L'EUROPE EN IBIS
Bances alliées compliilent le trailé de Paris' et " confirment les stipulations du Congrès de Vienne. L'Acte final de ce Congres signé peodant les Cent Jours (9 juin 181S) a dressti une nouvelle carie d'Europe sur les débris semés par la cliule de l'Empire français : la Hollande et la Belgique, que nous possédions depuis près de vingt ans, sont réunies et constituent le royaume des Pays-Bas (l'Autriche renonce volontiers k la possession de la Belgique qui l'a mise pendant un siècle en guerre avec la France); — l'Allemagne n'a plus d'Empereur, elle forme sous la présidence de l'Autricbe une a Confédération germanique » composée de 39 Etats souverains ; — In Prusse considérablement agrandie dans l'Allemagne orientale obtient, en outre, plusieurs Étals sur les deux rives du Rhin ; — l'Autriche redevient maîtresse de l'Italie du Nord (LombardieetVénétie), le reste delà Péninsule étant divisé entre des Étals souverains, royaume de Sardaigne (Sardaigne, Savoie, Nice, Piémont, Gènes), États pontificaux, royaume de Naples et plusieurs principautés; — la Confédération helvé-
' C'est l'ensemble fortnÊ par le Iraité el ces conventions qtre l'on appelle ordinairement n les traités de ISIS n.
Deux mois après la signature du second traité de Paria, Frtinçoi9,FnjdëriC'Guillauine eLAIexandre avaient conclu dans cette ville " au nom de la Très-Sainle el indivisible Trinilé » le fumeux trailé dit de v la Sainte-Alliance » (2.6 s(;'^VKîtfetë\.
118 l'expansion de 1.A FRANCE.
lique qui, — rumpant sa vieille alliance avec la France, a oiiverl aux alliés en 1814 et 181S la trouée de Belfort et la roule de Genève, — est déclarée neutre (elle complc dis-neuf cantons).
Les " guerres d'ambition » de INapoléon, la grandeur " contre nature '> qu'il a voulu donner k son Empire sont ainsi chèrement payées. Les traites de 1815 laissent notre pays épuisé, plus diminué, plus humilié que ne l'avait fait le honteux traité de 17G3. En ilii'i la France avait perdu l'Empire colonial fondé par Richelieu et Colbert, mais elle avait arrêté l'invasion et conservé ses frontières; en 181 5, après les deux invasions de 1814 et de 181 S, elle perdait sur le continent avec les conquêtes de la Révolution quatre places fortes acquises par l'ancienne monarchie, et elle ne conservait sur les mers, où sa marine était défruite, que les quelques possessions que l'Angleterre consentait h lui rendre ',
Celte diminution de la France était rendue plus sensible par l'augmenta lion de puissance dont bénéficiaient les alliés, le nouvel état de choses qui se créait en Europe :
1 Ces possessions, — débris ruinés de notre ancien Empire, — étaient : Saint-Pierre et Miquelon, la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, le Sénégal, la Réunion (avec nos droits sur Madagas(:ar) et les cimi comploirs de l'Iude,
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r,'A«r.LETEnRE EN 1813. 113
L'Angleterre était de toutes les nations celle qui gagnait le plus h la conclusion des actes diplomatiques de 1814 et de 1815. En Europe c'était à elle que revenait l'honneur d'avoir ruiné avec la Révolution la i< suprématie » de la France. Hors d'Europe son Empire colonial fondé, sur les acquisitions des traités d'Utrecht et de Paris, s'augmentait des ' iles et des territoires enlevés à la France et à la . Hollande (province française pendant les guerres de Napoléon) ' ; ses victoires navales, en même
1 L'Empire colonial de l'Aiiglelerre, — et c'est là un fait 1res digne de remarque, — a. élé constitué, pour la plus grande partie, de possessions enlevées b. dos nalions européennea et non de lenitoires conquis directement sur les indigËnes. Il en est tout autrement des Empires coloniaux qui ont tté Tondes nu xvj° et au s.yii' siècle par le Portugal, l'Espagne, la Sollandû et la France.
Voici, d'ailleurs, l'énumëralion des colonies qui constituaient en 1814 l'Empire britannique :
Colonies enlevées à la France :
Territoires de la baie d'Hudson, — Terre-Neuve, — Acadie, — Saint-Crislophe (1713).
Canada, — Saint- Vincent, — la Dominique. — Tabago, — laGrenade, — Inde (1763).
Sainte-Lucie, — Tabofio {qui nous avait vlà rendae en nS3), — l'ile de France et ses dépendances (1814).
Colonies enlevées à l'Espagne :