POUR PASSAGER
aller ou retour Blanc Noir
francs
franr.
Marchandises de première catégorie. — Ivoire, caoutchouc, armes à feu,- poudres et matières inflammables non renfermées dans des enveloppes étanches ou en métal.
Marchandises de deuxième catégorie. — Marchandises de traite, vivres de toute nature, matériaux de construction, gomme et produit de culture, café, cacao, vanille, graines, bois, sel, outils et généralement tous les produits non compris dans la première catégorie.
Les colis d'un poids supérieur à quatre charges de 35 kilogrammes soit 110 kilogrammes font l'objet d'un marché spécial.
La nourriture des passagers n'est pas comprise dans les prix du tarif.
Le maintien d'un bâtiment spécial — en fait V Albert Dolisie, dont il a été question dans un précédent chapitre —
à la disposition de radministmtion, et la possibilité de l'employer à tout moment avait son importance : il « permettait à celle-ci de repousser les prix excessifs de fret que les compagnies prétendaient lui imposer ». Et l'emploi de V Albert Doilsie avec l'adjonction des pirogues et chalands qui constituent la flottille locale, conjuguée avec les ressources de la flottille commerciale, « a permis jusqu'ici à l'administration locale d'efîectuer ses transports à des prix acceptables, en attendant le moment où les frets consentis par le commerce seront assez réduits pour que tout service d'Etat devienne inutile » (1).
Le pagaijage. — Indépendamment des transports efiectués par les embarcations d'un certain tonnage, il existe un courant très actif de communication établi sur tous les fleuves et rivières du Gabon, au moyen de pirogues. Les pagayeurs sont très nombreux. Chez quelques peuplades, ce métier est fort recherché, au point que les pagayeurs exercent une véritable profession et forment une corporation puissante : il faut compter avec eux.
Plusieurs missions d'exploration ont même été arrêtées dans leur marche et obligées de rebrousser chemin par suite du mauvais vouloir ou de l'hostilité de certaines tribus de pagayeurs. De nos jours ils « boycottent » encore, si Ton peut dire, certains produits, certaines factoreries ou colons et même d'autres peuplades indigènes.
(!) Le Hérissé, rapport cité (1905), p. 282. M. Le Hérissé indique qu'au début de la période des concessions et jusqu'après 1901, les frets commerciaux de Brazzaville à Bangui atteignaient 600 francs la tonne, alors que le prix moyen de transport d'une tonne par V Albert Dolisie revenait à 275 fr. Les tarifs pratiqués par le commerce sont aujourd'hui voisins de ce dernier chiffre.
La route Logone-Bénoué. — Ce serait donner une idée incomplète de l'état des communications fluviales au Congo que de ne pas dire quelques mots de la route Logone-Bénoué et de l'utilisation de la voie Zinder-Fort-Lamy.
Il y a quelques années déjà, M. le capitaine Loëfler avait émis Tavis qu'il <( existait, reliant le Mayo-Kebbi au Logone, un chapelet de lacs communiquant entre eux par des rigoles qui suivent le fond d'une dépression ininterrompue » (1). Sur une longueur de 20 kilomètres, tout près du Logone, cette dépression ne serait, aux basses eaux, qu'une plaine mouillée couverte d'herbes ; au plein de la saison des pluies, la plaine serait « circulable » en bateau ou bien en pirogue. Le Tchad serait donc pendant plusieurs semaines en communication directe et fluviale avec la mer, c'est-à-dire avec notre enclave de Forcados et il en résulterait, en admettant que l'extrémité de la dépression ne soit jamais navigable, un portage de 20 kilomètres environ, et la Bénoué deviendrait, pour employer l'expression du capitaine Lenfant, le « tube respiratoire et le canal d'alimentation du Tchad. »
Cette hypothèse présentait une importance trop considérable au point de vue du ravitaillement de nos territoires du Tchad, et, d'une manière générale, des voies de communication permettant d'atteindre cette région, pour que la vérification sur les lieux n'en fût pas opérée.
Tel fut précisément le but de la mission qui fut confiée au mois de mars 1903 par la Société de géographie, et avec une subvention du ministère des Colonies, de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, le Comité de l'Afrique française à M. le capitaine Lenfant.
(1) U Afrique rt rexpansion coloniale. Revue universelle, année 1901.
Le lieutenant Faure avait constaté, au cours d'une reconnaissance, que les chutes de Boussa sur le Niger pouvaient être franchies ; en 1898, M. Lenfant, alors capitaine, fît une exploration sur le Niger qui nous était ouvert par l'acte de Berlin et confirma les renseignements précédemment recueillis : le portage pour le ravitaillement de Say pouvait être supprimé. En 1900-1902, le même officier remontait le Niger jusqu'au bief de Tombouctou et conduisait à nos troupes le ravitaillement que la fièvre jaune avait empêché de passer par le Sénégal.
