CHAPITRE XIII
ORGAiNlSATION DES DIVERS SERVICES
Ce serait donner une idée incomplète de l'organisation administrative de nos possessions que de ne pas passer en revue — tout au moins de façon sommaire — les divers services de la colonie, dont il n'a pas été question dans les pages qui précèdent.
Ce sera l'objet du présent chapitre, où nous examinerons successivement :
A"^ Le service de la santé ;
B) Le service des travaux publics',
C) Le service des postes et télégraphes ;
D) Le service des imprimeries officielles ;
E) Le service de la police et des prisons ;
F) Les divers services (enregistrement, conservation de la propriété foncière, commissariat près des sociétés concessionnaires, service de l'agriculture) ;
G) L'instruction publique et les cultes.
A. — Service de la santé
Ainsi que nous l'avons indiqué, un des médecins des troupes coloniales exerce, sous l'autorité directe du commissaire général, la direction des services sanitaires généraux de la colonie. En dehors des services sanitaires militaires, dont il a été question au cliapitre de l'organisation militaire, la colonie s'est préoccupée d'organiser le service hospitalier.
Le service hospitalier est régi par l'arrêté local du 13 août 1898, légèrement modifié par celui du 15 janvier 1900, généralement basé sur le décret du !20 octobre 1896^ ainsi que sur la circulaire et l'arrêté ministériels du 16 mars 1897, portant règlement sur le fonctionnement des hôpitaux coloniaux.
Etablissements hospitaliers. — La colonie du Congo français ne possède qu'une seule formation sanitaire, l'hôpital de Libreville, pouvant recevoir à la fois 28 Européens et 44 indigènes. C'est un établissement purement local, en conformité des règlements en vigueur. Toutes les catégories de malades peuvent y être traitées ; il a pour objet d'assurer les soins au personnel militaire, aux employés et aux agents des services civils et militaires de tous les départements ministériels et à leurs familles. Il doit pourvoir également au traitement des colons, des marins du commerce, des indigènes, enfin de toute personne qui serait de passage, en mission ou en résidence dans la colonie et qui ne pourrait se procurer ailleurs
les soins nécessaires.
On trouve des postes médicaux dans un certain nombre de points de la colonie : N'Djolé dans l'Ogôoué, Loango où on a installé depuis 1899 deux lits d'hôpital appartenant à la maison du médecin, Brazzaville, Carnot dans la Sangha, Bangui et Bangassou dans la région du Haut-Oubangui.
Une formation sanitaire a été installée à 13 razza ville. Cet établissement du service de santé reçoit comme l'hôpital de Libreville toutes les catégories de malades et est destiné à rendre les plus grands services non seulement à Brazzaville, mais encore à tout le haut pays. Les évacuations des malades soit de la Sangha, soit de TOubangui, pourront en efïet se faire sur cette formation sanitaire : les bateaux à vapeur naviguant sur les affluents du Congo ne sont guère à plus de six ou dix jours de descente de Brazzaville.
Dans le territoire du Tchad, Fort-Lamy, placé sur le Chari dans les mêmes conditions que Brazzaville sur le Congo par rapport aux autres postes de la région, possède, non administrativement, mais de fait, une véritable ambulance sur laquelle on évacue tous les malades. Pendant toute l'année 1903, on y a eu constamment en traitement d'un à quatre Européens et actuellement on vient d'y installer d'une façon très confortable dix lits pour indigènes.
Les postes médicaux sont approvisionnés en médicaments par les pharmacies centrales de Libreville et de Brazzaville. Des cessions peuvent y être consenties à toute personne suivant des règles établies et à des prix fixés par les autorités locales.
Enfin, un arrêté du 28 février 1905 a créé un service de vaccine mobile au Congo ; des dépôts de vaccine sont installés à Brazzaville, Loango, Loukoléla, Fort-de-Possel, Tchekna
ORGANISATIOiN DES DIVERS SERVICES
et dans tous les centres du Gabon désignés par le lieutenantgouverneur (1).
Personnel hospitaliei' du service de santé. — Il y a pour chacune des colonies un chef de service : un médecin-major de 1'''' classe, chef de service du Moyen-Congo, un médecinmajor de 2^ classe, chef de service du Gabon ; un médecinmajor de 2^ classe, chef de service de l'Oubangui-Chari. Le chef de service de santé du Gabon est médecin en chef de rhôpital de Libreville, conformément aux dispositions du décret du 10 mars 1897 ; la décision locale en date du 15 janvier 1901 prescrit que le médecin aide- major en service au chef-lieu est attaché à l'hôpital en qualité de prévôt.
Le personnel du service de santé est ainsi fixé d'après les prévisions budgétaires de 1906 :