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LA FRANCE ET L ANGLETERRE

merciale dans la Méditerranée orientait;, el fondent, à l'abri des Capilulalions, des comptoirs, des Il colonies franqucs », en Egypte, en Asie Mineure, dans la Turquie d'Europe de Coustantinople à la pointe septentrionale de la Morée '.

Dans ce grand mouvement d'expansion sur toutes les mers qui atteint son plus large développement à la fin du xvii" siècle, la France rencontre en pleine prospérilé une rivale, une ennemie : l'Angleterre. L'Angleterre est une île; sa situation géographique et l'amour du déplacement, qui est un des traits essentiels du caractère de ses habitants, la destinent au commerce et aux entreprises coloniales. Si elle n'a pas l'avanlage d'être, comme lu France, placée à la fois sur deux mers, elle en possède un autre beaucoup plus précieux : rejetée à l'ouest de l'Europe, appartenant, à volonté, à l'ancien monde ou au nouveau, protégée par les flols contre toutes les tentatives d'invasion, elle est insaisissable, gardée contre toutes les attaques. Lorsqu'au xvin° siècle elle commence à prétendre à la domination universelle des mers, elle encourage en Europe les ennemis de la

Nous dâRnirons une « colonie « une réunion d'hommes ■qui quitLenl leur pays pour aller s'établir au loin sur un territoire étranger, une communiiuLé qui lire sou origine d'une

î patrie et qui lanlût reste avec elle ditns une relation de dôpeudance (" colonie d'État »), lantôl, nu contraire, n'est tenue que par un sentiment de pareuté [" colouie libre ").

lE L EXPANSION DE LA FRANCE.

France, profile de ses fautes de puissance contineii' taie, noue, sans jamais se lasser, des coalitions européennes qu'elle soutient plus par ses subsides que par ses soldats. Alors, pendant que nos armées combattent sur le continent, les Anglais portent tous leurs oCTorts contre nos colonies, abandonnées à leurs seules ressources, et s'en emparent. C'est ainsi que de 1713 i 1814 la France pei-d son « Empire colonial ' ».

Pourquoi subissons-nous, du fait de l'An^ïleierre, de pareils revers, une climinulioa aussi sensible? C'est précisément parce que la France est une puissance continentale eu mémo temps qu'une puissance coloniale, c'est qu'elle est surtout, ainsi que nous l'avons montré, une puissance continentale.

Faut-il rappeler l'histoire? Lorsque la guerre de Cent ans est terminée, la résistance des grands vassaux brisée, lorsqu'au commencement du xvi" siècle « la France est faite n, il faut aussitôt qu'elle défende sa liberté contre l'ambition de la puissante maison d'Autriche. Celle-ci vaincue, nos frontières

' Cel ouvrage sur l'expaasion contiaeiilale eL colotiiale de ta France se rencontre en jjlusicurs poiuls avec les remarquables leçons de M. Seeley, professeur à l'Université de Cambridge sur VExpumionde l'Angleterre. Cela n'a d'ailleurs rien que de naturel, M. Seeley éludianl les causes qui ont amené la suprématie maritime et coloniale de son pays. — Traduction française chez Armand Colin, éditeur, Paris.

NOTIŒ niSTOlRE.

Pyrénées cl du Jura assurées, la niédintion i Pa France dans les alfaires d'Allemagne acquise par i traité de Weslphalie, Lotiis XIV, égaré par ses fcuccès, l'ail alors la guerre pour établir sa supréïialie en Europe, lia élevé la France au premier l^ang des nalions, mais il la laisse vaincue et déjà ^iminuée. Après lui, Louis XV est eniraîné par ses pourlisans et ses maîtresses dans des guerres impoutiques sur le continent à l'heure où il faudrait dé- Kendre nos colonies contre l'Angleferre. Vingt-six nus plus tard éclate la Révolution française : Au nècle précédent la Révolution d'Angleterre, — de nalion insulaire, — s'est accomplie sans être menacée d'aucune intervention ; la Révolution de . France continanlalc doit, au contraire, se défendre contre les monarchies européennes coalisées Est conduites par l'Anglelerrc libérale. La Républie et IJimpire trîoinplicnt de ces coalitions; mais igmme Louis XIV, Napoléon victorieux prclend flmpre le « système d'équilibre » et dominer l'Europe, ~ il est vaincu.

