‹ L'expansion des Boers au XIXe siècleChapitre 113 sur 241 · Isaacs, I, p · texte numérisé non relu

Isaacs, I, p

cafres, tuent les bêtes sauvages et cohabitent avec des femmes noires*.

La concorde ne régnait pas toujours entre les Européens. Des motifs d'intérêt suscitèrent notamment en 1826 entre Farewell et King un différend, qui provoqua une rupture complète. Quand dans les premiers jours de septembre 1828, King se sentit sur le point de mourir, il fit demander à son ancien compagnon de venir le voir, mais Farewell s'y refusa ^.

Tant que Chaka vécut, les Européens jouirent d'une sécurité presque complète. Assurément il avait des exigences ; il était avide de présents, se réservait le privilège d'avoir des rapports avec eux et interdisait à ses sujets de leur rien vendre. Mais somme toute, il était satisfait qu'ils se fussent établis dans son voisinage et redoutait leur départ. C'est pourquoi il leur accorda des concessions territoriales, encouragea la formation de leurs clientèles de noirs ^, leur fournit du bétail et de l'ivoire. Sauf en deux circonstances où ils provoquèrent sa colère et où d'ailleurs ils étaient dans leur tort*, ils

I. Narrative, II, p. 3o4-5. — Dans son propre livre, Gardiner fait un tableau moins coloré de la vie des colons anglais du Natal. Il désirait y entraîner des missionnaires et, craignant probablement d'effaroucher les révérends, représente les colons, non comme des hommes des bois, mais comme des gentlemen corrects.

a. La mort de King, survenue le 7 septembre 1828, est racontée d'une façon très émouvante par Isaacs, I, p. agS-So^.

3. Fynn dispose de 45o ouvriers agricoles : « He [Chaka] bas allowcd Mr. Fynn about 45o people to cullivate the land, and to do whatever he may require of them. » King dans Thompson, Travels, II, p. 407.

4. Nous avons déjà fait allusion à ces circonstances : deux serviteurs hottentots d'un Européen ayant violé une fille zouloue, Chaka, qui ne plaisantait pas à cet égard, fut très irrité, et plus encore le jour où Isaacs négligea de lui rapporter du Cap de la teinture pour ses cheveux.

n'eurent rien à craindre pour leur vie de la part d'un tyran pour lequel cependant une vie humaine comptait si peu.

Dingan devenu le chef, les rapports entre les Européens et les Zoulous restèrent amicaux pendant les trente premiers mois de son règne. Mais en avril i83i, une armée zouloue apparut tout à coup à la baie de Natal, pilla le domaine de l'un des colons, John Cane, et selon l'ordre qu'elle avait reçu, n'y laissa rien de vivant \ Ce changement soudain d'attitude fut provoqué par la frayeur que causèrent à Dingan les propos de John Jacob, ce noir du Cap, ancien serviteur de Farewell et favori de Chaka, qu'il avait envoyé à Grahamstown en juillet i83o et qui en était revenu tout récemment en mars i83i ^.

Les noirs, disait Jacob, ne pouvaient plus vivre à proximité des blancs ; sur la frontière de la colonie, les blancs étaient venus, s'étaient approprié la terre et le bétail et avaient chassé les noirs; ils avaient aussi construit des malongoes, des maisons pour les missionnaires lesquels devenaient maîtres des noirs par leurs sortilèges. Maintenant chaque tribu avait son missionnaire, et grâce à leurs maléfices, quatre chefs venaient de mourir, ainsi que les inyangers, les sorciers indigènes, l'avaient prédit. Pendant qu'il était, lui Jacob, à Grahamstown, les soldats l'avaient fréquemment questionné sur le pays des Zoulous ; « les chemins étaientils bons pour les chevaux? y avait-il beaucoup de bétail ? )) demandaient-ils et ils disaient : « bientôt nous vous suivrons. » Il avait entendu dire que quelques blancs viendraient d'abord et obtiendraient des domaines, à l'exemple de Fynn et de Tombouser (surnom zoulou

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