Gardinerp p
3. a Les chefs [évidemment les conseillers de Dingan, Umthella et Tambouza] présentèrent quelques objections à notre établissement dans le pays. Ils craignaient que ce que l'interprète de Farewell leur avait dit plusieurs années auparavant ne vint à se réaliser, c'est-à-dire que les hommes blancs viendraient les uns aprè» les autres leur demander la permission de bâtir une maison et de s'établir dans le pays et qu'à la fin une armée entière fondrait sur eux et s'emparerait de tout le pays. Les chefs proposèrent en conséquence que nous bâtissions notre maison à Natal et que nous y fixassions notre résidence, après quoi nous pourrions ouvrir une école chez eux. Dingan tomba aussitôt d'accord avec eux ». Lettre de Grout du 12 février i836, Journal des missions évangéliqueSj i836r p. 870.
Le texte de Grout et celui de Gardiner sont presque identiques. Cette coïncidence est- elle fortuite.'^ ou bien Grout en route vers le- Natal ayant en décembre i835 rencontré à Port- Elisabeth Gardi-
1!3i LES BOERS AU NATAL
Il n'est pas impossible que Dingan et ses conseillers aient vu dans ces Boers qui arrivaient, non comme les traitants ou les missionnaires anglais, deux ou trois ensemble ou même un par un, mais en bandes nombreuses, les envahisseurs dont on les avait épouvantés.
Les Boers durent être desservis dans Tesprit de Din- -gan. Nous n'avons nullement l'idée d'accuser le missionnaire anglais Owen, qui résidait depuis juin ou juillet 1887 à Umgungundhlovu, de complicité de fait dans les tragiques événements de février i838. Mais n'en porte-t-il pas partiellement la responsabilité morale? Dans ses deux lettres à Dingan, du 19 octobre.et du 8 novembre 1887, Pister Retief l'accuse de malveillance à l'égard des Boers*.
« Je crois probable, écrivait Retief, qu'avant mon retour chez vous, vous serez troublé par des avis touchant la requête que je vous ai adressée et la promesse que vous m'avez donnée, w Delegorgue paraît avoir recueilli certaines rumeurs, d'après lesquelles Gardiner €t Owen auraient parlé en mauvais termes des Boers à Dingan* et les auraient représentés comme des vagabonds, dont le voisinage était redoutable. A toute personne instruite des sentiments de haine qui divisaient alors les missionnaires anglais et les Boers, il ne paraîtra pas inadmissible qu'Owen ait usé de son crédit
ner qui en revenait et appris de lui les motifs de l'opposition des Zoulous, les prêta-t-il par un artifice littéraire à Umthella et à TambouzaP ou bien encore, Gardiner ayant eu connaissance de la lettre de Grout du 12 février i836, pendant qu'il imprimait son livre en Angleterre, jugea-t»il à propos d'en fondre un passage dans soq propre récit? Il est difficile de le dire.