C'est ainsi qu'en 1713, 17C3, 1814, la France puislance continentale perd ses colonies sur les champs ! bataille européens sans avoir jamais fait une guerre coloniale.

Mais les traités de 1813, les désastres de celte hinnée terrible ne laissent point la France long-

S abattue; ses révolulions inlériciires n'empêchent ni son relèvemenl, ni ses progrès. Kn 1860 elle recouvre le comté de Nice et la Savoie — la frontière des Alpes, — et malgré le Irailé de Francfort qui, en 1871, lui a enlevé deux provinces, la Lorraine et l'Alsace, elle est aujourd'liui une des grandes puissances de TEurope. Dans le même temps la Fortune l'a mieux servie sur l'océan que sur le continent ; ses escadres, ses navires de commerce promènent son pavillon sur toutes les mers ; l'Algérie, la Tunisie, le Sénégal, le Congo, Madagascar, l'indo-Chine sont de riches colonies de grand avenir dont la possession nous rend moins sensible la perle du Caniida et de l'Inde : nous avons acquis un nouvel " Empire colonial ». Un trait toutefois assombrit ce tableau : au moment où la France, puissance maritime et coloniale, s'établit en Tunisie et en Indo-Cbine, elle éprouve, h la suite d'une faute politique qu'il était facile d'éviter, un grave échec en Égyple, — échec qui airectc la grande situation que notre pays a conquise dans le Levant par son commerce et sa politique.

L'objet de cet ouvrage est de retracer, suivant \\ les vues qui viennent d'être exposées, la politique ! continentale et coloniale de la France du xvi" siècle .

NOTEIE IIISTOIHE. 15

\ l'heure présente, de moniTer l'expansion de noire l}iays eu Europe et hors d'Europe durant quatre ^iècies.

Il ne s'agit pas, touteTois, de raconter les règnes, pes guerres, les batailles et les traités. Un simple ■« catalogue chronologïfjue » suffira pour dégager Itien nettement le dessin général de notre histoire eitérieure, la tendance invariable des affaires françaises depuis François 1" jusqu'à la troisième République. On verra par ce simple « catalogue » que tous les faits, nos guerres sur le continent aussi bien que nos entreprises sur les terres lointaines,

I trouvent leur cause, leur raison d'être dans la situation géographique de la France.

Mais eu même temps que les noms des plus fameuses batailles livrées sur le continent seront à peine cités et seulement pour rappeler les grandes lignes de notre histoire européenne, l'expansion de notre pays en Amérique, en Afrique, en Asie, en LOcéanic, fournira matière à une étude délallléc. cOn verra François 1" et Henri IV encourager la Ifondation des premières colonies, Richelieu el IColbert doter la France — grande sur le continent, 1' — ■ d'un Empire d'outre-mer, Louis XV perdre cet ipire et Napoléon le laisser plus réduit encore. En poursuivant l'histoire durant ce siècle on assis- Ttera sous Charles X, Napoléon III et la Républicyic.

à la reconslilntion d'un nouvel « Empire colonial », Enfin on ïipprendra, dans un dernier chapitru, que TauJorilé morale, l'influence, le commerce, la langue, de la vieille nalion française ne se rencontrent point seulement dans ses colonies, mais aussi en plusieurs contrées da mondtt, comme des témoignages certains de la grandeur et de la vitalité de la patrie',

' L'iiistoire de noire pays depi jours se divise, — si l'on néglig disiributions arbitraires par « r^gi cune Tiie logique, — en quaire grandes êt&pes :

Iiil5-t888 ; La France élabiit sa suprématie en Europe par des « guerres polilit[ues » el fonde un '.< Empire colonial » ;

1688-1792 : La France fait en Europe des « guerres impoliliques » qui lui coûtenL ses colonies;

1793-iSlS : La RÉvolulion donne à la France aes frontières oalurelles ; Napoléon les lui fait perdre ainsi que ses demie' res colonies ;

1815-1890 ; La France, en Europe, remporte des sucei^s et subit des revers ; par delà les mers elle fonde un nouvel <■• Empire colonial. ■'•

Ces quatre périodes font chacune l'objet d'un chapitre (chapitres II à V), puis les deux suivants [Vt et Vil) sont consacrés, l'un à la description de noire n Empire colonial " actuel, l'autre aux n colonies libres » de la France en Amérique, en Orient el en Exlrème-Oi'ienl, Enfin un dernier chapilre dégage les conclusions de l'ouvroge.

