LE CANAL DE EUEZ. IH
I proportions d'un empire, nos ingénieurs, réalifdnt une œuvre depuis longtemps conçue, perçaient tislhme de Suez (1869). C'était h la France, dont les ■Bgocianls avaient longtemps tenu le premier rang pD Asie Mineure et en Egypte, que revenait l'Iionnour d'ouvi'ir cette voie plus courte au commerce dos Indes. Marseille, comme tous les ports de la Méditerranée, d'ailleurs, allait y trouver un accroissement considérable de trafic. Aucune nation Iolitefois ne devait plus gagner à l'ouverture du canal de Suez que l'Angleterre : elle possédait depuis un siècle l'empire de l'Inde, immense marché de 230 millions d'individus ' et déjii son commerce avec la Chine, autre grand marché dont la population atteint 400 millions d'hommes, avait pris depuis une dizaine d'années une grande importance. La France était loin de jouir d'une situation aussi favorable ; elle n'avait alors en estrême Orient que la Oocliincliine et son commerce avec la Chine était sensiblement moindre que celui de l'Angleterre.
Les deux nations, toujours rivales sur les mers lans la pais aussi bien que dans la guerre, avaient
* \ la suite de la grande révolte dea cipayes de 1837 un
I Parlement avait supprimé la compagnie des Indes et
iné & la couronne l'admluislralion directe de la péninsnle
IGÛ L'EXPANSION DE LA FHANCE.
l'uDe et l'autre songé k s'élublir sur la roule nouvelle avant même qu'elle fût ouverte. Mais, alors que la Graudc-Bretagac, déjà maîtresse de Gibraltar et de Malte dans la Méditerranée, s'emparait avec beaucoup d'Iiabileté d'Aden et de Perim (1839-1837), clefs du détroit do Bab-el-Mundeb, la Frauce se bornait à prendre possession du territoire d'Obock (1862) '.
L'action colonisatrice de la France durant le second Empire ne s'exerce pas seulement en Algérie et en extrême Orient : au Sénégal une n politique d'expansion » est inaugurée par le colonel Faidliorbe, qui a pour conséquence d'étendre notre aulorité, au grand avantage de notre commerce, sur les deux rives du fleuve et dans l'intérieur jusqu'à Médine (défaite du proplièle EMIadj-Omar, 18o7), puis sur la côte, au sud, dans les vallées de la Cazamance, du rîo Nunez ot du rio Pongo; dans le golfe de Bénin le protectorat français est établi
' Dès 1839 un officier fraoçais envoyé en mission dans la. mer Houye pour rechercher et acquénr un terriloire où il fûtpossible de fonder un êlatilisaement, avait obtenu du roi d'Abyssinie, par traité régulier, la cession de la baie d'Adulîs et de rile Dissee. Mais ce traité ne fut pas ralillû par le gouveriiemenl français. — D'autre part l'Angleterre s'était assuré, depuis longtemps déjà, sur la route de la tner de Chine une position stratégique qui devait devenir, en même temps, un grand enlrepùl commercial : Singapoure dans le détroit de Mnlacca(IS10].