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NOS COLONIES EN 1869. ICI

6ur le royaume de Porto-Novo où des négociants

larseillais possédaient des comptoirs {1863); on Océaoie, enfin, la Nouvelle-Calédonie est occupée (1854). D'abord on installe dans celte îIg, saine et bien située, quelques familles de colons, mais bientôt on y Iransporle les individus condamnés aux travaux forcés (1864), et l'inlroduciioa de cet élément pénal a malheureusement pour conséquence d'entraver le développement de la colonisation libre.

A la lin de l'Empire nos colonies sont en voie de progrès. Le commerce total de la Martinique, de la Guadeloupe, de la Réunion (ancienne Bourbon), de la Guyane, du Sénégal, de Saint- Pierrc-Mitiuelon et des Etablissements de l'Inde s'élève eu 1869' a 212 809 000 francs sur lesquels

> SEalisLiiiue de I8G9 :

Harliiiiigue ; population IS'2 000 hnbilBiUs; — commerce total 62 979 000 francs, sur lesquels ; exportations de la colonie en France 28 1*4 000 francs, importations de la Frauee dans la colonie 14 239 000 Tratics.

Guiideloupe : population 128 000 habitants; — commerce total 46 036 000 francs, sur lesquels : exportations de la co- ,îouiQ en France 23 Sli 000 francs, importations de la France dans la colonie 1 1 443 000 francs.

Rûunion : populalion 211000 habitants; — commerce total43 97j 000 francs, surlesquels;imporlationsde la France

I 8i0 000 francs, imporlaliûns de la France dans la colonie

995000 francs.

Guyane : population 17 70O habitants; — commerce total )0 708000 flancs sur lesquels : esportalions de la colonw cw

iS2 979 000 francs représentent le mouvement des affaires entre la métropole et ses colonies. Ces chiffres sont supérieurs, ainsi qu'il doit cire d'ailleurs, à ceux de 1842. D'autre part, deux grands faits se sont produits depuis vingt-sept ans, qui ont profondément modifié le régime économique de nos établissements d'outre-mcr : l'abolition de l'esclavage en 1848, puis l'abolition du « pacte colonial » et l'octroi en 1S61 et 1866 de la liberté dn commerce '.

L'œuvre coloniale du gouvernement actuel est beaucoup plus considérable que celle du précédent. Dans ces di\ dernières années la République a sue- France 2 310 000 francs, importations de la France dans la colonie 5 886 000 francs.

Sénégal : population 168 000 habitants ; — commerce total 35 3i4 000 francs, sur lesquels : exportallons de !a colonie en France 12 S81 000 fiancs, importations de la France dans la colonie 7 aSSOOO francs,

Saiat-Pierre Miqnelon : population sédenlaire 3 176 habitunls ; — commerce total 17 808 000 francs, sur lesquels: exportations de la colonie en France 4 554 000 francs, importations de la France dans la colonie 3 202 000.

Élablissemenls de l'Inde r population Sfil 449 babilanls ; — commerce total 24 879000 francs, sur lesquels i exportations de la colonie en France 11 279 000 francs, imporlotions de la France dans la colonie 13'i8O0O francs.

' Voie plus loin, page 234 et suivantes, ce qui est dit du récinie douanier actuel de nos colonies.

LE PROTECTORAT EN TlNrSIË. 1G3

ccssivement placé sous le prolcctnrat ou dans la :re d'influence delà France, la Tunisie, l'Annatn Bl le Tonkin, des (erriloircs très étendus appartenant à la région du Niger et h celle du Congo, la jgraadc île de Madagascar.

La Tunisie est une dépendance naturelle de l'Algérie ou mieux son prolongement au triple point vue géographique, ctlinographiquc et politique. Celte riche province était on quelque soi'le promise à nos colons ; son acquisition devait compléter l'étal)lisscment de la France dans l'Afrique du Nord. L'annexion de la Tunisie par une autre puissance européenne aurait, d'ailleurs, constitué une menace |iour DOS provinces algériennes en même temps qu'elle aurait exposé nos flottes au danger de se toir fermer la route de l'extrême Orient. Si l'Italie ui possède la Sicile s'était fixée à Carthage elle uraît dominé sur les deux rives de ce canal do licile dont Malle garde déjà une entrée, mais dont 'autre entrée ainsi que tout le parcours lui aurait appartenu. Ses cuirassés, manœuvrant en croisière entre la Tunisie et la Sicile, auraient pu fermer le iïn de la Méditerranée orientale cl la roule de Suez aux flottes sorties de Toulon. La nécessité de protéger la province de Constantine contre les incursions de bandes tunisiennes fut le prétexte en 1881 de l'occupalion de la Régence par les troupes fran-

çaises (Iraité de Kasr-Suïd; boinljardement de Srax),' Deus ans plus tai'd, la convenlion de la Marsa complétont lo traité de Kasr-Suïd précisait la situation de fait créée par notre intervention : la Tunisie était placée sous notre k protectorat », le bey s'engageait u a procéder aux réformes administratives, judiciaires et financières que le gouvernement français jugera utiles ».

L'cspcditioo du Tonliin, plus longue et plus coûteuse que la précédente, est une conséquence, de l'établissement de la France à l'embouctiure du Mékong '. Deux raisons sollicitaient nos colons et le gouvernement à s'établir dans la vallée du Song- Koï : la fertilité de celle immense région beaucoup plus favorisée, quant à la variété de ses productions, C[uc la Cochinchine, puis sa situation même qui en fait la route commerciale la plus pratique pour pénétrer dans le Yun-nan et les autres provinces méridionales de la Chine.

Les Anglais, maîtres de l'Inde, cherchaient depuis longtemps dans la vallée de l'irraouady une route

' CoUe 11 Donsëijueiice i>, cerLaine, n'esl cependant pas la seule 11 raison ■■ de l'expédilion du Tonkin. Il esl, en effel, permis de penser que les ministres qui ont décidé d'engager notre action dana la vallée du Fleuve Ilouge ont voulu permettre à la France de u prendre sa revaiiclie » de l'échec très réel qu'elle venait dVprouver en Ëgyple au leademain de la bataille de Tel-el-Kébir. (Voir plus loin au cbapilre VIT.)

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