LA FRANCE EN EUROPE
lénagé de nombreux: abris, creusé plusieurs porls; js populations riveraines liabituùes à la mer, solicitées par le murmure des flots, seront braves sur sa navires, babiles au commerce, audacieuses dans i découverte et la colonisation des terres loinaines. Trois fleuves, la Seine, la Loire et la îaronne sont, en outre, des voies de tout temps uvertes au commerce, des roules d'une navigation acile qui assurent la circulaliou des produits des ives de l'Océan au centre de la France; h l'emloiichure de ces fleuves se fonderont de grands )orls où viendront s'échanger les marchandises de 'Amérique et de l'Afrique.
Sur la Méditerranée, du cap Cerbère à la lloya, los côles ont une étendue de 613 kilomètres. Six tents ans avant notre ère les Phocéens ont fondé Sur ces rivages, dans une heureuse situation, une Bolonie qui, depuis ces temps lointains, n'a cessé le se développer. Le Rhône et la Saône relient la 'îeille cité au bassin de la Seine et font de celte ville le lieu de passage, l'entrepôt naturel des produits le notre pays et de ceux du Levant.
Ainsi la France se trouve posséder nne situation narilime privilégiée : elle entretiendra ses esca- 1res à la fois sur l'Océan et la Méditerranée; ses lavires marchands, ses colons, pourront, en franihissant l'Océan, se rendre en Améri^^ueiiiïv. W.^xo^t.
et atix Indes, — par la route du Cap, à la suite des Portugais; — en mcme temps ils atleinclront en irayersant la Mêdilerranée l'Égyple, les Échelles, llonslantinople, et plus tard, dans la seconde partie le ce siècle, les Indes par le canal de Suez.
La Seine, la Siiâne et le Rhône, la Garonne et 'Aude sont des roules naturelles qui rendent fa- 'i\e le passage d'une mer à l'autre, plus facile même qu'il n'est h travers la péninsule Ibérique coupée de nombreuses sierras.
L'Angleterre, rejetêe â l'ouest de l'Europe entre la merdu iN'ord et l'Océan, l'Italie, enfermée dans le bassin de la Méditerranée, ne sont assurément pas lussi heureusement placées que la France pour leurs relations maritimes. « It semble, avait remarqué Bichelieu, que la nature ait voulu offrir l'empire de la mer à la France par l'avantageuse situation do ses deux côtes, également pourvues d'excellents Mi'ts, aux deux mers Océane et Méditerranée. »
Mais en même temps que notre pays est baigné tar deuit mers il tient au continent : Au midi la •arrière des Pyrénées sépare la France de l'Espafne ; ses deus portes, le versant nord de la Navarre :t le Roussillon, sont fermées depuis Henri IV et jOuisXlV; — au sud-est, la ligne des Alpes conquise l'abord paria Révolution est définitivement assurée lepuis 1860; — à Test, la Franclie-Comté qui s'étend
LA FRONTIÈftli; DU ni11>. 7
jusqn'au Jura est une acquisition Ju lialli! de Nimôguc; — enfin, à Test et au nord-est coule le Hhin, limite naturelle, mais nous no touchons plus à la rive ganche du Rhin, Cette rive n'a été d'ailleurs notre fronlière, de Bâle jusqu'à la mer, que durant quelques années entre 1797 et 1814, car l'ancienne monarcliic, si elle possédait l'Alsuce depuis le traiti' de Weslphaiie, n'avait jamais conquis les Pays Rhénans et la Belgique. Les alliés nous laissèrent l'Alsace en 1815, la Prusse nous l'a arrachée en 1871. Le Rhin est le point faible de celte frontière continentale; il n'est pas infranchissable, ce n'est pas « mur » comme la chaîne des Pyrénées ou celle des Alpes; tout au contraire : tandis que les labitants des deux versants opposés d'une montagne se tournent le dos, les populations établies Bur les rivesd'un fleuve se regardent, et « les fleuves jsont des chemins non seulement dans le sens de leur longueur, mais aussi dans le sens de leur largeur ' >i . C'est par le Rhin que les Barbares ont mvahi la Gaule; trois grands cours d'eau, la Moselle, la Meuse et THscaiil ouvrent à travers la 'rance des routes naturelles aux armées envahistantes; tes territoires de la rive gauche du Rhin,
' P. Foncit], la formation ierriloriale des principaux Ëtals Hvilisés. Revue lie géoyrajihie,jsiav[eT l887,Charles Delagrave, dileur, Paris.
les vallées île la Moselle et de lu Meuse forment une zone mixte où les races se sont rcncootrces, confondues, souvent, heurtées.
La constatation de ce Fait géographique qu'entre le fleuve et la vallée de la Seine aucun obstacle ne s'élève, que les Vosges et les Ardenncs ne forment pas une « harrière » ni même une frontière solide, amène à reconnaître que la France est une puissance continentale avant d'être une puissance maritime et coloniale. Si les flots de l'Océan et de la Méditerranée la sollicitent au commerce, à la colonisation, sa situation continentale ne lui permet pas, d'autre part, de se désintéresser des questions européennes. Elle a des intérôts vitaux au midi, au sud-est, à l'est, au nord-est, des frontières à conquérir et à garder; ouverte du côté du Rhin, il lui faut toujours craindre une attaque facile à ses voisins; enfin, elle doit avoir pour assurer son indépendance et sa liberté le constant souci du maintien d'un juste équilibre parmi les nations du continent.
La situation géograpliique qui vient d'être brièvement décrite a certainement apporté déjà dans l'esprit une vue plus nette des conditions dans lesquels s'est développée notre histoire.