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Politique continentale et politique coloniale de 1515 à 1688 '.

La Tranceeii ISl-'i.

François 1°' commence la lutte avec la maison d'AuLriclit et fonde nos premières colonies. — Les Capilulatioos et le commerce de Marseille.

tè^oe de Henri IV.

'olitique coutinentale de Richelieu. — Les traités de Weslphalie et des Pyrénées. — La Ligue du Hbin.

Politique coloniale de Richelieu. — Acquisitions en Amérique el en Afrique. — Comment se peuplent nos colonies. — Les compagnies privilégiées. — Le commerce de Marseille dans le Levant. — Développement parallèle des colonies anglaises.

luerres d'ambition de Louis XIV eu Europe. — Ministère de Colbert. — État des colonies françaises el anglaises lorsqu'il prend les affaires. — Sa politique coloniale. — Régime commercial de nos possessions. — Les grandes compagnies des Indes occidentales et des Indes orientales. — Prospérité de nos colonies. — Étendue de noire premier

' Les ouvrages historiques qui ont été consultés pour ce ihapitre et les trois suivants sont : les Histoire de France de Hichelel, Henri Martin et Ttéophile Lavallée, le Préds de

thisluire moderne de Miclielet et l'Europe miiUaire et dipto-

iniilique au xix' siMf, de Frederick Noile.

L'EXPANSION DE LA FlIANCE.

l^mpire colonial. — Importance du commerce de Marseillo dans le Levant; sa réglemenlalion. — Influence polilique de la France en Orient.

Grandeur de la France en Europe el sur les mers en 1688.

Le règne de François I"' (lSio-lo47) est le point de départ de la première période de notre histoire ; c'est la plus glorieuse. De 1515 a 1688 la France, détinilivement constituée, formant une nation, n'entreprend que des II guerres politiques », des" guerres nécessaires ». Toutes sont heureuses. Elle lutte d'abord pour défendre son indépendance contre la puissante maison d'Autriche, puis elle enlève successivement aux deux branches de cette maison, — la branche allemande et la branche espagnole, — les trois évèchés de Lorraine, l'Alsace, l'Artois, le llainaul, la Flandre, le Roussillon, la Franchc- Comlé, provinces indispensables à sa sécurité. Par une conséquence naturelle de ses victoires elle acquiert en Europe le premier rang.

Dans le même temps nos populations maritimes de l'Océan colonisent le Canada, les Antilles, prennent possession de territoires considérables dans l'Amérique du Nord, débarquent à Bourbon, à Madagascar et dans l'Inde, tandis que d'un autre côté les négociants marseillais augmentent chaque année le mouvement de leurs affaires avec les populations du bassin oriental de la Méditerranée.

LA FRANCE EN ISln. 19

Eq J515 la guerre de Cent ans est terminée âepuis près d'un demi-siècle; Louis XI a brisé la résistance de ces grands qui >< aiment tant le royaume de France qu'au lieu d'un seul ils en auraient voulu sis » ; les guerres d'Italie, — guerres de chevalerie entreprises sans raison, faites sans profit, — vont finir au traité de Noyon (iSi6). La France est loin de posséder ses limites naturelles. Le traité de Verdun les lui a enlevées en 843. Bien qu'elle se soit récemment ngrandie de la Bourgogne, le la Provence et de la Bretagne, sa superficie ne •eprésenle pas les quatre cinquièmes de eu qu'elle est aujourd'hui. Il lui manque : au Nord, Calais, *— au Nord-Est et à l'Est, une bande comprenant l'Artois, la Flandre et le Hainaut, la Lorraine et l'Alsace, la Franche-Comté, la Bresse, le Bugey, la Savoie et Nice, — au Sud, le versant nord de la -Navarre, la Gerdague, le Koussillon, et, dans la Méditerranée, la Corse. A l'intérieur plusieurs petites principautés, dont la plus importante est le comtat d'Avignon, sont indépendantes.

