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nés dans le pays, bien que nos nationaux, et plus encore leurs enTants adoptent les intérêts etlesscn-
Ptiments de leur nouvelle patrie, bien que souvent même ils oublient leur langue maternelle ', les Argentins qui ont dans les veines du sang français forment un « groupe français » qui aime toujours le pays d'origine, ne cesse pas de s'intéresser à ses ^affaires. Ce « groupe » fait pénétrer partout les gdées, les usages, les modes, leslivrcsde France, On encontre des Français et des (ils de Français parmi bs savants, les professeurs, les ingénieurs, les médepins, les administrateurs, les agriculteurs, leslndus- Iriels. C'est pinit-ôtre dans la création des industries qui ont pour objet de transformer les produits de l'agriculture que le « groupe français » a surtout fait sentir son action. Les minoteries, les amidonneries, les fabriques d'huiles et de produits alimentaires ont été ijour la plupart fondées par nos compatriotes ; ils ont engagé dans cette affaire des capitaux très importants ^ Ëa même temps l'influence
' Ce rail n'est point contesté; od en Iroiive d'ailleurs lu conDrmalion dans le relevé suiïaal des journaux publiés en 18Sd & Buenos-Ayres : Sur lOG Jouruaux ou publicalions, 86 étaient rédigés en espagnol, 7 eu italien, 3 en français, 4 et) anglais et 4 en allemand.
' Les capitaux français ne se soûl pas seulement portés
pour une somme considérable, qui est peul-âtre d'une cen-
,. laine de millions, dans les affaives industrielles et cominer-
K^ales. Ils ont aussi répondu, et pour une large part, aux
du 1' groupe français » a beaucoup contribué à la naissance et au dévcloppemeni entre la France et la République Argentine d'un mouvement commerciol considérable. La Plala occupe aujourd'hui la huitième place parmi nos acheteurs et la sixième parmi nos vendeurs '.
Les importations françaises, à Buenos-Ayres, — boissons, tabletterie, bimbeloterie, fils, tissus, lingeries, substances alimentaires, etc. , — progressent chaque année. En dix ans — 1879-1889 — elles ont plus que doublé, s'élevant de 73 millions à
appels adressés au public européen par l'Élal Argentin, les provinces el les banques, les ctiemins de fer. Ou pi?uL év&luer • de ce cliefles placemenls français â environ 400 ou âOO millioDS.
Il convient d'ajouter que la crise commerciale et monËtaii>e^ qui a Éclaté il y a quelques mois eu Argentine peut inquiéteï k bon droit les porteurs de fonds de ce pays. Tous les coupODB ont été jusqu'ici payés, mais l'avenir ne paraît [ jissuré (décembre 1B90).
" Exporlalions de la France en J&89, commerce spéct^ t. Aaglelerre 999 496000 francs; —Belgique H70703 000 fraDcs;: — Allemagne 341876000 francs; — États-Unis 273483Ô0Ç francs; — Suisse 330484000 francs; — Espagne d9i5370(»' francs; — Algérie 178 662000 francs; — République Argent tins 169698000 francs; -Italie 143781000 francs.
Importations en France en 1SS9, commerce spécial : Aa gleterre 538301000 francs; ^Belgique 47i 802000 francs ;■•» EspaF!ne 3o9 350000 francs ; — Allemagne 338 444000 fran^ ~- États-Unis 306797000 francs; — République Argen^ 218669000 francs; — Algérie 200360 000 francs; — 11^ J336O3O0O francs; —Suisse 101467 000 francs. ''■•
Talileau oént'ra! da commerce de tu France pour l'annie 1880
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169 698000 fraacs. La France figure sur les statisf icjues argenliues au secoad rang, le premier étaot tenu par l'Angleterre, le troisième par l'Allemagne, le quatrième par les États-Unis.
Ces faits et ces cLiffres témoignent du grand profit à la fois moral et matériel que la France retire de sa « colonie libre » de l'Amérique du Sud. Elle a dans ce riche pays un marché étendu qu'elle doit s'appliquer à conserver malgré la double concurrence des importateurs étrangers et des producteurs locaux '.
' Il y a sept à liuit ans environ, les négociants français établis en nombre dans quelques-unes des principales villes de l'élranyer et notamment dans les pays où. notre commerce est dans une bonne situation, out eu la pensée de se réunir pour fonder des « Chambres de commerce ». Ces « Cliambrea de commerce françaises à l'élranger » se sont donné pour principale misaîon de reasei^mei' le gouvernemeiil, les Chambres de commerce et les négociaDts de la métropole sur loules tes questions relatives au développemeul de l'importation des article s français dans le pays où elles sont établies, à la coQcutTence étrangère, aux moyens de ta combattre el de développer les relations avec la France.
Une Chambre de commerce française fondée dans ces vues fonctionne à lîuetios-Ayres.
Si la République Argentine est la première des « colonn" libres» de ta France dans l'Ami^rique du Sud, elle n'est poinL la seule. Nos compatriotes se portent, en effet, volonliera dans ces régions, comme dans l'Amérique cenlrale et les Antilles. C'est ainsi que dos consuls invités, il y a quelques années, à dénombrer leurs nationaux ont recensé : 14000 Français dans l'Uruguay (ce pays reçoit environ 900 à 1000
28R 1,'EXPAiNSION DE LA Ffl\NGE.
