‹ L'expansion des Boers au XIXe siècleChapitre 106 sur 241 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Quand ils eurent franchi l'Orange avec l'intention de se fixer désormais dans le pays qui s'étendait devant eux vers le Nord, les Boers s'aperçurent que des Européens les y avaient précédés. Mais ces blancs, membres de la Société des missions de Londres à Philippolis, de la Société des missions évangéliques de Paris à Morija, des missions américaines à Mosega, missionnaires wesleyens à Thaba Ountchou étaient tous venus, ostensiblement du moins, avec l'objet purement spirituel et désintéressé d'évangéliser les païens. Si, à vrai dire, la plupart d'entre eux exerçaient officieusement une influence politique sur les petits chefs de tribus auprès desquels ils s'étaient accrédités de leur propre autorité, ils étaient trop peu nombreux et d'origines trop diverses pour avoir même l'ombre de la pensée de fonder une colonie européenne ou américaine. Au Nord de l'Orange, ils pouvaient nuire aux Boers, mais non les supplanter.

Les conditions ne se présentaient pas identiques pour ceux des Boers, qui résolurent de s'établir dans les plaines du Natal. Ils y trouvèrent des traitants anglais qui depuis douze ou treize ans formaient une colo-

nie privée et avaient déjà ofEciellement demandé au gouvernement de comprendre le territoire qu'ils occupaient dans les limites de l'Empire britannique. Or les colons anglais contribuèrent indirectement à la fondation de la République boer du Natal, car par eux, les Boers acquirent sur le pays des notions qui les incitèrent à s'y fixer. Mais ils contribuèrent aussi indirectement au renversement de cette même république en provoquant par leur présence l'intervention militaire du gouverneur du Cap et l'établissement définitif de la domination anglaise.

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