‹ L'expansion de la FranceChapitre 25 sur 67 · I.a Jamaïque · texte numérisé non relu

I.a Jamaïque

Gibraltar (1713).

La Trinité (1802).

Colonies enlevées à la Hollande :

Ceyian (1796).

LcCap{18i;;.

tfîO [,-|iXPANS10S m 1-A rilANCIÎ.

Etemps que la ruine des flotles fraaçaisc, hollan- Mtii^c et espag^niile, lui assuraient sans conteste ■le preiniL'i' rang |)firnii tes nations niarilinics; la ^possession de Malte (conservée depuis 18U0, acquise Knu traité de JSH), au centre de la Méditerranée K«u cite tenait déjà Gibraltar, lui donnait dans cette imer européenne, dont les [lots ne Ijallaient point Eges rivages, une sitnalion privilégiée. A la môme Eépoqiie les succès de lu Compagnie des Indes dans la

■ péninsule asiatique, le développement des premiers Eétablissements anglais en Australie laissaient clai- Brement entrevoir les grandes destinées qui étaient

■ réservées sur les mers à la nation britannique.

E Les événeiiieuls, d'ailleurs, devaient continuer à I servir l'Angleterre dans la paix comme ils l'avaient I servie dans la guerre : bientôt allaient éclater les I révolutions d'Amérique qui en diminuant les em- Ipires d'outre-mer de l'Espagne et du Portugal ',

I Autres colonies possédées par la Graiide-Hretagne en 1813 : P Helgoland (qui sera cédée à l'Allemagne en 1800], — Malle, I — les Bermudas,^ les Iles Sous-le-VeiiL, — les lies Bahama, I — la Guyane, — la Gambie, — Sierra-Leone, — la Côle d'Or, B — Sainte-Hélène, — l'Australie (premier étalilissement en I 1788), — la Tasmaiiie, — enllii les lies Ioniennes (qui seront I. cédées au royaume de Grèce en 1863).

I ' Déclaration d'indépendance de la colonie portugaise du K Bl^sil (1821) ; — liisurreclions victorieuses des colonies espa- Kgnoles de la Plala (1814), du Cliili (1818), du Mexique (1833), E de l'Amériiiae méridionale, de l'Amérique centrale (I8Î3- [ j82;i) el du Pciou (1820).

L'ALLEMAGMÎ KM iSla.

L au lendemain de rainointirissemeot et de la r i de ceux de la Hollande et de Ja France, feront de la • Grande-Bretagne la première puissance coloniale du ' monde, fonderont définitivement « la plus Grande- Bretagne )i {Greaier Brilain). C'est ainsi qu'il était réservé à une puissance tard venue dans le mouvement d'expansion de l'Europe par delà les mers de prendre l'avantage sur ses rivales et de laisser bien loin derrière elle des nations entrées les premières dans la carrière de la colonisation et longtemps maîtresses de continents entiers.

Le royaume des Pays-Bas, qui réunissait sous une même autorité, sans aucun souci des vœux des peuplés, les populations belges et hollandaises, était la réalisation d'une combinaison chère h la diplomatie anglaise. Il opposait une barrière à la France au nord et fa tenait éloignée des bouches de l'Escaut.

L'Allemagne avaiiétc bouleversée par Napoléon : chaque année des remaniements territoriaux avaient détruit plus profondément l'ancienne organisation du Sainl-Kmpire. L'Acte de Vienne ne la fil point renaître avec ses mille principautés, car la « Confédération germanique » qui fut son œuvre ne se composa que de 39 Etats souverains. Cette n Confédération » était un progrès incontestable dans le sens de l'essai d'un gouvernement commun; une Diète fédérale, placée sous la présidence de l'Aaj

lii! i,'EXPANSIO\ DE LA t'IUiSCE.

triche et la vice-présidence de la Prusse, se lrau\ait investie de la gestion de toutes les afTiiii'es tant iatérieures qu'intematioDales. L'Allemagne ne perdait pas cependant le caractère r|ue lui avait imposé le ti'ailé de Westphalio : elle restait la région la plus morcelée du continent avec une conslilution imparfaite; en outre, deux de ses Etals, rAutriche et la Prusse, se disputaient le premier rang dans la Confédération. Toutefois la France ne pouvait plus tirer avantage comme jadis de ce manque d'unité : il était désormais formellement défendu aux États de s'engager dans des alliances étrangères et, d'ailleurs, les campagnes et le système oppressif do Napoléon avaient éveillé l'Âme du peuple allemand, achevant ainsi l'œuvre commencée par les philosophes et Frédéric 11. L'Allemagne tout entière était désormais notre ennemie. Les temps étaient loin où Ton pouvait songer A Paris à couvrir notre frontière de l'est en formant une « Ligne du Rhin » ou en eiitretenant des relations amicales avec quelquesuns des princes rhénans. La situation se trouvait môme renversée, car la Prusse, tant mutilée par Napoléon, nous menaçait de ses possessions du Rhin, et Luxembourg, Maycnce, Landau déclarées forteresses de la Confédération germanique, devaient nous tenir en respect,

L'Italie, comme l'Allemagne, restait divisée ; mais

^^^^F^^rm

LA FRANCE E\ 18[:i, 123

le non] de la Péninsule était partagé enlre deux souverains Runeiiiis de notre pays, l'empereur d'Autriche et le roi de Sardaigne rentr(5 en possession de la Savoie.

