I.A COLONISATION EN TUNISIE
^ aussi l'affaire àa temps. On a dit avec beaucoup de raison que si vingt k viugt-cinq années sont néceslaires pour le développement physique et intellectuel d'un homme, ce n'est pas trop d'accorder un siècle à une nation qui s'étaLlît dans un pays nouveau, à travers mille difficultés, puis s'impose la lAche de transformer des régions barbares et incultes en une colonie riche et ûorissanlc.
La marche de la colonisation en Algérie, les progrès qui, chaque an née, y sont constatés, permettent de prévoir ce qui adviendra de la Tunisie, — l'ancien H grenier de Rome », — annexe naturelle de notre colonie aTricalne. Les résultats obtenus depuis rétablissement de notre protectorat dans la Régence de Tunis en 1881 sont déjfi un premier gage desuccès : la soumission du pays ayant été assurée presque sans combat à la différence de ce qui s'est produit en Algérie, les colons français ont pu s'établir en toute sécurité des le lendemain du traité de Kasr Saïd ; leur nombre est encore peu considérable ', mais ils ont apporté des capitaux, acheté des terres, planté des vignes. Bien qu'ils mettent, comme les colons algériens, leurs premières espérances dans la
' On évalue le uombie des Français établis en Tunisie i 6 000, celui des Italiens à 15 000, et des IHatlais à 10 000. Mais presque lous les capitaux sont dans les mains Je nos compalrioles, presque lous les domiùneï \eiiï ii:
: culture du cep, ils ne négligent pas les aulres rîf chesses de la terre tunisienne : oliviers, céréales, bois, palmiers. Ils possèdent aujourd'hui — la part des étrangers est minime dans ces chiffres — près de 400 000 hectares' représenlant, pourle fond et les plantations faites, environ aO millions de débours; 4 000 hectares sont plantés en vignes et la récolte de 1890 a produit entre 65 et 70,000 hectolitres de vin. Le commerce de la Régence qui était annuellement, avant l'occupation, d'environ 22à 24 millions de francs, s'est élevé dans l'année 1888-1889 à près de SO millions'. Ce sont là des résultais de début satisfaisants. L'avenir cependant promet mieux cn-
' A la vérité les 120 000 hectares du magnillque dom&înê àe l'EiiOda sont compris dans ce cbifTre, maia ce domsine appartient à une Société française qui le met peu à peu en valeur el qui allolit une parlie de ses terrains pour les vendre aux colons nouveaux venus.
^ Commerce de la Tunisie en 1888-1889 d'après le Journal o^del tunisien. — L'année tunisienne commence le 13 oclobre et finit le 12 octobre suivant :
Exporlalions Je la Tunisie :
En France 3 881 683 Tr. i
En Algérie 6 280 434 '
A l'étraufîer 7 942 780
18 104 906 fr.
Importations en Tunisie :
De France 16 73il 250 fr.
D'Aliîérie 833 703
De l'étranger I3S82B80
31 1S4930 Tolal général 49 238843 Ir.