PENDANT QUATRE SIÈCLES
ne sauraient lui en procurer cin((uanle s
Doées de guerre en Europe i> ; un peu plus lard, Duploix voit
somment un petit nombre d'Européens put réduire \ l'obéissauce des millions d'Hindous, il entreprend , conquête d'un empire, il nous promet ses ri- . Tout semble nous convier vers une politi-
[ue coloniale active, — mais Louis XIV et Louis XV ne savent pas, n'entendent pas, ne voient pas; les « guerres impolitiques » suivent les u guerres d'ambition 11 et la guerre de Sept uns vient la dernière, faite pour madame de Ponipadour, en dépit des intérêts de la France. Alors des colonies magnifiques acquises par le courage, l'esprit d'entreprise et d'aventure dfi nos compatriotes, peuplées de leurs enfants, enrichies déjà de leurtravail, quisemblent devoir à tout jamais faite partie de notre domaine, payent aux mains de l'Angleterre nos fautes et nos défaites continentales.
Plus tard, au siècle suivant, notre pays subil, et cette fois en Europe, un désastre plus grand encore que celui de 1763 : la Révolution attaquée a dû se défendre, elle a pu porter nos frontières jusqu'aux Alpes et au Rhin, donnant ainsi à la France deslimites tracées parla nature; elle est assez forte pour garder ces conquêtes, assez riche, assez habile, assez heureusement douée pour « pénétrer ipopulations des pavs conquis, les assimiler,
I I II B^^l^^
3i(; L'EXI-XNSIO.N lli; LA l''il,\NCf
pour Faire, ovec le temps, des Niçois, des Savoyards, des lïelgcs et même des Allemands — Alleinundf de [-"riince comme ils s'a)i[)clateal, — des citoyens français... Mais la Répiibli([ue est tombée aux mains de Napoléon et ses entreprises ambitieuses, se» plans frigantcsques aboutissent aus lamentables Irailés de 1814 et 1813. Enfin, il y a vingt ans i peine, les rêveries nuageuses elles ambitions dynastiques de Napoléon III nous ont attiré en Europfe de nouveaux revers: l'Alsace perdue, la conslilution de l'Empire d'Allemagne sur notre frontiùre de l'Est.
Comment expliquer ces prodigieux retours dô fortune, les plus grands que jamais une nation ait subis? Nous avons insisté plus haut sur racharnfl< ment de l'Angleterre contre notre pays durant toùl le xvni° siècle et jusqu'en 1815, mais ce fait seul a suflit point à expliquer nos désastres, notre dimî nution en Europe et sur les mers, après une ms gnifique période de prospérité longue de deux siècles. La victoire de l'Angleterre est un " effet h ; où est la n cause >i ? Seeley, la recherchant, a ai que la défaite de la France venait de ce que Uafg pays avait eu à la fuis « deux fers au feu », qà durant le xviti" siècle il s'était battu en rnèm^ temps sur le continent et sur les mers, qu'il araïi éparpillé ses efforts, aidant ainsi en quelque sorte i
PENDANT OUATHE SIÈCLES. 3i"
sa propre perte. Celle observalion est assurément juste et nous n'avons cessé de montrer dans le récit des événements passés l'habileté de l'Angleterre occupant la France en Europe pour aller plus sûrement l'attaquer dans ses colonies en môme temps que l'imprudence et la courte vue de nos ministres ne cessant d'acccpler avec insouciance celte double partie. Lorsque la France a « deux fers au feu » elle est vaincue (traité d'Utreclil, traité de Paris); lorsqu'elle n'en a qu' « un seul " elle est victorieuse aussi bien sur mer que sur terre (traité de Westphalie, traité des Pyrénées, traité de Versailles). Mais à l'observation de Seeley il faut en ajouter une autre qui n'est pas moins exacte que la première et la complète, — observation que nous lavons cherché à bien dégager lorsque nous avons Irappelé les « guerres d'ambition » de Louis XIV «t plus encore celles de Napoléon 1". C'est que . France, puissance continentale victorieuse, est Fexposée de céder à la tentation de vouloir rom- I pre l'équilibre de l'Europe à son profit pour parl venir à la suprématie; c'est que, arrivée sur la f rive gauche du Rhin, il lui est facile de franchir l'te fleuve, — "et alors qui peut l'arrêter, qui l'arirèle? L'Europe tout entière liguée pour la défense . liberté (ligue d'Augsbourg, guerre de la rsuccession d'Espagne , coalitions contre Napo-
L'EXPANSION CiE LA FRANCE.
'"îêon I", dcfailo tie Leipuig, la n luitaillo des na lions », Waterloo').
