I. Gardiner, Narrative, p
a. Mac Call Theal, Hist. of S. Africa (i834i854). p. 127.
192 habitants du Cap et accompagnée d'u d'Andrew Smith sur l'ethnographie et les ressources économiques de la contrée. L'opposition, cette fois, vint du secrétaire d'État, qui répondit le i" novembre i834 « qu'il ne convenait pas, en raison de l'état dea finances du Cap, de faire de dépenses supplémentaires pour l'établissement d'une nouvelle colonie »'.
Toutefois en même temps que le Colonial office, le public anglais était saisi de la question par la publication simultanée, en iS36, des Travels and adventures in Eastern Africa de Nathaniel Isaacs et de la Narrative 0/ a Journey to tke Zoolu counti-y in South Africa du capitaine AUon F. Gardiner.
La littérature du sujet était courte jusqu'alors. Il n'était pas question du Natal dans les Travels into tke interior 0/ Southern Africa de John Barrow, le manuel dans lequel, vers i83o, tout Anglais instruit allait chercher ses informations sur l'Afrique du Sud. Quelques pages dans les Travels and aduenlares in Soalkern Africa, de George Thompson, puhhés en 1827, quelques autres dans Narrative of voyages du capitaine Onen, paru en i833, et c'était tout.
Pour la première fois, dans ces deux nouveaux livres, Ir Natal était décrit à l'Angleterre. Or les deux auteurs, I .licnturier traitant d'ivoire comme l'officier missionji.iire, concluaient à son occupation officielle, à cette dillérence près qu'Isaacs insistait particulièrement sur l'intérêt économique qu'elle présenterait et Gardiner sur Ir- avantages moraux. « J'espère, disait le premier, que 11- lomps n'est pas loin où le gouvernement de la Grandelirctagne envisagera les avantages que le port de Natal
1 . Paperi retalivt io Ihe native iiihabitaitts 0/ South, Afnea, II, l<. i|3-ioï.
offre aux entreprises commerciales ^ » « Qu'il ne soit pas dit, reprenait le second, que les instructeurs hésitent à partir, quand des peuplades demandent à être instruites, et que cette misérable Afrique, tâtonnant dans les ténèbres, ne rencontre qu'indifférence quand elle appelle à l'aide et qu'elle tend vainement ses mains vers vous ^, » « Débouchés pour les produits de vos manufactures » , s'écriait Isaacs ; « âmes à tirer des ténèbres du paganisme », implorait Gardiner ; et tous deux : « Occupons le Natal. »
Cependant ce double et pressant appel fut à peine entendu. Gardiner réussit difficilement à former une petite société, the Hambassarti Church Missionary Association ^, qui lui permit d'emmener au Natal en 1837 un missionnaire nommé Owen, dont on verra plus loin les rapports avec les Boers.
Quant au secrétaire d'Etat des colonies, lord Glenelg, il avait immédiatement refusé de prendre en considération la pétition signée par les colons du Natal le 1^3 juin i835, et apostillée par sir Benjamin d'Urban. Il répondit le 29 mars i836 que le « gouvernement de Sa Majesté était profondément convaincu de l'inopportunité de s'engager dans un projet quelconque de colonisation et dans l'acquisition de nouveaux territoires en Afrique australe* ».
Cependant l'annexion du Natal est seulement retardée. Vienne un gouverneur du Cap plus en faveur que sir Benjamin d'Urban, vienne un secrétaire d'État au Colonial office moins convaincu de l'absolue nécessité
I. Isaacs. I, p. XXIII. Voy. aussi II, p. 7-8. a. Gardiner, p; ^09.
3. Ainsi nommée d'Hambcissarli, localité du pays zoulou, où "Gardiner habila en 1887. Annual registery i853. p. 248.