DÉFENSE DU PROTECTORAT RELIGIEUX
tionnaires musulinoDS. Il est vrai que nous avons à craindre de nos rivaux une « campagne » plus habile : ils peuvent réclamer à la fois auprès du Pape et du Sultan l'abolition du « monopole religieux .> et le droit pour cbaque nation de « protéger >j elle-même ses missionnaires et leurs ouailles. Le catholicisme n'y gagnerait rien assurément, mais la France j perdrait 1
La question est délicate autant qu'importante. Ce n'est point le lien de la traiter, mais une chose est certaine, c'est que nos « colonies libres » du Levant sont, de toutes, les plus intéressantes, les plus « utiles » tant au point de vue « moral et politique » qu'au point de vue t< matériel ». L'Empire turc, en même temps qu'il est considéré par les chancelleries comme « l'homme malade » , est ])our les ingénieurs et les capitalistes d'Europe un « pays neuf » : son agriculture est barbare, il n'a ni routes ni ports, ses immenses richesses sont rendues stériles par l'absence d'instruments d'esploitalion. Ainsi il faut mettre ces régions en valeur, arracher les populations à la misère, les appeler au travail; la Syrie, terce d'une rare fertilité aux populations travailleuses, €st plus encore que les autres provinces imprégnée
nous... La France pourrait-elle se désintéresser?
Une grande part du patrimoine national est en Orient; il imporle de la défendre pour la conserver,
J18 L'EXPANSION DE I,\ KliAPfCl!.
ef cela, — il faut le dire, — esl d'autant plus nécessaire qu'il y a peu d'années la France a subi dans CCS régions une dimJDulioa réelle d'InQuence e même temps qu'un grave échec moral : le rappel des événements d'Egypte jettera une ombre sur 1i tableau qui vient d'être tracé.
L'Egypte, la plus riche des provinces de l'Empire ottoman, la mieux située, seule roule commerciale entre l'Europe et l'Inde avant que le cap de Bonne- Espérance fût connu et depuis la plus courte, devait être de tout temps, de par sa situation géograpbi que, une position commerciale et politique de premier ordre.
Les Marseillais y trafiquent déjà lorsque sonl, signées les premières Capitulations; ils développent leurs relations à l'abri de cet Acte ; au xvii" siècli leur commerce est considérable dans la vallée dt Nil et, à celte époque, l'autorité de la France est telle dans le monde catholique que Leibnitz adresse un mémoire à Louis XIV pour l'engager à arracher cette terre aux Infidèles. Plus tard, Louis XVI so à établir un canal de jonction entre la Méditerranée et la mer Rouge ; puis, la France devient un instant maîtresse de l'Egypte lorsque Bonaparte veut atteindre, par elle, les Anglais dans l'Inde. Nos troupes parties, nos savants restent dans le pays à côté de nos négociants; Champollion, Mariette retrouvent