Paut-il mainlennrit conclure de ce passé, ici nous abordons notre seconde conclusion, — qn la double [nililique suivie par notre pays depui quatre sii>cles lui impose des charges trop lourdM que, pour l'avenir, la France doit y renoncei qu' « elle doit opter « ? Non, assurément!
Certes, la nature, en donnant ù notre pays un frontière territoriale ouvorte vers l'est, des intérêt continentaux considérables en même temps qu'ui longue étendue de côtes sur deux mers, lui a ii pofié dans le monde une lourde tâche! Sa siluatioi est belle, avantageuse peut-être, plus que cell^ d'aucune autre nation, mais aussi combien elll
' La guerre de 1870-1871 ne tombe sous aucuue des deit observalioiia qui vienueiil J'fitre faites, La France n pas " deux fers au feu « el ce u'éiaiL pas, au moins dans s principe, une guerre " inutile » ou « d'amliition n. H éta eu olTet, dans la politique constante, séculaire, de noire p d'arrêter en Allemagne les progrès d'un Êlal qui poni devenir une menace pour notre frontière de l'est, P avons indiqué plus haut que Napoléon lU devait arrêter' Prusse arant Sadowa ou h. ce moment obtenir une oompsi sation et une garantie â l'IDst. Hais alors il </ rêvait » d'c Empire latin au Mexique. Lorsque quatre ans plus tard il d clara la guerre à la Prusse, sans Sire prÉl, sans attendre ui occasion favorable el pour sortir des difficultés intérienp qu'il rencontrait, c'est beaucoup moins une « guerre polit 1) qu'il Ht qu'une u guerre dynastique ».
LES CHARGES DE LA niANCE. 349
tomporte plus d'exigences, plus d'cffoils ! Puissance Continentale, il faut que la France ait des canons, des forteresses, des camps retranchés, une année considérable afin d'être prête contre toute attaque : iie service militaire y est ohligatoire, son armée compte 570000 hommes en temps de paix, 3 niil- Uons en temps de guerre ' ; ses dépenses annuelles pour la guerre atteignent environ 682 millions de francs'.
Puissance maritime, il faut que la même France ail des arsenaux et des flottes pour défendre ses côtes, Ses ports decoiiimerce, ses colonies : aussi ses populations riveraines sont-elles soumises h l'inscription maritime, ses escadres fortes de 3S0 navires% sesdé-
' Discours du ministre de la guerre à laCtiambre des dé- Iputés, séance dii 2t Janvier 1S89.
3 Ce chiffre — exactement 681 763 182 francs — représente le cinquième des dépenses ordinaires el extraordinaires votées par les chambres pour le miuistère de la guerre dans ces Itinq dernières années. Le chÉlfce total des sommes consasrées à la dépense nationale de 188Q à 1S9() s'élève, en eiïet, t08 83S9H francs,
n 18Q0, le budget ordinaire est de 5;)C333 j30 francs elle îludget extraordinaire de IbiOTâOOO hancs.
Eu 188e, année où le budget eilraordinaire était le plus faible, il s'élevait encore à 73 3(19800 francs.
' Ces 330 navires {chilTra de 1890) comprennent 48 cuirassés, 170 non cuirassés et (32 lorpilieurs, — i T7(i offlciers el 16000 mavij)s.
Ces chiffres et les suivants (oucliant les marines ane et allemande sont empruntés à V.Ude-mi'muin' Je
penses maritimes acDuellcs de environ 203 millions',
Nos voisins n'ont poÏHl îi s'imposer d'aussi lourds sacriliccs. L'Angleterre, puissance marilime, a la première flotte du monde, elle comprend 431 vires',elle exige chaque année une dépense déplus de 228 millions^, mais, grâce à sa position insulaire, elle ne lient pas à l'Europe et rien ne la cantratai à payer une armée*. L'Allemagne est, au contraire, une puissance exclusivement contintintate il lui faut entretenir une armée formidable pour garder en Europe la situation qu'elle a conquise; elle veut posséder des forces aussi importantes
l'offliùtr de marine, par Ed. Uaranier, Baudoin, éditeur, Paris.
De 188Û à 1S90 les dépenses totales, ordinaires et extraordinaires, de la marine se sont élevées à 1 026 C8i 781 francs.
Kn 1890, les crédits onverls sont de 203 148325 francs.
° Ce ctiiU're, qui se rapporte à l'année 1890, se dêcompMt ainsi : 71 cuirassés, 199 non cuirassés et 161 torpilleurs, 1 818 offlciers et 36 «50 marins.
