Deuxième partie. — Fourrages
226 Chevaux et mulets donnant pour Tannée
rations à 0 fr. 60 41.245 »
Ce chapitre pourrait, comme l'ont remarqué à plusieurs reprises les rapporteurs du budget (1)., être quelque peu réduit (( si le service colonial n'était pas obligé de payer un prix excessif les denrées indigènes : viande, mil, manioc, etc., que le service local a réunies comme impôts en nature et qu'il
(1) Voir le rapport de M. Le Hérissé déjà cité, exercice 1904, p. 232.
cède aux troupes. Ainsi la viande fraîche est payée par arrêté du commissaire général 1 fr. 25 le kilogramme alors qu'un bœuf vivant vaut de 9 à 15 francs. Un bœuf donnant au minimum 100 kilogrammes de viande, le service local en tire 125 francs au lieu de 15 francs, valeur réelle ».
Le budget colonial devient ainsi le principal client du service local ; mais le service colonial subissant, comme l'indiquait très justement M. Le Hérissé, des conditions très onéreuses et complètement arbitraires, Tadministration s'est préoccupée de remédier à cet état de choses et de procéder à un travail de revision dans la colonie qui permettrait l'établissement sur des bases non fictives des prix de cession des denrées emmagasinées par le service local.
V habillement , le grand équipement, le campement et le couchage, qui figurent au chapitre des dépenses militaires pour une somme de 257.684 francs, sont acquis sur les fonds du budget colonial et délivrés en nature aux troupes européennes par les soins du commissariat ;
3° Les^ transports. — Les transports de personnel et de matériel occasionnent une dépense annuelle de 614.500 fr. Le transit est d'environ 400 tonnes en vives, munitions et habillements pour lesquelles nous payons 300 francs par tonne en moyenne au chemin de fer de l'Etat indépendant du Congo de Matadi à Léopold ville, soit. . . 120.000 »
De Brazzaville à Bangui, le transport en bateau coûte 300 francs la tonne, soit encore. " 120.000 »
Mais de Bangui à Fort-Crampel, où les embarcations du service local prennent les colis à destination du Tchad, la colonie fait payer au service colonial 540 francs par tonne, soit . 216.000 »
au t(»tal .... 456.000 li
pour 400 tonnes de marchandises, c'est-à-dire que la tonne transportée de Matadi au Tchad revient à 1.140 francs. Si Ton y ajoute le prix du fret de Bordeaux à Matadi et les frais de transport et de manutention en France, on arrive au prix formidable de 1.200 francs la tonne » (1).
L'administration locale s'est justement émue de cet état de choses. La seule économie qu'on pourrait réaliser serait d'obliger le service local à transporter le matériel entre Bangui et Fort-Grampel au prix maximum de 350 francs la tonne ou bien d'autoriser le service colonial à exécuter luimême ses transports. Les nouveaux tarifs, établis conformément aux instructions ministérielles, ont causé au budget local du Tchad une perte sèche de 15.000 francs par an, aussi Fadministration, désireuse de ne plus intervenir financièrement dans la question des transports militaires a-t-elle conclu avec la Société des Messageries fluviales un projet de contrat, dont l'adoption entraînerait sur le chiffre actuel de 280 francs par tonne une nouvelle réduction de 30 francs par tonne.
La société VOu/iamé Nana a soumis, d'autre part, à l'administration locale, un projet de contrat en vue d'établir des magasins de vente à Fort-Sibut et à Fort-Grampel et de vendre à des prix sensiblement les mêmes que ceux auxquels ils reviennent actuellement les marchandises de traites destinées à payer porteurs et pagayeurs. Cette combinaison, en allégeant dans une très notable mesure le travail de comptabilité des agents de l'administration locale, offrirait au service colonial l'avantage de ne payer les porteurs qu'au prix de revient, sans qu'aucune majoration ne vienne les augmenter.
(1) Le Hérissé, rapport cité, p. 233.
La station locale du Gabon. — La garde régionale
Nous compléterons ces indications sur l'organisation militaire du Congo par quelques renseignements sur la station locale du Gabon et la flottille du Congo et la garde régionale.
La station locale du Gabon a perdu peu à peu de l'importance qu'elle avait eue, et était réduite depuis quelques années à sa plus simple expression. L'aviso V Alcyon^ que de longs services avaient rendu à peu près inutilisable, se recommandait à l'attention du département de la Marine, pour obtenir un remplaçant. Sur ces entrefaites, le ministre de la Marine estima qu'il y avait inconvénient à multiplier le nombre des stations locales, et, à la date du 14 novembre 1904, décida qu'il serait procédé à la suppression de la station locale du Gabon, qui deviendrait désormais un simple dépôt dé charbons et de matières grasses ». Lorsque des circonstances spéciales exigeraient la présence dans les eaux congolaises d'un bâtiment appartenant â la marine française, des instructions seraient données au bâtiment de guerre que le ministre compte mettre à la disposition de M. le gouverneur général de l'Afrique occidentale française et qui pourrait effectuer des croisières sur les côtes du Congo, en représentant notre pavillon dans des conditions acceptables.
La flottille locale se compose donc désormais du vapeur Albert Doiis.se qui, après avoir longtemps appartenu à l'administration locale du Congo, a été cédé par arrêté du 28 mai 1903 au service colonial et est destiné à assurer les transports
militaires, et des deux vapeurs Léon Blot et Jacques dUzes, qui constituent avec deux ctialands en acief, trois baleinières en acier et deux chalands en bois, la flottille du Tchad, placée sous le commandement d\in enseigne de vaisseau hors cadre. La flottille du Tchad est entretenue par le budget effectués local à charge de remboursement par l'Etat des transports à son compte.
