LA, COLONIE DES ÉTATS-UNIS
^M Orléans, des a. colonies » aussi dispersées et aussi H'' faibles ne peuvent posséder dans le milieu où elles V sont établies une autorité très appréciable. Ll's B citoyens américains n'ont point oublié le précieux appui que nos pères ont apporté aux leurs, lors de la guerre de l'Indépendance, quelques noms français
(sont restés dans les mémoires (Lafayette, Rochanibeau, l'arniral de Grasse), mais l'Union recevant l'incessante alluvion de l'émigration anglaise, irlandaise et allemande, subit ces ïnQuencesbien plus que les nôtres. Aussi le grand mouvement d'aiïaires existant entre la France et les Etats-Unis duit être attribué beaucoup plus aux lois naturelles des échanges, à la richesse des deux pays, au goût particulier de certains de nos articles qu'à la présence de notre « colonie libre ' ».
Mais il est un fait curieux, qu'il importe de noter :
i nos compatriotes se rendent en nombre trop
I; faible aux États-Unis pour former dans la grande
I République des a groupes i> importants, d'autres
' D'après 1b Tableau général des douanes pour 1889, les l'ËlalB-Uuia occupent la quaLrlËnie place parmi nos acheleura r et la cinquième parmi nos vendeurs. D'autre part, les stalis- \ tiques américaines témoignent que la part de noire pavs ■ dans les ImporlaLions de l'Union a varié dans ce» dernières I aonées entre 10 et 13 p. 100. — Ni la France, ni ses concur- I renls n'ont de traité de commerce avec les États-Unis. — Une 1 Chnmbre de commerce française a élé fondée k la Nouvelle-
immigrants qui parlent notre langue, professent notre religion, aiment notre pays, conservent son souvenir, viennent pardizaiaes de raille sur la terre américaine et y ont fondé dans ces quarante dernières anniies une » colonie » considérable. Ce sont les Canadiens français. 700 000 sont établis aujour^ d'hui dans le nord dus États-Unis (Nouveile-Aogleterrc et État de New- York). Leur nombre, leur extraordinaire natalité, la persistance de leur nationalité première et de leur culte an milieu des populations de l'Union ne sont point sans frapper les esprits curieux de l'avenir. Quelle destinée est réservée â ces 700 000 Franco-Canadiens installés sur les terres delà Confédération américaine? Seront-îls absorbés par la population de langue anglaise qui les entoure ou bien, au contraire, le développement de la race anglo-saxonne et le courant de l'émigration enropéenne paraissant diminuer en mâosâ; temps — la multiplication des petils-fils des C(il<HU[.' français dn Canada apportera-t-elledans le nord des Etats-Unis une langue, des traditions, un type noQveau?
Des différentes « colonies libres » que la France possède dans le monde, la plus importante par le cbiffro de ses membres, la persévérance de la lan-