LE CÙMMERCE DU LEVANT
notre domaine; ce sont ; les Compagnies « de la Nouvelle-France dite Canada » ou des « cent associés » (1628), .. du Sénégal », de « la Guyane » (1638), des " îsles d'Amérique », » de Guinée » (163a), « de Madagascar et d'Orient » ou desi< Iodes Orientales » (1642), d'autres encore.
Pendant que ces compagnies se constituaient les négociants marseillais continuaient à commercer dans le bassin de la Méditerranée. Toutefois les changements ou les nécessités de la politique franraise n'étaient pas sans nuire à leurs cnirepriscs. François 1", Henri 11, Henri IV avaient entretenu avec la Porte Otiomane une alliance ou des rapports d'amitié favorables au développement du commerce. Mais sous le règne de Louis XIII les relalions entre la France et le Divan perdirent le caractère qu'elles avaient eu jusque-là et même s'allcrèrent sensiblement; aussi, bien que toujours protégé par les Capitulations, le commerce de Marseille éprouva quelque dommage de ce nouvel élat de choses.
D'autre part, les pirates barbaresques inquiétaient les côtes de France et d'Italie, poursuivaient les navires marchands et souvent les emmenaient prisonniers dan.s les ports de Tunis ou d'Alger. Nos flottes, obligées de tenir la mer contre les vaisseaux espagnols, ne pouvaient venger ces injures et assurer la liberté de la mer.
Richelieu cependant D'otibliait pas les ialérèts de la France dans (a Méditerranée. Il défendait nos négociants et nos relif^ieus contre le mauvais vouloir des fonctionnaires turcs, établissait des consuls dans plusieurs villes, envoyait en Perse un hardi voyageur, Deshayes de Courmessnin, pour obtenir du shah la protection de la religion catholique et du commerce français. Une compagnie de marchands fut même établie à Ispahan par les soins de Deshayes, mais elle ne réussit pas dans ses opéralions. Le cardinal formait eucore un projet qu'il ne put malheureusement réaliser : il entama des négociations avec les chevaliers de Malte pour faire de cette île une possession française et assurer ainsi à notre pays une situation stratégique de premier ordre dans le grand lac européen.
En 1633, alors que Marseille se plaignait des ravages des corsaires et de la diminution de ses alTaires, elle envoyait annuellement 1S navires à lAIesandrette (port d'Alep), Alexandrie, Smyrne, Constanlinople, Saïde (ancienne Sidon), Chypre, Tunis, Alger, etc., et l'on évaluait son commerce à 5,064,000 livres S
En même temps qu'il encourageait avec autant d'habileté et de clairvoyance l'expansion de notre
i Tb''" ' ■■ France 'ivec l'Orient.