Les immenses régions de l'Amérique du Nord qi forment aujourd'hui la Confédération des Etat! Unis ont été, du xvi" au xviii" siècle, attaquées i deux côtés dilTérenls pai- la colonisation Française, An nord-est noEre colonie du Canada, dépassaftl les limites actuelles de ce pays, s'étendait sur le( rives méridionales des grands lacs et descendait 1 vallée del'Oliio; au sud notre possession de la Loui siune ouvrait h. nos compatriotes la vallée enlïèl du Mississipi, de telle sorte que les Canadiens et 1^ Loulsiauais pouvaient se joindre sur les bords dl Oeuve ou d'un de ses affluents. C'est ainsi que la voyageurs retrouvent encore à notre époque d'aa ciens villages canadiens dans l'Indiana et qu^ d'autre part, on rencontre, à la Noiivelle-Orléad et dans la région voisine, une population d'orîgîaj
de nos compalrioLes cbaque année sur 10 h 13000 ùnn grailla (Chambre de commerce frauçaise à Montevideo}, J C80O ail Brésil [Ctiambre de commerce française à Rio de f neiro), — 1760 au Cbili [Ctiambre de commerce françaisa Santiago], —1500 au Pérou (Chambre de commerce tni çaise cl Lima), — 8 800 au Mexique {Ctiambre de comaiw française k Mexico), — 3300 à Haïti (Cbambre de commw française à Santiago), — 2330 fi Cuba (Chambre de commert française a. la Havane}. — Il Faul remarquer que ces chiffin sont très inférieurs à la vérité, car ils ne comprennent { les Français ayant renoncé à leur nalionalité, tes descen dants de Français et les Français qui ont né^^ligé de se inscriie au Consulat. Notre commerce tient dans ces diifé rents paj3 une silualion honorable.
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française d'environ 40 000àines composai; d'anciens Acadiens ' et de créoles Louisianais.
L'émigration française a fourni dans ce siècle un élément plus nouveau aux Etats-Unis. Les statistiques témoignent que nos compatriotes se portent u grand nombre dans ce pays, eu égard loulefois ufaildecliiffredenotreémigration. De1821 à 1889 inclusivement 362 000 Français ont débarqué dans les ports de la République Américaine *. C'est là un cbiffre très sensiblement supérieur à celui de l'é-
Ea 1753 Lawrence, gouverneur anglais de la partie de l'Acadie cédée par la Frauce au Ij'aiLé d'Utrechl, effrayé de 1ë3 colons frauçais augmenter chaque année, étendre leurs cultures et menacer ainsi d'exclure ses compatriotes e « colonie britannique », décida l'exil des Français et la confiscation de leurs terres. 6 à 8000 furent cbassés sans pitié ou einliarqués et jetés les uns sar les cûles des colonies ftugiaises d'Amérique, les autres en Angleterre ou en France, ans ce triste exode un groupe d'Âcadiens atleignil la Louisiane sur une ÛolliMe de bateaus, suivant en dérive le courant de l'Ohio et du Missiasipi. Us étaient environ SiOO et furent rejoints dans les aDuèes suivantes par un nombre plus «onsidérable d'Acadiens, — S 000 à 2200, — venus des ports i France où ils avaient été « déportés ".
D'après M. nameaii de Sainl-Père {he. cit.) les Acadiens de toute provenance étalent en Louisiane, en 17'JO, nnnom- 'bre d'environ 4000. De nos jours les » ramilles canadiennes ii qui se dlslinguenl encore des v créoles louisiaoais » comprendraienl peut-être 32000 individus.
' Ce cbifTre est emprunté comme les suivants aux statislijques ofQcielles des États-Unis. — Dans les seiïe dernières années (1873-1888) lïi moyenne annuelle des Français débarqués aux États-Unis a été de 5 500.
migration française dans la République Argenlîni et cependant rêlément français possède à la Plata une importance beaucoup plus considérable qm dans la grande Confédération américaine. Que représcDlenl, en effet, 362 000 de nos compatrii au milieu de plus do 15 millions d'immigrants dans une population totale de 65 miliious d'àmes? Etablis, comme en Argentine, sans esprit de retour, nos émigrants perdent le plus souvent leur natio^ nalité et quelquefois leur langue dès la seconde génération. Le dernier recensement n'accuse quâ 106;000 Français aux États-Unis : 20 000 babitent l'État de New-York, 10 000 l'Ohio, 10 000 la Louisiane, 10 000 la Californie..., etc. Ces « colonies ne doivent assurément pas être oubliées dans une histoire de l'expansion de notre pays ; elles forment çfi et là de petits groupes entretenus par la venueÇ annuelle de nouveaux émigrants; ils parlent di leur pays, le font connaître. Le Français débarqué .Tux Etats-Unis conserve le souvenir de sa patrie; ne se confond point dès le premier jour, consmQ l'Anglais ou l'Allemand, à la population américaiDe. Toutefois, si l'on excepte le groupe de la Nouvelle-
' La Grande-Bretagne est comprise dans ce chiffre pour viron S millions, l'Irlande pour près de 3300000, l'Aile-, agne pour 45000OO,la Suède et la Norvège pour 880 OO