LES INDES ORIENTALES, RS
d'Hudson, Louis Jolliet découvrait la route entre les bassins des grands lacs et celui du Mississipi [16731, 1 Cavelier de la Salle desceodait le fleuve et prenait feossession de ses l'ives « au nom de Louis XIV, roi Hde France et de Navarre », le 9 avril 1682. Dans la Mfier des Antilles, des îles nouvelles étaient occupées : ■Grenade, Sainle-Lucie, Saint-Martin, Saiiil-Barthé- B|tny, Sainte-Croix, la Dominique, Tabago ; les t< bou- ^Kniers» Français établis à Saint-Dominique étaient ^ns sous la protection du roi. A ce moment, ainsi ^Ke l'observe Seelev, si un prophète politique avait ^Boiparé les chances d'avenir de la France qui ^BEsédait les immenses régions du Canada, de ^Kbaie d'Hudson et venait de planter son drapeau ^Bns la vallée du Mississipi avec celles de l'An- ^■sterre, dont les colonies étaient resserrées entre ^Bcôteest et les monts Alleganys, il aurait été cer- ^Bnement induit à prédire que l'empire de l'Amé- ^Biue du Nord était réservé à la première de ces ^■tissances.
^pCoIbert avait consenti ii révoquer le privilège de ^K Compagnie des Indes occidentales; jamais au ^Hitraire il n'abandonna la Compagnie des Indes ^Kentales. Il estimait que le Sénégal, la côte de ^piinée, Madagascar, Bourbon et l'Inde étaient non ^Rs colonies de peuplement ou de culture capables ^B prospérer sous un régime de liberté, mais des
comptoirs dttut seule une compagnie privilégiée, riche en capitaux et en navires, pourrait tirer partie Toutefois le premier ministre fit fléchir la rigueup première de son programme en autorisant tous leâ négociants français à commercer aux Indes, sous lat seule condition que leurs marchandises seraient transportées par la Hotte de la Compagnie. Notre domaine colonial s'étendit dans cet hémisphère comme dans l'autre ; la France acquit des droits sur la côle occidentale d'Afrique, de la baie d'Arguin à la rivière de Sierra Leone, Bourbon se développa, des essais de colonisation furent faits à Madagascar t" île Dauphine n), des comptoirs établis dans l'Indoustan, i Surate, à Pondichéry, k Chandcrnagor (1668-1673-1674). La Compagnie des Indes envoya des marchandises jusqu'à Bassorah au fond du golfe Persique et par delà le détroit de Malacca, jusqu'en Chine.
D'un autre c6té Colbert donne au commerce de Marseille avec le Levant une grande impulsion et le dote d'une organisation particulière. Lorsqu'il prend la direction des affaires, les relations entre ia Franco et la Porte sont aussi peu cordiales qu'au temps de Richelieu ; les rapports se tendent même ù ce point, — les Français secourant les Vénitiens assiégés par les Turcs dans Candie, cl les Turcs i outrageant nos ambassadeurs à Constantinople, —
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LA FRANCE DANS l,E LEVANT.
pe vers 1610 oa projette en France une « nouvelle Wisade )i contre les <i infidèles ». Mais les succès 1 roi en Hollande effrayent le Divan qui consent ■ signer de nouvelles Capitulations présentées par lotre ambassadeur, le marquis de Nointel (1673). 3et acte confirme les privilèges accordés aux religieux, aux consuls, aux marchands français par les ^pitulations précédentes et leur en assure de nou- ^aux : nos missionnaires établis dans Ica ports bverts au commerce sont reconnus ; nos marpands acquièrent le droit « d'enlever '> les cuirs, l cire, le colon, dont l'exportation était interdite ; 3 droits d'importation, de 5 p. 100 qu'ils étaient isqu'alors, sont abaissés à 3 p. 100.
f La France n'est plus cependant la seule puissance fyanl le droit de commercer en Turquie, les Anis, les Hollandais, les Vénitiens, les Génois ■yant obtenu successivement des Capilulations de i Porte.
[ Mais, si notre pays ne jouit plus d'un monopole, ibénéficie encore d'une situation particulièrement Ifantageuse, plus favorisée que celle des autres talions : son ambassadeur, ses consuls ont la pré- Kance sur les ambassadeurs et les^consuls de toutes Ks puissances, il a Tbonneur et la charge de la protection des religieux français et étrangers, enfin commerce occupe la première place dans
les Echelles et même dans plusieurs ne rencontre , pas de conciirrcQts.
Colberl, — inventeur du u pacte colonial » dans sa conception la plus parfaite, — prétend diriger le commerce aussi bien dans les » colonies libres » que dans les « colonies d'État ». S'il ne fonde pas une compagnie privilégiée, il réglemente le négoce entre Marseille et le Levant, l'enserre dans mille prescriptions ' : dans chaque Echelle la France entrelient un consul nommé par le roi ; les Français qui y sont établis forment sous son autorité une communauté, « la nation »; la chambre de com- ' merce de Marseille exerce sur les " nations » une 'jj sorte de tutelle administrative et financière; nul À n'est admis à résider dans le Levant sans une aufo- ] risation spéciale et le nombre des marchands doit k rester peu élevé (il ne dépasse pas S ou 600), afin i que la concurrence ne diminue pas les profils du ( commerce ; la balle de drap qui sort des ateliers de ij la Provence ou du Languedoc à destination des i Echelles est e.^aminée, estampillée, d'abord à la j porte de la fabrique, puis une seconde fois sur les i
' Oa sait d'ailleurs que la protection et la réglementalion 1
étaient ta base première de toutes les conceptions de Coi- H
bert. Kn France même l'induslrie et le commerce qui durent '
au grand ministre une impulsion énergique et profitable ne r| Turent pas moins réglementés que dans les u colonies d'Etal •> et les " colonies libres ".