‹ L'expansion de la FranceChapitre 57 sur 67 · LA FRANCE EN ÉGÏPTE · texte numérisé non relu

LA FRANCE EN ÉGÏPTE

dans les hypogées un monde évanoui; Mcliemet Ali appelle nos ofGciers et nos ingénieurs, M, de Lesseps perce le canal de Suez, nos capilaNstcs souscrivent auK emprunts du Khédive Ismaïl '■, nos administrateurs l'aidenl à établir l'ordre et la justice dans ses États, notre langue est la langue officielle... Mais, alors, la France n'est plus seule en Egypte, les négociants des principales nations européennes l'ont suivie sur la terre des Pharaons comme dans les autres provinces de l'Empire ottoman et l'Angleterre a conquis à nos côtés une situation « matérielle » considérable : son commerce dépasse le nôtre, ses capitalistes sont, ainsi que les nôtres, créanciers du gouvernement kbédivial, ses administrateurs se partagent les principaux postes avec les Français, Un instant même, les Anglais paraissent prendre sur nous un réel avantage, lorsqu'en 1873 ils achètent à Ismaïl les 177 000 actions du canal de Suez dont il est propriétaire. Mais le gouvernement de la République profilant en 1878 de circonstances favorables arrête leurs progrès; les cabinets de Paris et de Londres s'entendent pour se partager l'administralion de l'Egypte (le condominium 1878).

Ismaïl (ISQ3-18T9) troisiënie successeur da MebemeL Ali, premier vice-roi d'Egypte [1800-i8iil). La Sublime Porle t'autorise à changer son lilre de vice-roi pour celui deKliédive [ou souverain). — Le priace Tewnk a succédé en 1879 à Ismaïl.

Ainsi la France n'esl pas à môme lie tenir senle une situation prépondérante, mais elle a l'autorité nécessaire pour lier iiiliinenient l'action de l'Angleterre à la sienne propre.

Le condonuniitm anglo-français fonctioouaitsans la moindre difficulté et au mieux des inlérèts de l'ÉgypIe lorsqu'éclata, en J881, une insurrection « nationale » contre les n étrangers » et le gouvernement du Khédive. Les deux nations unies de- Taient la reprimer en commun, mais la France, commit la lourde faute de ne pas intervenir et l'Aa-. gleterre fut seule victorieuse des bandes d'Arabi la Ijataillo de Tel el Keliir(1882).

Depuis ce jour le condominium est dénoncé, l'Angleterre tient garnison dans la vallée du Nil, fonctionnaires remplacent les noires dans toutes les administrations publiques, la colonie française perdu quelque chose de sa légitime autorité, et les indigènes s'étonnent que la France paraisse oublier son glorieux passé.

La situation actuelle s'affermira-t-elle? Les Anglâii resteront-ils en Egypte? Il est permis de compteifi' sur les événements et d'espérer un autre avenir,' mais il faut reconnaître que la bataille de Tel ef Kebir a fait du bruit en Orient et que les temps. sont loin ou la France, à demi maîtresse en Egypte, pouvait espérer établir à l'abri de son protectorat;

T.A FIIAXCE E;S GliÈCE.

«ntholiqiie et de son înflueDce séculaire une sorte de protectorat effectif sur la Syrie, — autre route des Indes, autre clef de la Méditerranée '.

Le plan de cet ouvrage ne permet pas de Irai- ) ter plus longuement ici des ti colonies libres » de l'Orient. 11 n'est cependant pas possible d'oublier la Grèce, ancienne province cbrélieone de l'Empire turc que la France a aidée en 1827 à reconquérir sa liberté.

Aux siècles précédents les négociants marseillais commerçaient avec la Grèce comme avec les autres parties de l'Empire ottoman. Aujourd'hui, bien que notre commerce avec le jeune royaume rencontre la concurrence de plusieurs nations européennes, il rie cesse pas d'atteindre un chiffre assez important (statistiques grecques pour 1888: commerce total

L'Angleterre, n'ajusqu'ici, fiïé aucune date à la réalisation de la promesse qu'elle a Taite d'évacuer TÉgypte.

Uu seul acte diplomatique est intervenu dans ces derniëres années qui louche non ce pays lui-même, mais le ca~ nal de Sucî. Il porte la date du 39 octobre 1888 et la signature des gouvernemenls de France, d'Allemagne, d'Autriche- Hongrie, d'Espagne, de Grande-Bretagne, d'Italie, des PsfS- Bas, de Russie el de Turquie. Le canal de Suez est déclaré neutre ; il sera libre el ouvert en temps de guerre comme eu temps de paix i tout navire de commerce ou de guerre sans distinction de pavillon. Les parties coniractnntes s'engngent à ae porter aucune atteinte à sou libre usage en temps de guerre comme en temps de paiï.

de la Grèce — importations et exportatioDS com prises — 204800000 francs; part de la Franc* dans ce chiffre 28839000 francs) '. L'ioAuence de II France en Grèce n'est pas limitée d'ailleurs au chiffre de son commerce : les affinités de races, lei souvenirs de la guerre de l'Indépendance, des rela lions plusieurs fois séculaires nous assureot dam ce pays des avantages « moraux » très appréciables : les dispositions du Code civil et du Code pénal, les règlements de l'armée et de la ma-J rine sont calqués sur les nôtres; l'enseignement du français est obligatoire dans plusieurs établissements publics et privés; on parle notre langue, on Ht nos livres ; deux missions militaires viennent de réorganiser l'armée et la flotte ; l'Ecole d'Atliènes ne cess» de poursuivre des fouilles importantes; les grandes entreprises de travaux publics sont dirigées par des ingénieurs français, etc..

A l'eslrème Orient de l'Europe, l'immense Eni'^ pire de Chine avec ses 400 millions d'habitantst producteurs et consommateurs, ses richesses con^

' Il y a une Chambre de commerce française <> Atbènes.

Le gouvernement vient de prêsenLer à l'approbalioa di Chambres un projet de Convention commerciale qui assun lait aux marchandises françaises en Grèce le traitement dali naiion la plus favorisée.

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