NOTRE COMMERCE EN TURQUIE
En matière commerciale nous avons aujourd'liui perdu le premier rang , il appartient aux négociants anglais qui nous ont considérablement distancés. Dans les principales villes la colonie française, groupée autour du consul, élisant pour ses alTaires ses <( députés de la nation », forme encore un groupe important; on a recensé il y a quelques années 2 000 Français en Turquie d'Europe, 3 000 en Turquie d'Asie, 16 000 on Egypte, et l'on sait que ces chiffres sont bien inférieurs à la réalité'. Mais à côté de la « nation française » sont les « nations » anglaise, allemande, autrichienne, russe, italienne, qui rivalisent avec la nôtre, sont plus nombreuses et plus riches qu'elle.
Leur concurrence est si active que si, dans l'ensemble général du commerce de TOricot, importations et exportations comprises , nous tenons encore la seconde place, il est des ports où la France ne vient qu'au troisit:me ou même au quatrième rang.
' Recensement de 1886 fait par nos conauls. — Conslantinople 1 â9t français, Salanique 242, Andrijioplel34, Smyrne 988, Be7routh 530, Port-SaiJ 701, Le Caire 2,154, Aleiaadrie? etc... En IransmeKanl ces chiiTres au déparlemenl des Affaires étrangères, nos agents observenl qu'ils doivent êlrê considérés comme des minima, beaucoup de Français refuaanl de se soiimeltreà une déclaration, et un dénombrement en Orient élant chose particulièremeiil difficile. (Ces renseignements inédits sont dus à l'obligeance de M. Turtjuan, cliet de bureau au Ministère du c
on L EXPANSION DE LA FRANCE.
Les produits françnis jouissent à leur entrée dans toutes les provinces de l'Einpipc ottoman, y compris l'Egypte, du traitement de la nation la plus favorisée en vertu d'un ancien traité signé le 25 juin 1802 ' et d'un traité spécial, — additionnel aux Capitulations, ; aux traités de 1802 et de 1838, — en date du 9 avril 1861 ^, traité toujours en vigueur bien qu'il soit à la lettre venu à échéance le 13 mars 1890'. Mais ce traitement qui pourrait être exceptionnel est au contraire le droit commun; les produits de l'Angleterre, de l'Alleinagne, de l'Autriche, de la
rtide 9 du traité de 1802 esl ainsi conçu : n La République française et la Sublime Porte ayauL voulu, par le présent traité, se placer dans les Étais l'une de l'autre, sur le pied de la nation la plus favorisée,- il est entendu qu'elles , s'accordent respectivement, dans les deux Étals, tous les avantages qui pourraient Cire ou avoir été accordés aux autres puissances comme si lesdîls avantages étaient Sïpres- BËmenl stipulés dans le présent traité. i>
' L'arlicle 1"' du traité de 1861 reproduit presque motponr mot l'arlicle 1" du traité de 1838 (Voir celui-ci plus haut, p. lit). L'arlicle tS assure aux marchandises lurques importées eu Fiance le IraiLenieiit de la nalion la plus favorisée.
• Des discussions se sont élevées récemment à la Chambre et au Sénat (séances du 37 fév., du 13 et du ii mars mO), au sujet de l'expiratioa du Irallé de 1861. Le gouvernement a fait connaître qu'à son sentimeni, et après accord avec la Sublime Porte, les deux nations se référant à tous les traités existants devaient continuer, jusqu'à conclusion d'un nouvel ^arrangement commercial, à s'assurer mutuellement le traira iement de la nation la plus favorisée.
NOTItE COMMERCE EN TURQUIE. 3(lt
Russie, de presque tous les pays qui commercent avec la Turquie, sont soumis, comme les noires, à une laxe de 8 p. 100 advalorem\ Sous iin semblable régime les industriels et les négociants français se trouvent naturellement exposés à la concurrence des autres nations; il n'est point douteux qu'ils aient reculé devant cette concurrence. Les rapports de nos agents consulaires ne cessent malhcureiisemenl pas de rappeler que nos rivaux, Anglais. Allemands, Autrichiens, Russes, llaliens, offrent auK acheteurs des produits de leur goût à plus bas prix que les nôtres, qu'ils témoignent dans loules les affaires d'un esprit d'entreprise bien supérieur à celui de nos compatriotes, que leurs procédés de vente sont prérémbies aux nôtres, que sur plusieurs points ils prennent l'avantage, que sur d'autres ils nous menacent.