= Le rapport de M. Gerville-Héache, dépulê, sur budget du ministère de la marine pour 1891 llxe les i penses faites par TAn^deterre pouf sa marine de I87t 1SS9 k 4335016!i26 francs. C'est ce chiffre que nous avoni divisé par 19 pour avoir la dépense annuelle moyenne da Graiide-Brelajjne (exactement 228 206 132 francs).
* Ce n'est point dire que l'Angleterre n'a pas un soldaÇ, mais seulement que sa puissancoe raililaîre n'est rien h côté de celle des grandes puissances militaires. En temps de paix l'armée anglaise compte 149000 hommes {non compris
L'A.NGLETERBE ET L'ALLEMAGNE. 331
■ sur sa frontière orientale (la Russie) que sur safron-
l'iièpe occidentale (la France); elle entretient sur
pied de paix S58 000 hommes, sur pied de guerre
3 S70000' ; ses dépenses annuelles alteignentplus de
611 millions et demi de ^^aQcs^Eltepou^rait, toute- .
1 fois, borner là son effort, mais cédant depuis ses
I victoires à des rêves ambitieux, atteinte d'une ma-
Madie que certains peuples ont connue, — la méga-
I lomanie, — elle veut, puissance continentale, Torcer
1 la nature, posséder une Hutte et des colonies ( 176 na-
l vires, 52 600000 fr. de dépense annuelle^).
t natureltement i'cffcctif servant aux Indes) , en lemps de guerre elle pourrait lever 600 000 soldats pour sa défense, is elle ne saurait disposer pour l'offensive que da , 70 000 hommes.
' RevueTniiilaire de l'étranger, numéros 689el 600, année 1888. - n convient de remarquer que le chiffre do l'effectif de gaeirô de l'armée allemande proprement dite est de 2686000 hommes. — Le chiffre de 3 370000 hommes comprend « l'arrièreban » composé des hommes entre trente-neuf et quarantecinq ans; tous ces soldais ne sont point exercés.
IPeut-Élre convient-il de noter, en prévision d'une comparaison entre les forces militaires de la France et de l'Allemagne, que la France n'a qu'une population de 38 200000 habitants alors que celle de l'Allemagne est de 4GS.H5O0O. * Ce chiffre représente la moyenne annuelle des dépenses — ordinaires et eïtraordlnaires, — faites pour la guerre pendant les cinq dernières années budgétaires de lB8i-188S à :
3 Soit 27 navires cuirassés, 33 non cuirassés, 114 lorpilï (chiffres de 1890), — 606 officiers et 12600 marins, ; rapport de M. Gerville-Réache déjà cité fixe les dé-
'Li Wll
352 L-EXI'ANSION DE LA KHANCE.
Deux pays, situés I'uq à l'occident, l'autre an midi de l't^ui-ope possèdent comme le nôtre une situation géographique qui leur permet d'adopter aussi une doultic politique, ce sont : l'Espagne et l'Italie. Mais la première, que la barrière des Pyrénées sépare d'ailleurs de l'Kurope presque autant qu'un bras de mer, n'a pas tenté, depuis ses revers des siècles passés, de reprendre sur le contiaeat et sur l'océan le grand rôle qu'elle a autrefois tenu; la seconde, moins heureusemeiit située que nolra pays, puisque (outes ses côles sont baignées par une mer intérieure, est ime nation jeune, née depuis trente ans à peine, qui n'a encore, malgré ses progrés et ses ambitions, ni la ricKesse, ni l'autorité d'une ■vieille nation. Ses forces militaires et marttimes n'en sont pas moins considérables à cette époque de " paîv armée » où chaque peuple donne un maximum d'efforts'.
Ainsi la France, vieux et riche pays dont la situation géographique est unique en Europe, voî-
penses de l'Allemagoe pour sa marine de 1871 à 1889 ^ 1000724401 francs. — C'esl ce toLal divisé par 19 qui nous donne la dépensa annuelle moyenne (exaclemetil K2 669703 francs).
< Armée ilalienue: pied de paix 23^000 tiommes; pied d^ guerre 3570000. "",
Marine ilalienne: 19 cuirassés, 3S non cuirassés, 130 tor-i pilleurs, soit au total IB7 navires,— 736 officiers et32 450 laSc rins,
LES QUALITÉS DE NOTRE RAf;E. 35:(
sine de l'Angleterre, puissance maritime, et de l'Allemagne, puissance continentale, ne cesse pas de SQ considérer comme également intéressée à rérpiilibre de la mer et à celui du conlineat. Ses lois, ses liudgets, lémoigaent qu'elle n'hésite pas à s'imposer les lourdes cliarges qu'exige cette double politique. Elle les supporte, d'ailleurs, facilement sans que sa croissance ni sa prospérité soient atteintes parce qu'elle est fertile et travailleuse, — elle les supporte, aussi, vaillamment parce que dans les Chambres et dansje pajs le sentiment de la patrie réunit tous les cœurs.