Mais cela ne résolvait la question d'approvisionnement du Tchad et la Société de géographie qui venait, avec la mission Foureau-Lamy, de résoudre la question de la traversée du Sahara, eut l'ambition de solutionner également celle du portage dans l'Afrique occidentale française (1).
Le succès de l'exploration Niger-Bénoué-Tchad fut complet, et le but qu'elle se proposait paraît avoir été atteint ; le chaland le Benoit-Garnier^ flotte depuis deux ans sur le lac Tchad ; la jonction de l'Atlantique au Tchad par la Bénoué, le Mayo-Kebbi, le Toubouri était désormais un fait acquis ; il était en outre démontré que le transport des marchandises coûterait environ 500 francs par tonne et nécessiterait un délai maximum de 2 mois 1/2, en ne demandant que deux transbordements. C'était un beau résultat, si l'on songe que ce ravitaillement ne pouvait être régulièrement assuré que
(1) Voir : Rapport fait au nom de la Commission des affaires extérieures, du protectorat et des colonies, chargée d'examiner le projet de loi tendant à accorder des récompenses dans l'ordre delà Légion d'Honneur aux explorateurs, etc., par M. H. Lozé (Ch. des députés, annexe au procès-verbal de la deuxième séance du 29 novembre 1905), p. 6.
par les routes terrestres : Brazzaville, Oubangui, Fort-Possel, GribiiigLii, Chari (280 kil. de portage) : ou Dakar, Saint-Louis, Bamako, Haut-Niger, Zirider (1.300 kil. à dos de chameau), et qu'il en résultait dans les deux cas une dépense de 2.000 fr. par tonne transportée (1).
La mission Lenfant permettait au département d'emprunter la voie fluviale sur 2.300 kilomètres de trajet, sans obstacle à partir de l'Atlantique ; un faible portage s'impose seulement à partir de Lata, sur un parcours de 80 kilomètres, peuplé, assez riche en animaux de bat, de sorte que le portage humain diminuera dans une très large proportion.
Cette route a été suivie en sens inverse par M. le capitaine d'Adhémar et l'enseigne de vaisseau Audoin : ils ont conclu à la possibilité de ravitaillement par la voie du Niger-Bénoué- Toubouri. Le rapport du l^" octobre résumait ainsi leurs conclusions (2) :
« Du rapport « provisoire » adressé le 22 septembre par ces officiers, il ressort qu'à cette date la communication entre Logone et Toubouri n'existait pas... La communication ne pourrait avoir lieu, pour baleinières calant 60 centimètres en pleine charge, que dans des années tout à fait exceptionnelles... Ce n'est pas à dire que la voie de la Bénoué et du Toubouri soit inutilisable ; du point du Toubouri où la navigation cesse d'être possible jusqu'au point le plus rapproché du Logone, il n'y a guère que deux jours de route, par où il sera sans doute assez facile d'organiser le transbordement
(l) Lenfant, De V Atlantique au Tchad par la Bénoué (Géographie, 4904, 1er semestre, p. 321).
(2j Bulletin du Comité de rAfrirpie franraise, 1903, p. 242.
d'un bassin dans l'autre, en passant pai* un territoire exclusivement français ».
Donc la communication existe, mais elle n'est pas ouverte à la navigation pratique, sauf à des crues exceptionnelles.
D'après les conclusions de MM. Audoin et d'Adhémar, le ravitaillement du Tchad pourrait être transporté à Burutu (bouches du Niger), être embarqué sur des vapeurs et transporté jusqu'à Tréné, point terminus de la navigation à vapeur sur le Mayo-Kebbi et situé en territoire français. Il suffira d'entretenir en ce point des chevaux Saras recrutés dans la région du Logone pour transporter le ravitaillement en deux jours sur le Logone, d'où il ira par eau et sera réparti par la flottille du Tchad entre les divers centres du territoire.
Restait à en faire Fessai pratique. Le ministère des Colonies a très judicieusement décidé, au mois d'avril dernier, de tenter de faire passer par cette voie un ravitaillement de 50 tonnes, et le capitaine Faure, qui a été chargé de cette mission, a atteint sa destination sans aucune difficulté.
Ainsi, comme l'indique M. Bruel (1) u si les communications Mago-Kebbi, Logone et Logone-Babo ne sont pas naturellement utilisables, on pourra les aménager artificiellement et sans de très grosses dépenses... Le développement du pays ne pourra être assuré que grâce à des travaux hydrauliques bien compris. »
En attendant, et en présence de la préoccupation que cause à l'administration coloniale le ravitaillement de nos postes du Tchad, le ministre des Colonies a mis à l'étude la question de l'approvisionnement de cette région par la voie de la Bénoué.