A Salonique, ville où aboutissent aujourd'hui les lignes de fer européennes, les importations totales s'élevant à 27 8ib000 francs, la France ne vend que pour 3 837 000 francs de produits fran-
L ' L'Allemagne, qui ne cesse (l'fleiidre ses relalions politiques et comraemalea en Orient, vient de signer un nouvcou ^raité de commerce avec In Turquie contenant, plusieurs stipulations très favorables. — De son côté l'Angleterre a fait avec l'Egypte une convention commerciale.
La France aura le liéuénce de ces deux actes loraqu'ils ■ seront mis en vigueur.
! L■EXPA^■S10^ DE La FltAKCE.
çais'; à Smyrne, la première des places commerciales de l'Asie Mineure où les négociants fran- ^'ais ftireot pendaat longtemps sans rivaux, les importations des principaux pays européens étaient il y a quelques années les suivantes : Angleterre 22 500 000 francs, Autriche IS 600 000 francs, France 13 millions, Allemagne i'.i millions, Italie 10 millions, Suisse 10 millions^; à Beyrouth, entrepôt du commerce de la Syrie, les importations sous pavillon français atteignent 9778 000 kilogrammes, supérieures ainsi à celles des navires autrichleos et russes, mais très sensiblement inférieures à celles faites BOUS les couleurs britanniques, qui ne sont pas moindres de 25876 000 kilogrammes'.
• Commerce du port de Salonique en 1888 :
Im|ioilations 37 843000 fr.
Espoilaliona ^5 635000
S J 480000 fr-
IiniiorlaLiona sous pavillon français : C409000 francs surles-
quula 3837000 feancs de produils de fabrication française.
Exportations sous pavillon français : 6717000 francs dont
3376000 francs à destirialion de la France. {Bulletin consuiaire,-
illet 1
' Commerce du port de Smyrne en 1883 :
Iniportalious 130000000 fr.
Exportations 9000O000
Les principales eïportalions de Smyrne sont : en Angleterre 28800000 francs, — en France 14400000 francs, —en Autriche et Allemagne 21 600000 francs. {Bull, cons., nov. 1S84.] Les renseignements fournis par le Bulktin consulaire de
notui; commeuce m egypte. 303
En Kgyple notre situation commerciale est sensiblement la inènie que dans les provinces européenoes et asiatiques de l'empire ottoman. L'Angleterre tient toujours la première place : dans la vallée du Nil, pays exclusivement agricole, le grand avantage du commerce britannique est de demander pour ses fabriques les produits textiles du sol et de pouvoir fournir en retour aux indigènes des cotonnades à bon marché. Grâce à cette double action l'Angleterre fait depuis longtemps plus de la moitié du commerce extérieur de TÉgyple, tandis que la France, bien qu'occupant le second rang (si on fait abstraction de la Turquie qui autrement prendrait place après la Grande-Bretagne), vient en arrière parce qu'elle achète les produits indigènes eu quantité beaucoup moiudre et ne vend que des articles
Juillet 1388 ne contienueat aucun chiffre même approximatif, [ouctiant le commerce total de Beyroulh, ou le commerce
— en valeur — des principales natioua.
Celle publication fait seulement connaître que les imporlab-tions et exporlaiions, en poids, des quatre prînclpauï pavil- ^lons sont les suivantes :
Importations : pavillon anglais ZaSTeOCiO kilogrammes,
— français 9778000 kilogrammes, — autrichien 6616000 kilogrammes, — russe 1951000 kilogrammes. — Total 442S2000 kilogrammes.
Exportations : pavillon anglais 3 964000 kilogrammes, — français 2021000 kilogrammes, — autrichien 1934000 kilogrammes. — russe 1347000 kilogrammes. — Total 986T000 kilogra
F ■ i" ■ . I I . im
304 L'EXPASSIO:* DE LA KflANCE.
coDsommés parla colonie européenne. En i888 les imporfalioiis de la Grande-Bretagne en Egypte représentenl81077000 francs, soit 44 p. lOOdu chiffre total, SCS exportations 201 328000 francs, soit 65 p. iOO. La môme année les importations de li France s'élèvent a 18 532 000 francs, soit 10 p. 100 sesexportalioDs à 23533000 francs, soit 7,6 p. 100 C'est un fait digne de remarque, que les tristes événements de 1882* n'ont point eu ponr conséquence l'augmentation de la part de l'Angleterre dans le' commerce de l'Egypte; i! semljle plutôt qu'elle soit en décroissance. Mais si nos fabricants n'ont poiat à craindre une plus large concurrence des induS' triels britanniques, ils sont en revanche menacéspar tes réels progrès de l'importation austro-hongroise et de l'importation russe. De grosses maisons françaises sont établies au Caire et à Alexandrie: le commerce de délail est aux mains de nos nationaux; il importe cependant que notre « nation ne néglige aucun efTort pour conserver son ranj
En résumé la France est loin d'avoir conservé dans le Levant la situation commerciale qu'elle possédait autrefois. Son mouvement d'affaires avec l'Em-t pire ottoman, — Égjptc comprise, — no déposai
' Les livres égypliennes ont été converties en francs. * Voir plus loin {p. 3n) ce qui est dit au sujet de l'établiS ■ sèment des Angl.iis dans la vallée du Nil,
■ifP^" " ■■ ™ I I ..~yj"
NOTHE COMMEHCE EN OIUENT.
