Voy. ci-dessous, 3^ partie, chap. m
porteur de son contenu, de façon à en faciliter l'intelligence au destinataire.
En septembre i836, William Cornwallis Harris, venant du Graafif Reinet et se dirigeant vers le Betchouanaland, remet au field commandant résidant à la frontière, près du fleuve Orange, une lettre officielle d'introduction : « Il la reçut, dit-il, avec grand respect et, mettant ses lunettes, peina à en déchiffrer le texte, mais après s'être arrêté à chaque mot de plus de deux syllabes, avoir pris son temps pour comprendre le sens de chaque phrase, cherché de l'œil les points et fait une pause devant chacun d'eux, il donna la lettre à sa femme, qui bien qu'à peine plus érudite que lui-même, parla du contenu en termes si favorables, que ce digne gardien de la frontière nous invita à partager son dîner*. »
Quant à l'art d'écrire, tous les Boers ne le possédaient pas, et plusieurs de ceux qui marquèrent dans l'émigration, Andries Pretorius notamment^, étaient incapables de tenir une plume.
Les éléments des sciences leur étaient étrangers, et quand en arrivant chez un colon, George Thompson étalait sa carte ou déposait sa boussole et son thermomètre sur une table, toute la famille le regardait, bouche bée, comme s'il eût été magicien ou astrologue '.
L'ignorance des Boers en matière d'histoire contemporaine et de géographie était complète ; on verra plus loin qu'en i84o, ils croyaient la Hollande une puissance de premier ordre et encore capable, comme au xvn° siècle, de se mesurer avec la Grande-Bretagne.
I. William Cornwallis Harris, The wUd sports of Southern Africa<, p. 34-35.
a. Adulphe Delegorgue, Voyage dans l'Afrique australe, I, p. 337.