‹ L'expansion des Boers au XIXe siècleChapitre 144 sur 241 · I. Delegorgue, IL p. 106 et · texte numérisé non relu

I. Delegorgue, IL p. 106 et

a. II, p. 118, note i.

auprès de Dingan pour éloigner du Natal les nouveaux arrivants. Or quel moyen plus sûr pour ce barbare sanguinaire que de les massacrer jusqu'au dernier. La politique des Zoulou s ne reposait-elle pas sur le meurtre? Tous les Européens qui avaient résidé auprès de Chaka €t de Dingan témoignent que la vie humaine ne comptait pour rien à leurs yeux, qu'ils ordonnaient quotidiennement des exécutions individuelles ou collectives. Les Zoulous avaient détruit les populations indigènes de la baie de Delagoa à l'Umzimvubu ; les Matabélés ont laissé une trace sanglante des Drakensbergen an Limpopo et du Limpopo au Zambèze.

Or Dingan redoutait les Boers; quand il tint bien enfermés dans le cercle de ses guerriers Pieter Retief et ses compagnons, désarmés et les bras ballants, il les fit massacrer, puis il lança son armée sur leurs familles sans méfiance. Ce n'était pas là dans l'histoire des Zoulous un fait extraordinaire, c'était seulement l'application aux Boers, aux nouveaux occupants du Natal d'une politique normale et traditionnelle.

A la suite de ces désastres, quelques Boers proposèrent d'abandonner le pays, mais la majorité et les femmes surtout se prononcèrent vigoureusement pour qu'on restât et qu'on tirât vengeance des Zoulous.

A l'annonce des mauvaises nouvelles, Pieter Uys et Hendrik Potgieter franchirent les Drakensbergen chacun avec un certain nombre de compagnons. De leur côté, les Anglais de la baie de Natal, qui avaient perdu deux des leurs, Holstead et George Biggar, se sentant menacés firent cause commune avec les Boers.

Mais ils ne surent pas combiner leur attaque. Parmi les Boers, ni Hendrik Potgieter, ni Pieter Uys ne consentit à se subordonner à Gerrit Maritz, que les

survivants des massacres avaient, à la fin de février ou en mars i838, choisi pour succéder à Pieter Retief. Ce défaut d'entente et Thabileté des Zoulous à tendre des embuscades causèrent aux Européens une suite d'insuccès.

Ils entreprirent pendant le mois d'avril i838 trois expéditions. Au commencement du mois, les colons Anglais de la baie de Natal allèrent piller le village zoulou de Tougouso. Mais le partage du butin provoqua une scission entre . John Carie et Ogle, qui se retira de la lutte.

Presque en même temps, le 6 avril i838, les Boers, au nombre de 34o et divisés en deux bandes commandées, l'une par Hendrik Potgieter et l'autre pai: Pieter Uys, quittèrent leurs campements. Le n avril, comme ils avançaient dans une gorge montagneuse, Uys et ses compagnons furent tout à coup entourés par les Zoulous. En dirigeant tout leur feu sur un point unique, ils réussirent à faire brèche dans les masses ennemies et à s'ouvrir un chemin, mais ils perdirent dans cette affaire dix des leurs, dont leur chef, Pieter Uys et son fils, Dirk Cornelis Uys, un enfant de quinze ans, qui, voyant son père blessé, revint sur ses pas pour le secourir et fut tué à côté de lui *.

Au même moment, dix-sept colons Anglais rentrèrent en campagne à la tête de quinze cents noirs, dont trois à quatre cents munis d'armes à feu. Ayant poursuivi imprudemment au delà de la Tugela un parti zoulou, qui feignait de s'enfuir à leur approche, ils furent entourés. Le combat fut très long : les Zoulous perdirent plusieurs milliers d'hommes, mais finalement l'emportèrent ; sur les dix-sept Européens, quatre seu-

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