudan, surtout lorsqu'on y aura fait divers aménagements pour utiliser toute l'eau qui y tombe au lieu de la laisser se perdre inutilement comme cela se produit depuis des siècles.

Evidemment, jamais ces régions mi-sahariennes, mi-soudanaises ne seront très riches, mais on peut espérer les utiliser comme trait d'union au lieu de trouver en elles un obstacle à l'unité de l'Afrique française ».

Le lac Tchad affecte sensiblement la forme d'un triangle rectangle ; il est formé de trois parties, pour ainsi dire distinctes : dans toute la partie méridionale deux grandes poches, situées à l'est et à l'ouest de l'embouchure du Chari ; la troisième partie, au nord du lac, de dimensions beaucoup moindres que les deux autres, se termine par un cul~de-sac arrondi (1).

d) Lieutenant-colonel Destenave, art. cité, p. 654 et sq.

L'eau du Tchad présente des aspects différents suivant le fond et suivant la saison, passant de la teinte jaunâtre, caractéristique de la poche sud-ouest du Bornouan, à la couleur noirâtre que l'on rencontre dans le Bahr-el-Gazal et dans la partie nord. L'eau est douce, elle ne prend une légère saveur saline qu'aux mois de mai et de juin. Il a semblé qu'il se produisait journellement un phénomène assez semblable à celui de la marée : en réalité, il paraît logique de considérer « les variations diurnes des eaux comme le résultat de l'établissement de l'équilibre moyen entre l'apport du Chari, et des affluents du lac, et la perte du Tchad par évaporation » (1). C'est le mois de décembre qui marque l'époque des plus hautes eaux du Tchad. Malgré l'apport considérable des affluents du lac, la crue ne dépasse guère une hauteur de 1 mètre à 1 m. 20.

Le lac Tchad représente, en quelque sorte, la région ombilicale, le bas fond vers lequel s'inclinent de toutes parts le grand plateau central soudanien, constituant la quatrième et dernière zone naturelle du Congo français et conduisant insensiblement des riches plaines du Soudan aux contrées arides du Kanem, qui est nettement le Sahara.

En résumé, au point de vue physique, sans transition, la grande colonie actuelle du Congo français conduit de l'Océan au lac Tchad, du ^^ de latitude sud au delà de 15» nord, et de la forêt équatoriale au désart par une série de régions inter-

(1) Ed.Huart, enseigne de vaisseau, Relation inédite.

médiaires riches et arrosées par d'énormes bassins secondaires comme la Sangha, FOubangui, le Logone et le Ghari.

Elle n'est plus le petit et étroit Gabon, ou même le grand bassin fermé de l'Ogôoué, mais l'énorme ensemble des quatre grandes régions naturelles qui, faisant vivre les races les plus différentes, les végétations les plus variées, apportent chacune leur contingent de vie propre et leurs ressources spéciales.

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