Mais tel qu'il est ainsi, avec ses frontières ouvertes, notre pays est déjà une nation : il a sa Jangue, sa religion, son histoire, ses souvenirs; la résistance aus Anglais, l'épopée de Jeanne d'Arc BQt éveillé le sentiment national ; la politique royale a saisi ta bourgeoisie et le peuple; — la nation e.e,t.

-20 L'EXPANSION DE L,V FRANIJE.

dans les mnins de son roi, elle a une armée, clic est prêle à faire Tace au péril extérieur, on peut diro que la France exisle.

A ce moment môme se constitue sur ses fpoatières une puissance formidable faite d'une informe agglomération de royaumes réunis dans les mêmes mains : Charles l" d'Espagne, fils de Philippe le Beau archiduc d'Autriche et de Jeanne la Folle fille de Ferdinand et d'Isabelle et héritière de Caslille, est élu empereiird'Allemagne sous le nom de Charles-0uiDl'il519). Il possède l'Kspagncet Naples, les Pays-Bas et l'Autriche, il est empereur; Fernand Corlez et Pizarre font pour lui la conquête du Mexique et du Pérou; son ambition menace la France; il l'enserre : La prendra-l-il?

C'est alors qu'éclate une guerre sanglante entre ^ François I" et Charles-Quint. Le roi de France

L^ défend à la fois, contre la maison d'Autriche, l'iii- P dépendance de son royaume et ce que l'on a appelé

le « système d'équilibre ». François est plusieurs fois vaincu, mais son fils Henri II (1547-1559) reprend l'avantage. En 1556, Charles abandonné par la fortune « qui n'aime pas les vieillards » laisse l'Empire à son frère Ferdinand, l'Espagne à son fils Philippe, faisant ainsi deux parts de son lourd héritage. Les hostilités continuent pendant trois ans

i entre Henri II et Philippe 11. <J

niANC-ois I".

iÇ premier acte de la longue rivalité entre la i'rance et la maison d'Autrîclie se termine an li'ailé le Cateau-Cambrésis (1539) : Pliilîppe vaincu aban- Jonne les trois évêcbés de Lorraine, Metz, Toul et Verdun, dont la possession ouvririi celte province h I France en même temps qu'elle couvrira la Bour- Dgne et la Champagne; les Anglais, alliés du roi 'Espagne, doivent renoncer à Calais, dernière place qu'ils tiennent dans notre pays.

En même temps qu'il luttait sur le continent, our assurer la liberté de son royaume, Fronçois I" lisait de notre expansion au debors une « affaire do oy». Déjà, nos bardis marias des ports de l'Océan isilaientla côte occidenUle lic l'Afrique depuis un iècle et demi et celle du Brésil depuis queliiues .nnées, tandis que les négociants marseillais comjOnerçaient avec tout le bassin de la Méditerranée. François I", en cela précurseur de Richelieu, ^'intéresse à ces tentatives, assure aux entreprises privées l'appui de la couronne, adoptant ainsi li; premier » une politique maritime, couiuiercialo i^t coloniale >•.

11 entretient une Hotte sur l'Océan, commandée par l'amiral du Ponant, une autre sur la Méditeriianée, aux ordres de l'amiral du Levant ; il fonde ie port du Havre. L'italien Giovanni Verazzano est ;hargé par lui d'explorer les côtes de l'Amérique

il visite 1

ï2 l'expansion de la khance.

du Nord, de la Géorgie im caji Breton; Terre-Neuve. Après Verazzano, un Fraoïais, Jacques Cartier, entre dans le fleuve Saint-Laurent (1S34-JS35), fonde nos premiers établissements au Canada, région fertile et tempérée, que plus lard on appellera '■ la Nouvelle-France ».