Enfin dans le nord, la Russie a fait des progrès considérables : l'alliance d'Alexandre avec Napoléon à Tilsitt a permis au czar d'enlever la Finlande aux Suédois, la Bessarabie, la rive gauche du Prulh et une des bouches du Dnnube aux Turcs, puis le Congres de Vienne lui a donné, avec la couronne, l'administration du royaume de Pologne.

Il est facile de résumer en quekjues lignes riiisluire , de l'expansion de noire pays de 1515 à ^8^o. Lors- ' qu'au XVI' siècle et pendant une partie du xvn", I la France, puissance continentale, combat en Eu- I ropc pour la défense du « système d'équilibre » et l'acquisition des provinces qui doivent ci naturellement » lui appartenir, elle triomphe de rAulriche el de l'Espagne {traités de Weslphalie, des Pyrénées et de Nimègue). Lorsque dans le même temps elle cherche, puissance maritime, à développer ses relations commerciales avec l'Orient et à fonder des colonies, elle réussit dans toutes ses entreprises et jette les bases d'un magnifique Empire (Capitulations, politique coloniale de Richelieu et de Col-

PSAHi l

124 L-EXi>ASSiON RE LA rit\NCE.

berl). Quand, à la fm du xvii° siècle et la majeure partie du xviii", la Fraoce, perdant le seutimenl de ses véritables intérêts, fait en Europe des K guerres impolitiques » tandis qu'une puissance qui est sa rivale sur l'Océan profite de ses fautes pour attaquer ses colonies, elle ne peut se défendre sur terre cl sur mer et doit abandonner son Empire colonial (traité de Paris). La guerre d'Amérique qui termine cette période montre, toutefois, que notre pays, libre du côté du contment, devient sur l'Océan un adversaire redoutable pour TAnglelerre. Plus tard les guerres de la République et les premières guerres de l'Empire témoignent de la persévérance des efforfs que notre pays peut déployer pour résister à l'Europe, pour la vaincre, pour conquérir ses frontières naturelles. Mais bientôt après, les dernières guerres de Napoléon sont l'exemple le plus saisissant des fautes qu'une puissance continentale peut se laisser entraîner à commettre lorsqu'elle francliit les limites que lui a tracées la nature.

Ces fnutes, la France en subit aujourd'hui encore les conséquences : la Belgique et les provinces rhénanes perdues en 1814, l'Alsace et la Lorraine enlevées en 1871, l'Empire allemand fondé au centre de l'Europe.

Politique continentale et politique coloniale de 1815 à 1890.

telèvement de la France en Europe. — Fondation d'un se- >nd Empire colonial. — La France el l'Angleterre depuis

indépendance de la Grèce, — CousUlution du royaume de

Belgique.

/ La question d'Orient en 1839.

Conquête de l'Algérie. — Acquisifions en Alnijue el en Océanie, — Étal de nos colouies et leur régime économique en 1842. — Relations de Marseille avec l'Orient.

Règne de Napoléon lU.

Guerre de Crimée. — Guerre d'Italie. — Guerre de Syrie, — Guerre du Mexique.

Succès de la Prusse en Allemagne, — Guerre de Prusse. — Traité de Francfort. — Constitution de l'Empire d'Allemagne sur notre frontière de l'esl. — De 161S h 1871.

La ïtépuLlique,

La politique de « recueillemeul. » — Le Congrès de Berlin,

Expansion coloniale sous le second Empire.

L'Algérie. — Les eipéditioiis de Chine. — Conquête de la Cocli in chine. — La France el l'Anpleterre en extrême Orient. — Le SénégaL — État de nos colonies en 1869.

L'œuvie coloniale de la Répuliiique.

Espédilion de Tunisie. — Expédition du Tonl;in. — Fondalion do l'Empire indo-cliinois. — Progrès de la France

(34 VtXPAJnW% DE U PRA5CE.

«d Afriiuo t !KJi»S^t, Gabon, Congo, IkuUgascBr. — La

riiiiiv«l KiriiJtre mkiuial fraorjiis.