■, piis 191 343 OOOfrancs alors que celuiclerADgletcrre I feule aUeint S681G4 000 francs et que, sur tous les points, dans la péninsule des Balkans, en Anatolie et dans la vallée du Nil, l'Autriche, la Russie, l'Allemagne font à notre industrie une concurrence chaque jour plus vive et trop souvent lieureusc'.
Commerce de la France d'après lea staListiques turques ir 1888-i&8!l (du I" mai au 28 février), et lea stalistiques Égyplienuea pour I88S :
Avec la TarquiB d'Europe, d'Asie et Tripolitaiiie : Imporlalious (peaux préparées el ouviages eu peaux, tissus de loiue, de coton et de soie, passementeries, sucres, poteries, outils et ouvrages en mélauï, verreries, bimbeloterie, etc..) So 4SI 000 francs. — Esporlatioiis (céréales, soies, fruits, peaux el laines brûles, vijis, graines oléagineuses, elc.} 93 823 000 francs.
Avec l'Egypte : Imporlations (tissus el passementeries de
eoies el de coton, peaux préparées et ouvrages en peaux,
outils el ouvrages en mélauï, vins, etc..) 18532000 francs.
Exportations (colon, graines oléagineuses, légumes secs,
sucres en poudre, mélasses, etc..) 23535000 francs.
D'après les statistiques auxquelles nous empruntons ces
'diiHTres, les importations de l'Autrictte nurnienl été supé-
^eures à celles de la France en Turquie et en Egypte. Ce fiùt,
'il était exact, serait exceptionnel, mais on peut douterqu'il
soit parce que les produits « allemands» sont inipoités
imme u autrichiens ».
Il n'esl toutefois pas douteux, et c'est ce qu'il importe de
retenir, que le commerce français rencontre une 1res aclive
;el très inlclligenle concurrence qu'il lui faut vaincre. — Des
Chambres de commerce françaises n sont établies à Cons-
ople, Smyrne et Alexandrie, qui s'efforcent de rensei-
;ner el de stimuler les industriels métropolitains.
1)0 L'EXPANSION Dli LA ril,\i\CE.
Il ne faudrait pas conclure de ces faits et de ces cliiffres que la situation « matérielle » de la France dans le Levant a cessé d'être fort honorable : tandis, cri effet, que nos industriels et nos négociants luttent contre la concurrence universelle, nos capitalistes et nos ingénieurs assurent à notre pays une large place dans toulcs les affaires. Ils no sont point seuls assurément, car il n'y a plus de « monopole « en Orient. L'Angleterre, l'Allemagne, l'Autriche, l'Italie se partagent avec nous les titres ottomans et égyptiens, l'Angleterre et l'Allemagne les grandes entreprises de travaux publics'. La part réservée à la France reste cependant la première, grâce à la belle entreprise du perceireul de Tisthme de Suez. Elle devance ainsi l'Angleterre et plus encore l'Allemagne : un quart environ des litres émis par la Turquie est en la possession de nos compatriotes, et bien que jusqu'à présent les revenus alTeclés aux. obligations de la Dette ottomane aient été insuffisants pour le service complet de l'intérêt et de l'amorlisscmeut, les rentiers français ont reçu de ce chef environ une centaine de millions
< Il y a quelques mois l'Allemagne a remporté à Coastui» . linople un succès remarqué en obtenant la concession d'ane)) importante ligne ferrée eu Asie Mineure. Il est vrai qu'en moment (décembre 1890) un enlrepreneur elune Bociélé,ruii | et l'autre français, sont sur le point d'obtenir la concession ds] dsux chemins de fer dans celte même province.