Le chaland Benoit-Garnier, acquis le i juin 1904 par M. le commandant Largeau pour le compte de la flottille du Tchad et sur les fonds du budget colonial, complète le sommaire outillage de la flottille de la colonie.
Dès les premiers temps d'occupation de nos colonies, on reconnut la nécessité de réclamer le concours des habitants pour assurer le maintien de l'ordre et participer au besoin avec les troupes à la défense contre une agression étrangère.
Ainsi prit naissance la milice dont l'origine date de 1890. Le Parlement ayant supprimé la garnison du Gabon (tirailleurs gabonais!, le commissaire général la remplaça par des miliciens recrutés, partie chez les Sénégalais, partie chez les autochtones. Mais aucun arrêté d^organisation ne fut pris.
Ce fut un arrêté du 30 novembre 1897 qui fit de la milice un corps constitué et ce même arrêté fait allusion à un corps de gardes régionaux, sans spécifier d'ailleurs leurs attributions. L'efîectif du nouveau corps était fixé à 120 hommes, mais par suite de l'occupation de l'Oubangui et du Chari, ces effectifs parurent bientôt insuffisants et le commissaire général de Lamothe, par un arrêté du 15 février 1900, porta à
l.oOO indigènes et à 32 Européens l'effectif total du corps de la milice du Congo français.
Malheureusement, lorsqu'en 1901, des économies s'imposèrent dans le budget local, le commissaire général Grodet crut pouvoir en réaliser dans les dépenses de la milice. Un premier arrêté du 20 février 1901 licencia la garde régionale et un deuxième arrêté du 21 février 1901 réduisit l'effectif de la milice à 700 hommes. La milice ainsi réduite continua à vivre jusqu'à la fm de 1902.
Cependant la loi du 7 juillet 1900, avait décidé que les milices seraient désormais organisées, après avis du ministre de la Guerre, par décrets rendus sur le rapport du ministre des Colonies, et spécifiait qu'elles peu^^ent coopérer à des opérations militaires.
C'est dans ces conditions que la milice indigène du Congo français, supprimée par arrêté local du 21 novembre 1902 (1) fut remplacée par un. corps de gardes régionaux^ à partir du l^"" janvier 1903.
Ce corps est placé sous l'autorité directe des administrateurs des régions et des cercles ; il est administré par le bureau des affaires indigènes du gouvernement. Tous les inspecteurs et gardes principaux européens, ainsi que tous les sous-officiers, caporaux et miliciens indigènes au service de la colonie ont été appelés à faire partie du corps des gardes régionaux dans des conditions exactement équivalentes de grade, solde et indemnité de vivres.
Un arrêté local du 1'"^ décembre 1902 (1) a fixé l'effectif européen du corps des gardes régionaux à 18 inspecteurs et
('I) Journal officiel du' Congo, ^5e année, n^' 46, 22 novembre 4902, p. 5.
gardes principaux dont 6 présumés en congé ou en cours de route (4 inspecteurs, 14 gardes principaux). Un arrêté local du '2 décembre 1902, complété par un arrêté local du 8 octobre 1904 (1 et 2) a fixé la hiérarchie des gardes régionaux : adjudant ; sergents de Ire, 2e et 3e classe ; caporaux de li'fi et de 2'^ classe ; gardes régionaux de l^e 2^, 3^ et 4<' classe. Ces mêmes arrêtés réglementent les questions de solde, d'indemnités, de tenue et indiquent la décomposition des 700 hommes formant l'effectif :
5 adjudants ;
1 sergent-major ;
5 sergents de 1^^ classe ;
10 caporaux de lie classe ;
90 gardes régionaux de Ire classe ; 250 — 2^ —
L'arrêté local du 27 mai 1904 (3) répartit l'effectif indigène de la garde régionale entre les colonies et territoires composant l'ensemble des possessions du Congo français et dépendances ; il attribue 1° à la colonie du Gabon, deux brigades de 225 hommes et une brigade de marche de 75 hommes;
(1) Journal officiel du Congo français, i5e année, n°48, 6 décembre 1902, {%y Journal officiel du Congo français et dépendances, l'"e année, n'' 15, 8 octobre 19U4.
(3) Journal officiel du Gabon, 2e année, 1905, n" 5.
2'' à la colonie du Moyen-Congo, deux brigades à effectif total de 350 hommes et deux brigades de marche de 75 hommes ; 3° à rOubangui-Chari, une brigade de 210 hommes ; 4« aux territoires du Tchad, une brigade de 80 hommes. Cet arrêté a été modifié, en ce qui concerne la répartition de l'elfectif indigène de la garde régionale du Moyen-Congo, par les arrêtés des 17 janvier, 13 février et 6 septembre 1905 (1). D'après les prévisions budgétaires de 1906, la garde régionale comporte :
Européens :
1 inspecteur,
4 gardes principaux ; a) au Gabon <J Indigènes :
2 adjudants, 288 sergents, caporaux et
gardes, soit
Européens :
5 inspecteurs, 8 gardes principaux ; Indigènes :
2 adjudants, d sergent-major,
657 sergents, caporaux et
gardes, soit
Européens :
4 inspecteur, 4 gardes principaux ; Indigènes :
4 adjudant, 259 sergents, caporaux et gardes, soit . . . ...
y Indigènes :
d) au Tchad I 203 sergents, caporaux et / gardes, soit
b) au Moyen-Congo
c) dans l'Oubangui-Ghari
303 unités
673 unités
265 unités
205 unités