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LA COLONISATION DE L'ALGERIE

L'Algérie, bien qu'elle soit habitée aujourJ'liui ^Bar une population européenne importante, fixée lans esprit de retour, n'offre point comme l'Ausitralie, par exemple, les traits essentiels d'uoe colode peuplement. Elle tient, à la fois, de la colonie de peuplement, parce que les Européens peuvcul s'y acclimater et y travailler, et de la colonie d'exploitation parce qu'une population indigène nombreuse, dont la présence impose une limite à l'expansion des colons, y est établie. C'est ainsi que la France s'est trouvée dès le premiei' jour, sur les cotes africaines de la Méditerranée, en présence de deux difficultés que l'Angleterre n'avait pas rencontrées dans l'océan Pacifique : d'abord une population de plus de 2 millions d'Arabes et de Berbères, maîtresse du sol, jalouse de sonindépendauce, fanatisée par sa religion, puis, comme conséquence, l'obligation de conquérir chaque parcelle de cette terre possédée, de tailler sa part au colon, de le défendre contre les retours des anciens propriétaires.

L'histoire de l'Algérie est pendant vingt-sept années pleine d'expéditions, de combats, et de batailles. Cet état de guerre ne pouvait hâter les débuts de la colonisation. La conquête achevée, la population vaincue est restée sur le sol. En Australie des espaces iiiimeases s'ouvraient awk

ia2 L'EXPANSION DE LA FRANCE.

émi^^rants, la terre était à eux, et, la maio-d'œuvre indigène faisant défaut, chaque nouveau venu était assuré de trouver du travail et de gagner, avec ses bras, l'existence de sa famille; en Algérie, au contraire, le champ du colon était limité par le voisinage de celui de l'indigène, et ce dernier s'oETrunt pour exécuter à bas prix certains travaux do culture, il n'y avait pas de place pour les ouvriers agricoles, les valets de ferme, ce que Ion pourrait appeler n le prolétariat agricole ».

Lorsque l'on songe à ces profondes différences existant entre deux colonies qui sont quelquefois comparées bien inexactement l'une â l'autre, lorsque l'on envisage les difflcultés spéciales que la France a rencontrées en Afrique, on n'hésite point, en présence des résultats aujourd'hui constatés, a reconnaître que l'œuvre entreprise en Algérie mérite d'être louée.

L'ancienne Régence d'Alger, qui en 1830 n'était qu'un repaire de pirates, possède une population de 425 000 Européens sur lesquels 220 000 Français: un million d'individus y parlent notre langue, ou, au moins, peuvent s'en servir; ses ports entretiennent avec les différents pays un mouvement total d'affaires de près de SCO millions, dont 380 avec la

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métropole '. Dans la région du Tell et dans quelques parties des llauts-PlaLeaux et du Sahara l'Algérie est préservée de la sécheresse et cultivée par les colons (vignes, céréales, orangers, oliviers, palmiers) ; la superficie totale des propriétés rurales possédées par les Européens mesure liOOOOO hectares; la culture de la vigne est pour eus depuis dix ans une source de grands profits *; l'exporta-

' ClLiETres exlraits du Tablsuu général du oommerce de la France pour i889:

Exportations de l'Algérie :

En France 201 Oi7 o39 fr.

A l'Étranger 38134343

240 103 002 Importations en Algérie :

Marchandises françaisea. .. 1T86G29U Marchandises élrangèi-ea. . G8 049 275

Total général 486818091 fr.

Ce chiffre est le plus baut qu'ait atteint jusqu'ici le commerce de l'Algérie.

Principales exportations de l'Algérie : vins, hestiaui, céréales, laines, alfas, huiles, fruits, lièges, eaux-de-vie, tabac... Principales importations de l'Algérie : tissus de coton et de lame, ouvrages en peau ou en cuir, outils et ouvrayes en métaux, vêtements, cafés, vins, sucres, fontes, fers, aciers,,.. Après la France les pays qui entretiennent avec l'Algérie le plus grand commerce sont l'Angleterre, l'Espagne, l'Ualie et la Tunisie. — Les statistiques douaniâres ne Ibnl pas ressortir dans les chiffres ci-dessus la part du commerce de l'Algérie avec les colonies françaises [sauf la Tunisie) ou les réexportations, Cette part doit être peu importante.

' Hectares plantés en vignes ii la &a 4ft 'i%%'i ■. VWi'ia'v. —

[ i84 L'EXI'ANSION DE LA FIIANCE.

I lion des besUaux el des céréales atleiol des chiffres [ considérables ; des forêts el des mines sont exploi- I tées ; des roules el des chemins de fer relient entre I eux les centres principaux; la population indigène , travaille et augmente ; le rendement des impôts [ arabes ne cesse de croître.

Ces chiffres et ces faits méritcut d'être cités; ils répondent aux attaques injustes, ils donnent foi en l'avenir. Ce n'est point à dire assurément que tout t fait. L'élément français est aujourd'hui trop faible vis-i-vis de l'élément étranger; les richesses de la terre africaine, ses ressources, la variété de ses I cultures ne sont pas assez connues dans notre pays; l'émigration des hommes et celle des capitaux ne sont point suffisamment actives ; la constitution de la propriété individuelle parmi les indigènes est loin d'être achevée ; de grands travaux publics sont encore nécessaires; la » question indigène », c'est-à- , dire la « conquête morale » des vaincus qui doit suivre et affermir la « conquête militaire », est loin d'être résolue... Mais il importe de ne point oublier que la colonie est âgée de soixante ans à peine. C'est la lâche des administrateurs actuels et de ceux qui les remplaceront de résoudre les problèmes posés, c'est

Hêcolte 2 57SU00 hectolitres de vin. — La récolte de 18S9 a l préaeulé sur celle de tS88 uue diminulion de 183 OOO hecloli- I ires imputable au siroco el h ta sécheresse.

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