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LES DESTINÉES DE LA FHANCE

L'Angleterre isolée par « h ceinture d'argent qui l'caloiire, n'appartenant à l'Europe qu'autant qu'il lui convient, peut, lorsque l'Irlande est vaincue, l'Ecosse réunie, employer toute son activité, toutes ses forces au commerce et h la colonisation. L'Allemagne, placée au centredu contiuent, ne louchant ni à l'Océan ni à la Méditerranée, dont les côtes, sur leur plus grande longueur, sont baignées par une mer septentrionale, est une contrée beaucoup plus continentale que maritime; elle doit vivre exclusivement en Europe et y soutenir pendant longtemps mille luttes à la fin desquelles elle trouvera, enlin, son unité. La France, au contraire, possédant les limites maritimes que nous Venonsde rappeler, ayant de bonne heure conscience des frontières continentales qu'elle doit prétendre, ■une, d'ailleurs, sous la main de son roi, doit agir, se développer naliireltement, fatalement même sur deux théâtres : sur les mers et sur le continent. On peut prétendre, sans aucun doute, en s'abandonnant aux hypothèses, que si tel fait ne s'était pas produit, si telle guerre n'avait pas été déclarée, lu France n'aurait pas éprouvé tel échec, perdu telle colonie ou telle province. Mais la libre puissance d'action des individus et des peuples est limitée par la volonté supérieure de la nature qui a écrit sur la carie du monde les aptitudes d«.?,

habitants et les destinées des régions : or, il n'cflt pas possible de concevoir la France, puissance maritime, sans flottes ou sans colonies, la France, puissance continentale, sans armées, étrangère aux lutles entre les nations européennes.

Dès la seconde moitié du xiv" siècle les Dicppois et les Rouennais visitent la côte occidentale d'Afrique ; au xv" siècle Jean Cousin parcourt l'Atlantique; dans les premières années du xvi° siècle Paulmier de Gonneville et Denis de llonfleur touchent au Brésil, puis après eux Jacques Cartier entre dans le Saint-Laurent. Les voies sont désormais ouvertes : nos armateurs et nos émigrants des côtes de l'Océan abordent dans l'Amérique du Nord el aux Antilles, Toadenldes établissements, les développent, les rendent prospères; au xvii° siècle et dans la première moitié du xvni' ils doublent le cap de Bonne-Espérance, débarquent à Madagascar, à Bourbon, à l'Ile de France et aux Iodes où ils jettent les bases d'un empire. D'un autre côté, les Marseillais commercent avec toutes les contrées du bassin de la Méditerranée : jusque dans les premières années du xvi" siècle, — époque de la conquête du Magreb par les frères Barberousse, — ils ont avec celle région important mouvement d'affaires; contrariés alors par les Turcs de l'Afrique du Nord ils portent QU XVI", au xvii° et au xviii" siècle leur activité com-

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