NOS CAPITAUX EN ORIENT. Ml
^uis huit ans'; — on évalue à plus d'un tiers la part ■ notre pays dans la dette égyptienne, soit à 40 bu 43 millions la somme versée annuellement par gouvernement khédivial aux porteurs français'; ■■ — la Banque Impériale ottomane dont la moitié au moins du capital (250 millions] a été souscrit en {""rance est intéressée dans un grand nombre d'entreprises; — la Régie des taLacs et l'administration des Phares de l'Empire rémunèrent d'importants capitaux français ainsi que les sociétés qui ont entrepris de grands travaux publics (chemins de fer, ports, routes, etc.), dans la péninsule des Balkans. » Smyrne, A Beyrouth, h Damas et sur d'autres (points de la Syrie; — les quais de Constanlinople Viennent d'être concédés à un de nos compatriotes
lorvice Jos iiitiïréts de la IleUe turque ayaiiL ùlé iii 187a, uii concordat fat conclu en 1881 eiiLre la Sa- 5)linie Porte et les représenlanla des porteurs de litres otton suite duquel le capital nominal de la dette a été " réduit à 4 p. 100 et si\ des priacipauï revenus de l'Kmpire abandonnés aux créanciers. La gestion de ces revenus est confiée à un Conseil d'administration delà Dette publique ot- .ilomane représentant des porteurs de litres et dont la présiidence appartient alternativement au délégué français et au "élégué anglais.
* L'Angleterre elle aussi a plus d'un liers de la delte égypjtienne; sa part semble môme ëtie plus forte que celle de &otre pays. Les titres n'appartenant ni à la France ai à ffAnglelerre sont dans diverses mains, mais surtout dans des
308 l'expansion de La FRANCIi.
— enfin, en Egypte, plus de 100 millions appartenant il (les Français sont engagés dans lus principales affaires, Crédit foncier égyptien. Sociétés du gaz, des eaux, des moulins, Mouts-de-Piété et Banques, etc.. Dans ce chiffre de 100 millions n'est naturellement pas comprise la part de nos nationaux dans le canal de Suez. C'est li», tant au point de vue financier qu'au point de vue politique et commercial, une affaire, « tmc œuvre » qui prime toutes les autres. On évalue à plus de 833 millions et demi la valeur actuelle, en capital, des actions, paris de fondateurs et parts civiles qui sont aujourd'hui dans des mains françaises, et à S75384000 les intérêts, divideodes, primes d'amortissement et lots qui ont été payés dans notre pajs depuis les débuts de l'entreprise jusqu'au 1" juillet 1890. Enfin le revenu annuel de ces difîérents titres apporté en France dans ces cinq dernières années a été en moyenne de 28 à 30 millions'.
• Tous ces chiffres, on le voil, se rapportent ans litres appartenant à des Français, aux bénéfices retirés par la France dans cette grande entreprise. Il est à noter que sur lea S7S384 000 francs de revenus apportés dans notre pays jua-
■ u mois de juillet 1890, une somme de 30iiOOOUO franp» ■* représente l'impôt retenu aux actionnaires par l'Âdminislration des Finances.
La répartition des actions du canal de .Suez (actions seules) . paraît être la suivante ;
396 658 actions (originnirement 400000).
NOTftIi t'IlOÏECTORAT CATHOLIQUE. 309
La France, — et c'est ici le premier de ses privilèges, un fait qu'il convient de meltre en lumière, — n'a pas soLilcinent en Orient une situation, une influence u inalérielle » qu'elle tire de son commerce et de ses capitaux; elle possède aussi une situation, une influence « morale » particulière du fuit de son long établissement dans ces régions et du protectorat religieux qu'elle y exerce depuis quatre siècles.
Les Capitulations de 1333 ont fondé notre protectorat callioliquc, les actes suivants ainsi que le temps et l'action persistante de nos ambassadeurs auprès de la Sublime Porte l'ont précisé et étendu. Alors que nous avons perdu depuis un siècle le monopole du commerce et de la politique dans le Levant, nous y avons conscrvii encore, du moins dans une certaine mesure, le monopole religieux ou plus exactement le monopole « catholique ». C'est ainsi que aous sommes les protecteurs naturels, obligatoire de toutes les populations catholi- |nes indigènes, arabes, grecques ou autres, de tous les établissements catlioliques français, italiens, autrichiens, espagnols, portugais, de tous les cler-
176 602 au gouTernenaeDL angluis.
dS4 039 en France.
33 000 eo Aiif,'leterre.
33 oui en Suisse, Belgique, Allemagne, Alsace-Lorraine,
3iri L'EXPANSION DE LA FIIANCE.
gés c.itholii|ues sans distinction d'origine et di rile '. Il n'y a plus comme autrefois aux yeux des musulmans une seule Famille européenne dont noua soyons les chefs, mais il y a encore une seule famille catholique ù la tèfe de laquelle nous sommes placés, dont nous avons ia direction'.
