LES CANADIENS FRANÇAIS
^"gue et de la nationalité est la u colonie » du Canada. En 1763, au lendemain du traité de Paris qui livrait à l'Angleterre notre magnifique possession de la « Nouvelle-France », on comptait environ 80000 Canadiens-Français; ils sont aujourd'hui au nombre d'environ un million et demi dans une population totale de 5 millions d'àines '. Ce prodigieux accroissement s'est accompli sans que l'émigration française y ait une part appréciable, car il n'y a pas plus d'une vingtaine d'années que l'on voit des émigrants français se rendre au Canada et leur nombre ne dépasse jamais quelques centaines.
r L'augmentation des anciennes Tamitlcs anglaises, ' — émigrants du siècle dernier, « loyalistes » venus des treize colonies qui conquirent leur indépendance en 1783, — 'l'incessante venue d'immigrants anglais, irlandais, Scandinaves, forlifient l'élément britannique au Canada sans réduire ni assimiler les Franco-Canadiens. Les familles canadiennes comptent en moyenne cinq ou six enfants alors que les familles anglaises n'en ont que deux ou trois ; aussi
Ine saurait-on dire où s'arrêtera leur invasion. Dans les territoires occupés autrefois par nos colons, de- .T eo ni Eu
' Les Franco-Canadiena élablis au Canada élaienl, en [ 1774,98000, — en t87i, lOOSOOO, — en 1881, l'2930(M), — ■, 14S0000. — Dans ces dBrniers chtlTresne sonliiatu- [ relkmetit pas compris les 700000 Canadiens Émigrés aux F états-Unis.
puis la mer jusqu'aux bords de l'Ottawa, les Franco- Cimadieos jouissent d'une prépondérance que l'élémenl anglais ne saurait leur ravir; Québec et Montréal sont leurs capilales ; dans l'Oufario, dans le Maiiitoba, ils fonnenldes groupes importants, des minorilés respectables, qui progressent chaque jour. Ici, on Toit, en une quarantaine d'années, ua village anglo-saxon se dénationaliser, ses habitants s'enfuyant vers l'ouest, chassés par des familles canadiennes; là, d'autres familles s'avancent vers les rives de la mer d'Hudson ; ailleurs encore, ainsi que nous l'avons dit plus haut, les fils de nos colons se sentant à l'étroit débordent sur les États-Unis.
Celte race si féconde est restée pure; elle a conservé tous les caractères de la race française ; elle parle notre vieille langue, elle suit avec une extrûme ferveur notre religion. Religion et langue, — église et école, — affirment une nationalité que les Aaglo-Saxons ont renoncé à vaincre. Longtemps, les descendants de nos colons ont du lutter contre l'hostilité de l'administration anglaise ; ils ont vaincu enfin, obtenant l'égalité des droits politiques et la reconnaissance de leur langue : on peut aujourd'hui se servir de l'anglais ou du français dans les Chambres fédérales; les documents publics sont imprimés dans les deux langues.
faut-il ajouter que les Canadiens n'ont point ou-