LA. COLONIE DU CANADA
rblié « le vieux pays »? Us ont toujours au cœur • l'amour de l'aDcieane patrie; rieu de ce qui lui arrive ne les laisse indifférents; en 1870, beaucoup sont venus pour la défendre; leurs journaux s'impriment en français ; les jeunes gens de la province de Québec ont adopté comme emblème les trois couleurs.
Par une contradiction étrange et qui ne laisse point de surprendre, cette vivante » colonie francocanadienne » n'entretient avec notre pays que de faibles relations commerciales. Le traQc du Canada se fait presque exclusivement avec l'Angleterre, puissance suzeraine et les ttats-Unis, pays voisin , qui exerce sur notre ancienne colonie une attraclion considérable '.
La constatation de ce dernier fait, pour regrettable qu'il soit, ne permet pas de méconnaitre la I saisissante vérité qui se dégage de l'état actuel du t Canada : la prodigieuse multiplication des colons français établis en Acadie et sur les rives du Saint- Laurenl, leur fidélité au pays d'origine, la conservation de la pureté de la race au milieu de la popu-
' Les atalistiques canadiennes Ëvaluenl le commerce lotal I du Dominion pour ISSS-Sd, imporlations el exporLaLions rcomprises, à 1OI59O0OOO francs. Les marcbandises classées I comme françaises ne représenlenl guère plus de 2 pour 100 r'de l'importation totale. — Une chambre de commerce frane est à Montréal,
206 L'EXPANSION IlE I.A FRANCE.
lalioli anglaise sont un vivant exemple de nos vertus colonisatrices, et témoignent que noire ancienne possession de la i< Nouvellc-Franco » serait aujourd'hui la première de nos k colonies d'Etat » si Louis XV n'avait point entrepris, con Ire l'intérêt de son pays, la nialhcureuse guerre de Snpt Ans'.
Les « colonies libres n que la France possède à l'orient de la Méditerranée sont de toutes les plus anciennes, lus plus inléressantes et les plus précieuses. Nous avons dit dans les chapitres précédents les traits principaux de leur histoire. On a tu les négociants marseillais commercer de bonne heure avec l'Egypte et la Syrie, François l" signer avec Soliman les premières Capitulations qui assuraient à la nation française en pays ottoman des avantages commerciaux et religieus; Richelieu, Louis XIV,
' On ne peut lorsque l'on parle du Canada, possession I française devenue anglaise, oublier l'Ile Maurice qui a e niÈme s destinées. — A Maurice,- que les Anglais tienneiH J depuis 1814, vit e[ se perpétue une imporluule « colonïêj fi'ançaise « qui n'a oublié ui le souveuir, ni la laugue de l'ao^^ cienne niélropole, qui est en relations d'affaires et voisinage avec les créoles de la Réunion. La présence de celte 1 « colonie française » i. Maurice et la fidélité de ses goûts oal J une heureuse conséquence commerciale, puisque nous y I rendons annuellement pour 1 1 à 13 millions de nos produits "i ■ (soit 18 h. (9 p. 100 des importations totales).
LES COLONIES D OltlENT. 297
Colbert, Clioiseul, Louis XVI foYoriser le développement de Qolro commerce, poursuivre l'élablissement de notre protectorat religieux, assurer notre influence politique à Coostaotinople, défendre l'intégrité de l'Empire ottoman.
Cette politique suivie durant trois siècles avec plus ou moins de succès suivant les circonstances, mais jamais abandonnée, est aujourd'hui encore une des meilleures traditions de notre pays. L'expédition de Bonaparte en Egypte, l'abandon de la Turquie aux ambitions du czar consenti par Napoléon 1", l'expédition d'Alger entreprise sous Cl>arles X, l'accession de la République à l'œuvre du Congrès de Berlin, puis en dernier lieu l'installation du protectorat en Tunisie n'ont point fait oublier à noire diplomatie « la politique traditionnelle de la France dans le Levant », Notre gouvernement reste fidèle à la cause de la coaservatioa de l'Empire ottoman et eu ce moment encore ses vues relativement i\ l'Egypte sont conTormes à celles de la Sublime Porte. D'autre part, en même temps qu'il poursuit celle politique, il ne cesse pas de prendre àConstantinople, à l'abri des Capitulations de 1740, la défense de nos inlérêts commerciaux et de nos privilèges religieux.
Les temps sont loin assurément ofi la France avait presque le monopole du commerce européen
' <lnns les provinces du Sultan et le monopole de Ta i potilique û Conslanlinopto. La concurrence commerciale, politique et religieuse des dilTérentes [Dations, qui se dessinait au siècle dernier, s'aTfir- I mait dans les premières années de celui-ci, devient [ de jour en jour plus vive et plus redoutable; nos [ négociants, nos capitalistes, nos religieux, nos dîr ploniates en ressentent également les effets. C'est I que les temps ont changé: le monde de la civitisa- ' tion et du travail s'est agrandi depuis quatre siècles; i en Europe, en Amérique, de grands Etats sont nés, l des industries se sont développées; de tous les pays ' partent maintenant à la fois les ainbilions, les riva- I lités d'influence', les mouvements d'initiative, les ' navires chargés de produits et les capitaux.
I < Ce serait dépasser les limiles données k ce volume que F de monlrer ici l'imporlauce politique du poste de Constanti- } nople, où il semble que la « question d'Orient « ne cesse I d'âtre posée. L^ vie diplomatique y est toujours adiré et [ souvent des intrigues ioternalionalea vienneut compliquer '. des problèmes déjà. surilsammenL dJfQciles en eux-mâmes. I II est bleu rare que les eliancelleries ne soient point occupées I d'une ou plusieurs alîuires : question bulgare, question cré- I toise, question de la Macédoine, observations de l'Angleterre ou de ia Russie tranchant l'eifêcution de certaines stipula- I lions (!e l'Acte du Congrès de Herlin, prétentions ou suscep- , libilités de la Grèce, questions soulevées par l'eiercice du , protectorat catholique de la France, rivalités d'influence de I l'Autriche et de la Russie, concurrence entre les financiers ranglais, français et allemands pour l'obtention des conces- ■aionsou des" entreprises...