1Kf5-lN81f, quatrième période de noire histoire. Son l'iliidi! (iDRcignc une fuiii encore, après celle des |)t'M'îodes précédeate», la vilalilé de oolre pays, la jiliim ([iii! la nature vi son génie lui ont assurée ilniift II! monde, Kn 181"), la France est vnincue, liiirnitiéc, l'œuvre ilu Congrès de Vienne a été dil'i^i'ii cotilre elle, l'ICuropc csl ennemie. Cependant iliiiiit tim cl[ii|iianle-cini| niinécs qui suivent les idées (le liliorliï a{i])orléi<« pur lu Révolution pénètrent cImi/ liius loH poupleN, nos armées combattent pour (issut'iT ^ la Grèce et h l'Italie leur indépendance, iiiiN rrimtières iiont portées aux pieds des Alpes, l'Ai le de ViiMino ircxisie plus ni en droit ni en fait, l't, par deli\ les mers, nous avons fondé un nouvel l'iiiijiiri' colouiiil dont lus |klus riclics provinces sont Kiliiét's sur la cûte africaine de la Méditerranée. Attjoiird'luii même, liicn que ta Kraitt^ suulTra d'une criiolle blessure, dont le souvenir u'v^t |MÙnt effiicé, oUc csl toujours une des grandies (missaucrs dp l'Kuropo et taudis qu'elle se <. tx^cuetll* « sur le cAUlinent. elle |Ktur$uit avec suc\S>s ïa Mrrîèftf cvUminle, tibêissaut ainsi aQ\ ilt^tinêo$ qui lui fual |»r\>mis*$ |»ar s» situation ^yraphique.

t-à) nt^iiiv' leiH|<is que nous vovtius uotrf [Mt\$ ^w^^l«^ri^ a« ï,a* siwie un iwu^ri EinfÀiv «Jvwùil.

LA FRAÎiCE ET I. ANGLETERRE.

iparaot ainsi en partie les perles éprouvées au fm° siècle en Amérique et dans riuile,' nous constatons que les relations de la France et de l'Angleterre se sont très sensiblement modifiées. La seconde [uerre <lc Cent Ans a pris iin, aucun conflit armé a divisé les deux pays depuis 1815. C'est qu'un siècle de guerres sanglantes a démontré qu'aucune des deux puissances n'était assez forte pour exterminer su rivale, c'est aussi que les progrès prodi- ;ieux de leur commerce, de leur industrie et de lur marine leur ont fait comprendre que puisqu'elles laient incapables de s'éloulTer mutuellement, le icilleur parti était de vivre en bon accord et en lonne intelligence. Elles se sont même aperçu que ur plusieurs points du monde elles avaient des atérêls communs, et ce sont des armées anglo-franlaises qui ont fait les expéditions de Crimée et do lliine. Un regrettable défaut d'enlenle lors des fifaires d'Egypte en 1881-1882 a mallieureusenient ifroidi les relations jusqu'alors cordiales entre les iabinetsde Paris et de Londres. C'est surtout depuis îette époque que les sujets de rivalité toujours esîsnts entre les deux peuple ont reparus : l'Angleterre, ji, parce qu'elle voudrait jouir d'un complet mono- )le, n'a jamais vu avec satisfaction notre expansion ioloniale, a laissé percer sa mauvaise huniiïur à Toc- Casion de nos expéditions en Indo-Cbine et à Mad;i-

128 L'EXPANSION DE L.\ FaANCE.

giiscap. Mais aujourd'hui les guerres éclatent moins facilemcat qu'aux siècles précédents parce i[ae les peuples comptent davantage, que les guerres sont plus meiirlrièrcs, les désastres et les ruines plus effrayants, — et l'on peut ajouter qu'aucune Itiito ne serait plus terrible pour le monde qu'une guerre entre la Franco et l'Anglelerre.

La politique de réaction suivie à l'intérieur par les ministres de Louis XVIII (1813-1824) a son contre-coup à l'étranger dans l'expédition d'Espagne.

Charles X (1824-1830) poursuit, en l'acceatuant même, la politique intérieure de son frère, mais deux expéditions glorieuses sont faites sous son règne : la première entreprise de concert avec l'Angleterre et la Russie assure l'indépendance de la Grèce (bataille de Navarin, 1827; première manifestation de la (' politique des nationalités »), lu seconde dirigée par la France seule contre le dey d'Alger aboutità la prise de cette ville (1830). Ainsi, quinze ans après ses désastres, notre pays se sentait assez fort pour agir '.

I L'Angleterre, entrevoyant que la France pourrait Tonder dans le nord de l'Afrique une puissante colonie, lit présenter des observations à notre lulniiilce des atTaires étrangères. Le prince de l'oli^nac répondit avec ferjneté aux iiolfs an-

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