Id., p. 2i3-i
Gardiner ne rendit pas seulement aux aventuriers du Natal le service de détendre leurs rapports avec Dingan, il leur donna conscience de leur collectivité. Mieux que quiconque avant lui, il vit la future colonie anglaise du Natal, en traça les limites, lui donna un nom et marqua l'emplacement de la future capitale. Il conçut et l'ensemble et le détail. Je ne sais si ses compatriotes lui ont élevé quelque part à Durban une statue ou un buste, mais s'ils ont négligé de le faire, c'est de leur part un oubli grandement injuste, car il fut vraiment un précurseur.
Le 23 juin i835, quinze Européens s'assemblèrent à la baie de Natal dans la hutte de l'un d'eux et après avoir décidé de fonder une ville, prirent vingt-cinq résolutions, dont voici les principales * :
Un emplacement bien approprié limité par la rivière Avon et la chute Bufialo est choisi pour y élever une ville, qui portera le nom de D'Urban, en l'honneur du gouverneur delà colonie du Cap, sir Benjamin d'Urban. Chacun des habitants présents recevra, moyennant 7 sh. 6 d. (g fr. 35), un lot de terrain, sur lequel il devra, dans un délai de dix-huit mois, sous peine de déchéance, bâtir non une hutte indigène mais une maison d'au moins 24o pieds carrés de superficie (8o mètres carrés) et 8 pieds de haut (2 m. 4o). Ces « chefs de famille », (householders), éliront annuellement un comité dénommé Town Comrnittee de cinq membres au moins et de treize au plus, qui se réunira au moins le premier vendredi de chaque mois et veillera à l'observation des règlements de la ville ; les membres du co-
I. La réunion du 23 juin est racontée par Gardiner. Narrative, p. 187-88. Pour les noms des quinze colons et le texte des résolutions qu'ils prirent, voy. ibidem, p. 399-402.
mité en fonctions recevront i sh. 6 d. (i fr. 85) d'indemnité quotidienne.
Pour l'année courante i835, le Town Comittee est composé de la façon suivante : capitaine Gardiner R. N. ; J. CoUis, esq. ; F. Berkin, esq. * ; J. Cane; H. Hogle [Ogle].
On réserve un terrain à bâtir dans la ville et 3 ooa acres (i 2i3 hectares) de terre arable en faveur duclergyman, membre de l'Église d'Angleterre, qui va être mandé, un terrain pour l'érection d'une école, et 2 ooa acres (809 hectares) de terre arable pour son entretien^ 3 000 acres (i 2i3 hectares) de terre arable pour l'entretien d'un hôpital.
Une souscription immédiatement ouverte pour couvrir les premiers frais de défrichement produisit ime somme de 69 £ i5 sh. (i 5o8 fr. 5o); Gardiner souscrivit personnellement pour 3o £ (767 fr. 5o). Les colons réunis décidèrent également d'ouvrir une liste de souscription pour l'érection d'une église à D'Urban ; la somme réunie s'éleva à io4 £ 5 sh. (2 622 fr. 5o) dont Gardiner fournit près de la moitié, 5o jB (i 162 fr. 5o)*. Enfin une pétition fut adressée au gouverneur du Cap dans laquelle les « chefs de famille de la ville de D'Urban » s'exprimaient en ce& termes :
1. F. Berkin (orthographié Berken, p. a) était un polonais dont Gardiner avait fait Ja connaissance pendant la traversée de Spithead au Gap, et qui ruiné, disait-il, à la suite des événements politiques de son pays, projetait de s'établir dans la Nouvelle Galles du Sud. Mais il accompagna Gardiner d'abord à Grahamstown, puis à Port-Natal (p. a-3). Il décida de s'y établir, et s'embarqua le 20 mars i835, pour aller acheter au Gap les fournitures nécessaires à son exploitation agricole. On n'entendit plus jamais parler de la Circéf le petit bâtiment qu'il montait. Gardiner, Narrative, p. 83,