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NOTRE PROTECTORAT RELIGIEUX

Cette politique tradilionoelle, religieuse, éduca- Iriee, hospitalière, poursuivie par tous les régimes, assure à la France ea Orieut une » popularité' » et une autorité particulières. Le consul de France paraît ans sujets du Sultan le premier des

portantes à leurs missionnaires et à leurs écoles. L'Italie a porté jusqu'à i 400000 fran:s Je crédit alTeclé â ile.^ écoles d'Orietit. [Les écoles congrégaiiïstes étraiigëces demeurent sous le coDtrôle de nos consuls de par notre droit de nation protectrice, mais souvent leurs membres tentent de combattre notre inilueace au proQt de leur pays.)

Si les écoles congréganistes sont de beaucoup les plus uombreuses en Orieul, il y a cependant quelques écoles laïques. Le Ministre des affaires étrangères et l'Alliance française en subventionnent plusieurs.

■ Il Les congrégations ont le bon esprit de ne pas s'occuper de politique et de se vouer exclusivement a leur tilche religieuse et éducalrice. Pour tout dire, avant d'être romaines, elles sont fraoç^iises, el, tout en enseignant noire langue à leurs élèves, elles leur apprennent aussi h aimer la France. Soeurs de rbarité, frères de !a doctrine chrétienne, lazaristes, capucins..,, etc., luttent de zélé dans leurs écoles et leurs bonnes œuvres, lia sont généralement estimés et parmi eux les défailUmces sont rares. Les sœurs de charité sont au premier rang pour les soins adonner auï malades, pour lus distributions de vivres, pour les fourneanx économiques, sans distinction de religion el de nationalité. » {Lo Temps du (3 janvier 1883.)

Les évèqiies, prêlres, missionnaires, congrégations élablies en Orient, — et en extrénie-Oriant, — sont placés bous l'autorité et l'administration (au point de vue religieux) de la Sacrée Congrcgalion de Propayaiida fide i'ondée il y a pri!is de trois siècles pour u propager la foi » chez les nations infidèles. Son siège est à Rome ; elle est administrée par un u préfet " qui a la dignité de cardinal. Elle exerce sou action dans

consuls'; noire nalion a été vaincue en Eiirop) son commerce est dépassé ou menacé par celui di SCS rivaux et cependant elle est la grande nation européenne, on salue partout avec joie son pavillon promené par l'escadre de la «Méditerranée et du Levant»; en Turquie d'Kurope, en Turquie d'Asie, en Egypte, en Syrie surtout, on parle noire langue; elle est dans la plupart des Échelles la seule dont 00 veuille se servir pour le commerce; en Egypte elle demeure l'idiome officiel du gouvernement, malgré l'occupation anglaise; ou lit nos livres, on

tous les pays où la hiérarchie catholique n'est point organisée en diocèses réguliers; c'est ainsi que « les vir.apiata apostoliques " du monde entier relèvent d'elle. Elle possède des biens considérables et, d'autre pari, la piété des Ddëles lui assure (notamment en France) chaque année des sommes très importantes.

' « On a de la peine k croire, écrit Gabriel Charmes dans, le livre que nous avons cité, lorsqu'on n'en a pas été témoiOf quel effet produit, non seulement sur les indigènes, maU même sur la masse des colons européens, l'appareil avec le-' quel nos consuls assistent et président aux cérémonies du culte catholique. Ceux-ci ont droit dans toutes les ëglisea ft une place particulière, à un prie-Dieu en évidence vers lequel' le prêtre doit se tourner à certaines parties de l'ofAce pour saluer le représentant de la France, l'encenser ou le bénir. Les jours de fête, le clergé tout entier vient l'attendre jusqu'à la porte du temple et le conduit en procession jusqu'à son prie-Dieu. Au moment de l'Évangile on lui porte le missel pour qu'il puisse en faire la lecture, et, lorsque la messe est terminée, c'est en se courbant devant lui, que les officiants, fussent-ils archevêques ou patriarches.renlrentà lasacrislie.il

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s'intéresse à nos affaires; dans les villages les plus reculés nos religieux portent le nom de la patrie'. Ce qui prouve d'une manière certaine la valeur de cette influence morale, — de notre protectorat catholique toi qu'il s'exerce, — ce sont les efforts tentés parles nations qui commercent avec l'Orient pour nous la ravir. Notre situation est attaquée à la fois par la Russie, par l'Angleterre, par l'Allemagne, par l'Italie. La Russie, — la Sainte Russie, — est la protectrice des « orthodoxes » ; son prestige est ^rand au milieu des populations des Balkans et de l'Arménie qui attendent d'elle leur délivrance; elle dépense au service d'une propagande habile des sommes considérables, ses établissements religieux s'élèvent en face des nôtres à Jérusalem. L'Angleterre soutient son commerce par nne armée de missioDDaires méthodistes et anglicans, fonde partout des écoles et des hôpitaux, entame la Syrie elle-même qui est cependant le centre de notre influence; elle eserce, en fait sinon en droit, le protectorat protestant. L'Allemagne, venue plus tard, n'est pas moins empressée d'acquérir une influence morale qu'une influence commerciale et financière ;

' Dana la vallée du Tigre, depuis près de deux cenis ans, résident a Mossoul des dnminicains et des caroies à Bagdad. Us ont fondé des écoles où presque toul ce qui n'est pas musulman (c'esl-â-dire les populations cbaldéenaes) vient clierclier l'inslrucliou.

fille crée sur les poiuts qui lui semblent les mîeni choisis de grandes entreprises agricoles, nolaminenl en Syrie, des écoles, des hôpitaux et aussi des églises depuis la (în du KulturkampT. L'Italie, surtout dans ces dorai^res années, multiplie ses efforts, en- TOie des missionnaires, des insliluleurs, prndigatf l'argent, fonde des sociétés d'action; elle Toadrait affranchir ses congrégations de notre autorité, et, puissance calliolique comme la France, elle fait à. Rome, malgré la politique du Quirinal, d'activés démarches en vue d'obtenir du pape qu'il lui conlie une partdesdroitsdont nnusavonsjusqu'ici lemonopole. Ainsi, notre situation, pour être encore presque entière, n'en a pas moins besoin d'être vÎTcmeût défendue : on veut nous ravir nofre « clientèle catholique h el par elle atteindre, d'abord notre commerce, puis notre juste inQuence. Le Souverain Ponlife a-t-il intérêt b ce que la France soit dépossédée du protectorat religieux? Il ne sembla pas, A qui le pourrait-il conGer? L'Angleterre, l'Allemagne sont « hérétiques », — l'Italie est en guerre ouverte avec le Vatican, — l'Autriche a bien peu d'influence. Quanta déposséder notre pays pour ne confier le protectorat à aucune autre puissance, ce serait abandonner, sans défense, les missionnaires et les communautés indigènes catholiques à toutes lis vexations et tous les abus de pouvoir des fonc-

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