Barrow, ibidem, I, p
et des chaussures dans des peaux d'animaux qu'ils tannent eux-mêmes ; les fourrures remplacent les couvertures tissées ; des calebasses servent de vaisselle ; la cendre de la salsola combinée à de la graisse de mouton fournit le savon. Ce qui stupéfie les Anglais et les irrite, c'est, non pas que les Boers mènent cette vie sauvage, mais qu'ils en soient satisfaits. Ne pas s'ingénier à améliorer la vie matérielle, dédaigner Vimprovement I Pareille indolence est inouïe.
Même quand ils agissent, ils paraissent à moitié endormis. Voici la vie d'un propriétaire de moutons du district de Graaff Reinet. Le matin il regarde les troupeaux partir sous la garde des bergers hottentots, le soir il les regarde rentrer ; dans l'après-midi il va parfois les visiter. Il chasse aussi ou « bricole » dans sa maison. Le matin et le soir, la famille assemblée entend la lecture d'un chapitre de la Bible et chante des psaumes \
« Errer dans les déserts de l'Afrique, dit Barrow, attaquer et détruire les indigènes inoffensifs, se nourrir du gibier qu'apportent les Hottentots, dormir et paresser aux cahots de son chariot, voilà pour le Boer les plaisirs par excellence. Par son indolence et sa gloutonnerie, par les efTets d'un bon climat et du bon air, ces gens atteignent des dimensions monstrueuses. » Et Barrow ajoute, en plaisantant un peu lourdement, que si on n'y met bon ordre, une autre race de Patagons se développera à la pointe méridionale de l'Afrique^.
Le Boer a de mauvaises manières : il a toujours la pipe à la bouche, il crache partout^, il met les coudes