Thompson, Travels, I, p
SO PRÉLIMINAIRES DE L'ÈxMIGRATION
Les colons pasteurs de l'Est sont donc sur Téchelle de l'instruction à un degré au-dessus des Hottentots, leurs serviteurs, et des Cafres, leurs ennemis, mais à un degré seulement. Leur misère intellectuelle est profonde : « Ils deviennent, dit Lichtenstein, toujours plus indifférents et plus insensibles au défaut de hautes jouissances intellectuelles, qui à d'autres serait insupportable; ils tombent par degrés dans une demi-sauvagerie et ne paraissent vivre que pour satisfaire le besoin physique de se nourrir. Dans un engourdissement intellectuel presque inconscient, indolent, restreignant son action au petit cercle d'humanité que forme sa famille, le colon africain vit des jours uniformes et devient ainsi ce qu'il est * » .
Rustres, grossiers, mal élevés, paresseux, ignorants, pas gentlemen pour un penny, voilà comment les Boers apparaissent aux Anglais. Or, à partir de 1806, qui va être appelé à donner les ordres dont leur vie dépendra ?
C'est, à Londres, le secrétaire d'Etat des colonies et occasionnellement le Parlement ; au Cap, c'est le gouverneur. Tous, ministres, lords, membres delà Chambre des Communes, gouverneurs, appartiennent à l'oligarchie au pouvoir. « La haute classe rurale est seule ou presque seule représentée au Parlement ; elle y dispose de la loi. » « Les ambassades, les hauts grades dans l'armée, le gouvernement des colonies.,, tous les avantages dont l'autorité dispose, se distribuent entre les membres de l'aristocratie rurale *. »
Justement au moment où le Cap devient terre anglaise, cette aristocratie défend l'état de choses établies