‹ L'expansion de la FranceChapitre 43 sur 67 · K LE COMMERCE DE NOS COLONIES · texte numérisé non relu

K LE COMMERCE DE NOS COLONIES

^^^ui se livreront a»\ opérations d'escale eiilre Pa- H^naina et Sydney.

^f Si, au point où nous sommes parvenus, nous voulons juger l'importance du commerce total de tous nos établissements d'ontre-mer, i! suffît d'additionner les chiffres qui viennent d'être donnés. Le total obtenu s'élève à 1 milliard (exactement ;998 929 247 fr.) représentant le mouvement général ■des exportations etdes importations de l'ensemble de nos colonies et protectorats'. Dans ce chiffre global la part du commerce entre la France et ses colonies rne cesse pas d'être importante puisqu'elle représente ■un total de près de 600 millions {HS'S 763 102 francs). Quant au commerce entre nos colonies et l'é-

' L'insuffisance des statistiques administratives, leur pu- 'blicalion tardive font qu'il ne nous a pas été possible de ^ooner le commerce de toutes nos colonies et de nos protectorats pour une mSme année. Les cbilfres que nous avons cités se rapportent tanlût à 1887, tanlâl à 1888, tontôl à 1889. jÇe manque d'unité est assurément regrettable, ses inconvénients ne sont toutefois que médiocres. La raison eu est que, h moins de circonstances exceptionnelles que nous avons alors pris soiji d'indiquer, le mouvement d'alTaifes d'une colonie varie peu d'une année à l'autre; on n'observe qu'une différence, en plus ou en moins, très peu sensible relativement 4 l'impoi'lance du total général. Or ce qui importe, c'est de 'Savoir, non les exportations et les importalions par francs fil centimes, mais l'importance moyenne du commerce d'une colonie.

Iranger, il alteinl un chiffre beaucoup moindre : 363 millions de francs'.

Il convient ici de se rappeler, afin qu'aucun de

' Voici le développement île ces chiffres ; Eïportations des colonies eti France. 3M 324 iôO fr. Importa lions des marchatidises Tran-

çaises dans les colonies 272 438 912

Total .... "383163102 fr.

Eïportations des colonies à l'éLrnn-

ger 1 48 sag 709 fr.

Importations des marchandises

étrangères dans les colonies 21G02!)888

Tolal 364 839 597 fr.

Ces deux totaux, additionnés avec un troisième, — 14065 945 fr. chiffre du mouvement des affaires des colonies entre elles, — ne donnent pas le lolal général qne nous avons annoncé dans le texte de 998 929 34" francs; il s'en laul d'environ 36 millions.Cet écart est explicable ; il vient de ce que, s'il noua a toujours été possible de donner le chiffre tolal, au moins approximatif, du commerce d'une colonie, nous n'avons pu souvent eji revanche (notamment pour les établissements d'Afrique, golfe de Béni», Conyo, Madagascar) répartir ee total entre « esportalions " et « importations », <• marchandises françaises » et « marchandises étrangères ".Il fautdoDC iclure que les totaux donnt^s dans cetle note sont certaine* nt inférieurs a. la réalilé.

I n'est pas sans intérêt de rappeler ici merce de la France s'élève k 10 133 800000 francs don! 4 803 500 000 francs à l'exporlalion et 5 330 300 000 francs à mportalion (année 1889). — Ainsi, sur une exportation de près de 5 milliards, qui tombe à 3704 millionsde francs, au comrce spécial— " marchandises françaises n — elle vend près de 272 millions et demi de ses produits dans ses colonies, et, suc. ! importation totale (commerce général) de 5 330 millions' de fr., elle reçoit d'elles plus de 311 milliona.

^P UÉGIME DOUANIER DE L'ALGÉRIE. 2:io

ces chiffres ne paraisse médiocre, que notre Empire colonial esl jeune, que plusieurs de ses provinces, — et ce sont les plus importantes, — ont été acquises depuis quelques années à peine. La Tunisie, l'Annam, leTonkin, Madagascar, le Soudan et le Congo français sont annexés ou protégés depuis dix ans au plus; leurs ressources n'ont pu encore être mises en valeur, leurs richesses exploitées ; aussi peut-on dire qu'elles sont dans rcnfance et leur commerce â ses

iébuts.

Nos colonies consomment 272 millions et dem e produits français, et S16 millions de produit! étrangers.

Ces deux chiffres — ou mieux celle direction des échanges — témoigne d'nn changement radica dans la législation douanière de nos possessions. 1 convient de l'étudier : Le « pacte colonial » qui se maintenait encore, — hien qu'avec plusieurs excep' lions, — dans la première partie de ce siècle, esl déchiré; le régime de la « liberté commerciale » a été substitué au régime de « l'exclusif ». C'est une révolution. Elle s'est accomplie sous le second Empire. Depuis lors, et dans ces dernières années, certaines industries métropolitaines ayant protesté contre la liberté commerciale accordée à dos colonies,

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des tempéraments ont été apportés à cette liberté, des mesures restrictives ont été prises. Toutefois notre législation douanière coloniale demeure aujourd'hui dominée par ce principeque nos possessions d'outremer sont libres de commercer avec l'étranger, que leur commerce peut employer le pavillon national ou le pavillon étranger.

Si le principe est commun, la législation est loia d'ctfe uniforme.

L'Algérie, comme d'ailleurs toutes nos colonies acquises dans ces soixante dernières années, ne fut jamais soumise au '< pacte colonial n. UeuK lois de 1851 et de 1867 la dotèrent d'un régime très libéral qui favorisait les échanges à h fois avec la métropole et avec l'étranger. Ella est actuellement placée sous l'empire de ces deux lois mndifiéos par noe troisième en date du 29 décembre 1884 : Entre la métropole et sa colonie, entre la colonie et sa métropole, aucune barrière de douane ; les produits algériens sont exempls de toute taxe à leur entrée en France, les marchandises françaises importées en Algérie y pénètrent en franchise'. Quant aux

' Il faut loiiLefois noter que ai les marchandises françaises De sont soumises à aucune taxe douanière, elles doivent cependant acquitter!' n octroi de mer ".

On sait qu'à la différence du droit de douane, le droit d'octroi n'a aucun caraclère protectionniste; il est simplement fiscal. L'oRlfoi de mer s'applique donc saps dislinction

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