Mais ce n'est pas encore assez dire : il convient d'ajouter que la nation française n'a rien perdu de qualités d'autrefois. Les soldats de la République, du premier, du second Empire ne se sont pas montrés moins hraves, moins impétueux que ceux de la monarchie; souvent ils se sont conduits en héros ; jamais ils n'ont cédé, sinon devant des forces supérieures, et les tristes campagnes do 1814, 1815, 1870-71 témoignent que dans la défaite ils savent sauver l'honneur. Nos flutles sous la République et le premierEmpire,moinsheureusesque nos armées, n'ont éprouvé que des désastres, -mais, comme elles aussi, elles n'ont cédé que devant le nombre. Depuis 1814 aucune grande guerre maritime n'a réclamé nos marins, toutefois l'on a pu en diverses
circonstances juger de leur îtravouie sur leui vnisseaus et même sur terre {Navarin, Alger^ Sébastopol, campagne de France, mer de Chine, Torikin). D'autre part on voit, depuis soixan la France fonder un nouvel Empire colonial en Afrique et en Asie; ses soldats oc cessent de fatri preuve dans des campagnes pénibles et trop pei connues (notamment dans le Soudan français) de; plus précieuses qualités; ses colons s'établisseat dans l'Afrique du .Nord; ses explorateurs, ses pionniers ouvrent à son ioDuence et à son commerce deff régions nouvelles {de Brazza, Binger, Trivier, Du^ puis, Parie).
Les l'ails que nous venons de rappeler lùmoîgnânt que notre pays ppuC ne rien abandonner de traditions historiques, qu'il ne lui manque pour les poursuivre ni soldais, ni vaisseaux, ni colons, explorateurs. Mais ce i[ii'i[ peut, le doit-tî?
Il s'agit, ici, de convaincre les esprits hésitanfsi
Chaque nation tient aujourd'hui dans le monde place qu'elle a su conquérir par ses vertus militaires, ses qualités de travail, sa richesse, sou génii propre et l'énergie qu'elle ne cesse de développai dans la lutte universelle qui est la grande loi de la nature.
Quels éléments constituent donc la force, Iff grandeur, l'influcuce considérable de l'Angleterre^
PUISSANCE DE L ANGLETERRE. Toi
Bde l'Allemagne, de la France eo Europe et dans l'univers entier?
Pour l'Angleterre, c'est, à n'en point douter, l'cnlemble des niiiltiijles avantages que lui procurent Edirectement ou iDdircctemenl sa situation insulaire et la possession de son magnifique Empire colonial %adé depuis plus de deux, siècles et sans cesse étendu : une flotte de guerre formidable, une large et incessante émigration qui peuple ses provinces d'ootre-nicr et déborde sur les pays étrangers, un commerce extérieur, le premier du monde, qui alimentant une puissante industrie et lui donnant nille déboucbés, présente un mouvement général â'affoires de 17 à 18 milliards ', entretient sur les océans Irl.SOO navires jaugeant 8,800,000 tonnes; puis encore de riches « colonies libres )> eu Orient bt en extrême Orient, des capitaux considérables engagés dans tous les pays du monde; puis entîn, t comme résultante, la confiance en lui-même et Bn la grandeur de son pavs qui est au cœur de chaque citoyen anglais, le civis romanus de notre époque.
La force de notre voisin de l'est repose sur des
' Commerce Rénéral de l'Anglelerre en 1889, — importams «t exportations comprises, — 18 558 SôO 000 francs. — Ce liiïre est le plus élevé qui ait élé atteint depuis onie ans. — 1 1879, le commerce général de la Grande-Brelagae élait le 13294400000 francs.
Soû l'expansion de la fhance.
bases l)ien différcnles de celles de l'Angleterre ; Prusse avail affermi sa suprématie en Allemagi par sa victoire sur l'Autrirhe, rAlleniiig;ne a affirm sa suprématie en lîurope par sa victoire sur ! France. Ainsi, cette puissance, la plus jeune paru les nations, paraît être aujourd'hui la premiè] grâce h ses succès militaires. Elle Tail peser sur ; continent une lourde hégémonie, elle conlraii tous les peuples à demeurer sous les armes. C'est I réputation qu'elle s'est acquise sur les cliamps i bataille qui lui a permis de réclamer un lot dat les partages de l'Afrique et de l'Océanie ; elle aussi qui, venant en aide à un étal éconon)î(|t spécial', a grandement hâlé le développement d commerce et des entreprises germaniques dans monde. Ce développement est récent, d saurait nier qu'il est considérable : la flotte ma chaude de l'Empire compte 3,300 navires jau| 1,300,000 lonnes, son commerce s'élève entre It 13 milliards de francs ".