La France, nation prolectrice, traite les clergéi indigènes comme tes congrégations; elle défend chaque jour la liberté et les intérêts des populations catholiques contre le gouvernement turc, elle a même pris les armes pour eux (expédition de Syrie de 1860). La situation privilégiée qu'elle s'est ainsi assurée lui donne un prestige considérable dans tout l'Empire. Les musulmans ne considèrent point, d'ailleurs, nos religieux comme des ennemis.
1 Voir sur cetLu inLéressaiile question Ju proleclorat catholique Je la France en Orient et de l'influence qu'il lui procure: Gabriel Charmes, Politique extérieure et coloniale. Calmaun Lévy, éditeur, Paris. — Paul Desclianel, Discours^ â la Chambre, Jotimat of/lciel, séance du 29 févrii Gaston Deschamps, l'InfluencR française daos le Levant, Revu» bleue, 16 mars 1889.
^ La Porte admet l' ex territorialité de loi*s les élablissemenla. latins; ces élablissemonls ainsi que toutes les missionSt étrangères aussi bien que fraaçaises, sont placés sous l'autorité de nos consuls et de notre ambassadeur. Etablissements, communautés, missions ne peuvent faire un acte quelconqud: (J'aehat ou de vente sans l'aulorisafiou du consul de France, — Cette loi nous assure contre l'hostilité des missionnaires étrangers et, au moins dans une certaine mesure, les empêche de nous combattre.
El"
NOTRE PROTECrOnAT RELIGIEUX. 3il
bicD au contraire. La raison en est simple : c'est d'abord parce que les congrégations s'absliennent d'entreprendre des conversions parmi les croyants; c'est ensuite parce qu'elles ne se consacrent pas seulement à la religion.
Elles n'offrent leur action religieuse qu'à ceux qui la sollicitent, k la « clientèle catholique » : Maronites, Grecs unis, Syriens unis, Coptes unis,
Arméniens nnis, etc Mais si elles limitent
ainsi sagement leur propagande religieuse, elles fondent partout des écoles, des fermes modèles, des ateliers, des hôpitaux qu'elles ouvrent également aux enfants et aux malades de toutes les races et de toutes les croyances. La Syrie, la Palestine, le Liban, — qui a une organisation administrative et politique spéciale, — sontde toutes les pro- TÎnces de l'Empire celles où cette large et intelligente >ropagande est le plus activement suivie. Elle y a isuré à la France une autorité morale considérable, une situation unique telle que le Congrès de Berlin a dû la reconnaître en nous confirmant expressément la protection des Lieux Saints. En Syrie et en Palestine, nos missionnaires et nos sœurs instruisent la jeunesse, soignent les malades {Uoiversité, école de médecine, hôpital, école d'arts et métiers de Beyrouth; écoles primaires dans les villages). Des écoles, des hôpitaux sont également
uuvei'ls dans les priacipaux centres de la vall dit Nil, (l'Alexandrie i) Louijsor [Institut des jéstil les, Ecole normale du Caire, sœurs de charité), lycée de Galata Serai — lycée impérinl dont le ai recteur est un Français — el une école de filles re çoiventà Conslanlinople un grand nombre d'élèves rtiriiiital français que l'on reconstruit en ce mai ment est ouvert à tous les malades. On peut évalue à iUO le nombre des écoles françaises en Orient , 40000 le nombre des élèves ',
> Les écoles congrégnnislËS, tenues par les jësuiles, h la^arisles, les dominicains, les capucins, les frères de la d Irine chrétienne, où se coudoieiil les enfants de toutes le religions, vivent de subventions religieuses et laïques.
Les premières sont fournies par la Congrégation de 1 Propngande (voir plus loin noie I de la page 311), les u coades par le minislêre des Affaires Étrangères qui a la dispc sitlon d'un crédit annuel de 530000 francs el par ■< rAll!a,iie française », société dont le but est la propagalion de noit laii^jue dans nos colonies et à l'étranger.
La Propagande vient en aide ù toutes les écoles, & loua lâ missionnaires, français ou élrangers.Le Ministère des affaire étrangères el l'Alliance ne subventionnenE, au contraire, qii les écolas tenues par des congréganisles français ou quetilttS fois par des étrangers, brsijue ceui-ci prennent l'engagt mont d'enseigner noire langue à leurs élèves. Le crédit d !>20 000 francs dont dispose le gouvernement en faveur de écoles françaises d'Orient est très insuffisant et le Minislrt des ali'aires étrangères a pris ces Jours derniers (novembr ISOO) l'engagement d'en demander le relèvement pour 189$ Ce relèvemenl est d'autant plus nécessaire que l'Italie ( l'Autriche, — sans parler de la Russie qui elle protège la H orthodoïes », — consacrent chaque année des sommes im