(1) Breul, Cercle du Moyen-Logone, arlicle cité, p. 375.
Le prix du transport de Marseille à Forcados est de 50 francs par tonne, la Royal Niger Company a fait, d'autre part, des ouvertures au département pour assurer le transport de Forcados à la cataracte au prix de 300 francs par tonne ; des instructions ont été adressées à l'administration locale pour examiner les prix et les conditions du transport entre M'Bourao et Fort-Lamy.
Cette voie Bénoué-Toubouri traverse les territoires anglais et allemands, ce qui peut entraîner des difficultés en cas de tension diplomatique.
De plus les convois ne doivent comprendre ni armes, ni munitions, ni escorte. Les Anglais et Allemands déclinent toute responsabilité et peuvent, s'ils le veulent, ouvrir les caisses plombées. Les marchandises seraient alors perdues.
D'après le commandant Lenfant, les prix comparatifs seraient les suivants :
1° Prix et durée du transit^ via Bénoué
„ , ( Bordeaux-Kotonou .Fr. ^5 ) ,^ ^
Durée : r/ . x? a cip f 42 50
, ,„ . < Kotonou-Forcados ... 26 S
1 mois 18 lours ) ^ , ^ , , ,,^^ ^^ ^ „^^
•^ I Forcados-Léré .... 587 50 300
Au delà de Léré nous ne pouvons que donner des renseignements approximatifs :
Lenfant
18 jours, 250 km. Lëré-Laï (cataracte da Mayo Ralin, pirogues sur le Toubouri, puis portage . . Fr. 300 160
40 jours, 250 km. Laï-Fort-Lamy (baleinières seulement) 200 500
Ce qui donne au total 1.140 francs et une durée de trans-
port de 76 jours dont 45 jours en territoire étranger sans garantie contre les pertes, etc.
2° Prix et durée du transit^ via Congo
Durée du trajet, manutention coQiprise
Jours La tonne
25 Bordeaux-Matadi Fr. 40
i Débarquement à Matadi 10
8 Matadi-Kinchassa (chemin de fer indépendant
de l'Etat internat.) 250
1 Kinchassa-Brazzaville (steamer) 20
30 Brazzaville-Bangui (steamer) 300
8 Bangui-Fort de Possel (manutention comprise, pirogues et baleinières) .... 50 20 (4) Fort de Possel-Fort Grampel (portage)
360 km 540
20 Fort Crampel-Fort Lamj (steamer, baleinières, chalands) 230
143 jours 1.440 fr.
Prix : 1.440 francs la tonne approximativement.
Durée : 113 jours, dont 9 jours seulement en territoire étranger et en chemin de fer.
Les évaluations fournies, d'autre part, par M. l'administrateur Bruel, sont les suivantes :
(1) D'après une communication, le portage peut être réduit à 83 km. au lieu de 360 km. la rivière Koumi ayant été reconnue navigable de Fort-de- Possel, fî Lapoussera.
720 LA MISE Ei\ VALEUR DE NOTRE DOMAINE CONGOLAIS
l*' Via Bénoué-Toubouri-Loc/one
Krance-Lëré ou Tréné . . . . . . .Fr. 450
Léi'é-Ompi 108
Ompi-Déro 50
Déro-Ei'é 54
Eré-Fort Lamy 65
P'ort Lamj-Fort de Gointet 64
Fort de Gointet-Fort Bretonnet 88
Fort Bretonnet-F'ort Archambault . . . . . 116
~995 Fr.
2" Vid Congo-Ouhangui-Gribingui
Tarifs niinima maxima
France-Matadi Fr. 45 45
Matadi-Stanley-Pool 220 1 000
Stanlej-Pool-Bangui 360 360
Bangui-Fort de Possel. ..... 50 50
Fort de Possel-Fort Sibut 216 216
Fort Sibut-F^ort Grampel 324 324
Fort Grampel-Fort Archambault. . . 66 66
(( Le problème du ravitaillement, écrivait le ministre au cours des instructions adressées au commissaire général du gouvernement au Congo français, se pose de la manière la plus pressante pour les territoires du Tchad.
Celui-ci peut s'opérer par deux voies : par l'ancienne route de portage de Fort de Possel à Fort Crampel, et par la route de la Bénoué-Logone étudiée successivement par les capitaines Lenfant et Faure.
Nous devons parvenir à supprimer complètement la réquisition sur la première de ces voies ; les nombreux rapports des chefs de poste, les renseignements rapportés par la mis-
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