' Le bas prîï de la main-d'œuvre et rie quelques m&tiëft premières [fer, buis, charbon.,., etc.).
s Le commerce général de l'Allemagne — ini| exportations comprises — a pour la première fois enÉ alteinl 13 milliards [exaclement 13J0i7SllKK} fracc^' 1879 à 188S, il a oscillé eiilrc 10, Il eL 12 milliards.. n'esl pas sans iiilérfl de remarquer que l'écarL esL toqJM considérable dans les statisliques allemandes entre u ~ 3C général » et le « cojnmerce spécial » ; en 1
PLUSSANCi; Ubl LA FltASCE. 357
La France, difTérentc à la fois de l'Angleterre et de l'Allemagne, réunit ccpcndaut les caraclèresdistioctifs de chacun de ces pays, puisqu'elle trouve les éléments de sa force dans sa double situation de puissance continenlale et de puissance maritime et coloniale. Comme l'Empire allemand elle est une grande nation militaire, appuyée sur une armée formidaljlu; elle a, en outre, sur son voisin l'avantage d'être une vieille nation qui a promené ses armées dans toute l'Europe, vaincu de nombreuses coalitions. Comme l'Angleterre, et la première après cette glorieuse rivale, la France est une grande nation maritime et coloniale; sa ilotte militaire est la plus forte après la flotte britannique. Riclie parfon ^agriculture, son industrie, ses capitaux, la posses-
ïxemple, le « commerce général » élatil de 13 101 781 000 Tr.,
(.commerce spécial » n'entre dans ce chiffre que pour
^976158 000 Francs. La cause de cet écart a sa raison dans
e fait que l'Allemagne est, par sa silualion géographique au
[centre de l'Europe, un grand paya de transit.
Nous ne mettons pas l'émigration allemande, pour consi- Kdérable qu'elle soit, an nombre àes principaux éléments de Kforce du pays, parce que les sujets allemands perdent leur ^alionalilé bien plus vite que les autres étrangers dans les à ils se rendent (surtout lea Élals-Uois et l'Australie), mvient, en oulre, de noter qu'ils s'établissent en petit Inombre dans les colonies de l'Empire, ainsi qu'il est d'aili naturel, celles-ci clanl des n colonies de commerce ■■ ■habitables pour les Européens. — [Voir sur les oolouies al~ S la note 1 de la page 197).
ïIOQ de ses 'n colonies d'Étal », ses relations < res aTec ses «colonies libres» et tous les pvS globe, elle est, du fait de son ancienneté et | richesse, la seconde nation commerciale du iiioil
• Le X commerce général >• de la France, importai exportalions comprises, varie depuis onze ans } 888ii800000 francs, — chiirre le plus ba; 10123BOOOOO francs, —chiirre le plus haut, 18 il a ôlé de 10 123 800000 francs.
Si l'on se bornait à metire en regard les cliiifres du a; merce général « de la France et ceux de l'Allemagne, I Trait conclure que notre pays vient non au secondfl après l'Au^leterre, mais au troisième après l'AUemagH de 18T3 à 1889 le u commerce général » de rAlIemaj pas cessé d'être plus élevé que celui de la France. Mais Htt faut pas oublier, ainsi que nous venons d'ailleurs de le re- 1 marquer à la note 2 de la page SSi, que l'Allemagne est on ( grand pafs de transit et que ce fait maintient toujours un 4 large écart entre les chiffres du « commerce général i, ceux dn i< commerce spécial », — écai't dont on ne IronvS' I pas l'équivalent dans les staLisliques françaises. (En Allemagne: commerce général 13101781000 francs, — | commerce spécial ,8976198000 francs; — France: merce général lOf-33 800 000 francs, — commerce spéoîat 1 8120 milhons de francs.)
Si nous venons donc, pour supprimer l'inllueni^e de écart, à comparer le " commerce spécial » des deuj paya, J de 1879 à 1889, nous ohservons que la France et rAllem ' gne se suivent de près, se distancenl four à lour: six fQÎa-'li| commerce de l'Allemagne a été supérieur à celui àe i France, cinq fois celui de la France supérieur k celui de V lemagne; quelquefois la différence est bien faible,
I.a qualrième naLion commerçanle du monde, après l'A gleterre, la France et l'Allemagne, est les Ëtals-Unk' mouvement d'affaires, — imporlafions et exportai
' lill