L'alliance de François I" avec Soliman dans ses guerres contre Charles-Quint, — « alliance impie et monstrueuse du croissant ni des fleurs de lis » — , a, d'autre part, pour conséquence la signature d'un acte dont la portée sera considérable.

Depuis le moyen âge, les négociants marseillais entretenaient un important mouvement d'échanges avec les populations musulmanes du Magreb, avec Jérusalem, la Syrie et l'Egypte. La conquête d'Alger et de Tunis par les frères Barberoussc (15IS- 153S) qui venait de faire de ces deux villes commerçantes des nids de pirates, — « une République de larrons», — obligeait nos négociants à restreindre leurs affaires avec le Magreb et les incitait à porter leur activité vers les riches provinces de l'Empire ottoman. C'est précisémen t à ce moment que François I" traite avec la Sublime Porte. Les « Capitulations » de 1533, qui seront confirmées, étendues, il dilTérentes dates par des « lettres patentes » ou de nouvelles « Capitulations » accordées par les successeurs de Soliman, assurent aux rois de France le protec-

LES CAI'ITUUTIONS.

^oral des chréliens d'Orient et des Lieux Saints, E-transforment les comptoirs de nos ma relia nds en

I colonies franques » placées sous l'autorité et la ■Juridiclion de leurs consuls, indépendantes des fonc- ■•lioDDaires turcs, obligent, enfin, toutes les puissances I chrétiennes à ne naviguer dans les mers ottomanes I que sous pavillon français, ce qui consLilue, en ■ quelque sorte, notre nation comme l'intermédiaire

unique entre l'islamisme et l'Europe IraGquanIc'. C'est ainsi qu'à l'abri de ces actes, dont le respect sera constamment exigé par nos ambassadiiurs

II Constantinople, les Marseillais fonderont dans le Levant des colonies d'une nature particulière.

Lorsque nos compatriotes des rives de laManche, 5 Dieppois, les Rouenuais, les Bretons, les Sain- Eongeois, les Rocbellois, débarquent dans l'Arnéri- VB du Nord, aux Antilles, ils ne trouvent devant t que dos peuplades clairsemées, sauvages et misérables ; ils les refoulent, les soiimeltenl ou en [bnt des alliés, puis arrivent en nombre dans le but B peupler et de cultiver les régions nouvelles : leurs Blablissements sont ce que l'on pourrait appeler Bdes « colonies d'Efat )■, terres conquises, propriété. accroissement de la nation colonisatrice. Les éla-

1 Les Génois et les Vêmlîens paraissent avoir obtenu des Japilulalionsde la Porte avant notre pays, mais elles n'eurent s l'importance des iiâtres.

21 L BXPA^S10.^ DE LA FHA.NCE.

blissemeots des Provençaux dans les Échelles onl UD caractère tout atilre parce qu'ils sont établis dans UD milieu bien difTéreuI. Les Marseillais lencooirenl, en effet, dans le bassin de la Méditerranée orientale, non des tribus sauvages, mais tm l,lat organisé, puissant même, capable de résistance si on tentait de lui enlever quelque province, d'ailleurs suflîsamment fort et policé pour qu'il soit possible de noueraveclui des relations politiques et commerciales. Eu présence d'un pareil état de choses les Marseillais ne sauraient songer comme leurs compatriotes des rives de l'Océan à conquérir les lieux où ils débarquent; ils ne fondent point des « colonies d'État II sur une terre devenue française, maïs des « colonies libres» sur une terre demeurée étrangère. Les négociants marseillais jouissaient en Orient d'une situation privilégiée avant même que les (Capitulations de 1533 fussent signées. A celle dale ils possédaient déjà des comptoirs à Tripoli de Sjric, Beyrouth, Chypre, Alexandrie, Alexandretle, Atep et Coustanlioople. La politique inaugurée piii" François l" allait leur assurer une protectiou nouvelle, encourager leurs efforts et leurs initiatives '.

' Dès 1478, quelques négocia 11 L s Provençaux avaient obtenu des Turcs le privilège exclusif de la pi?clie sur la côle africaine s'ttendaul de Tabarca h. Bougie. Ce privilège fut confirmé dans les Gapitulalious do 1333 el les Provençaux n'ont jainaia

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