‹ L'expansion des Boers au XIXe siècleChapitre 16 sur 241 · Lichtenstein, Reisen, I, p. 6o · texte numérisé non relu

Lichtenstein, Reisen, I, p. 6o

2. E. Boutmy, Le développement de la constitution anglaise, i vol. in-i2. Paris, 1887, p. a8i-83.

LE DÉDAIN DE LA GRANDE-BRETAGNE Si ^

d'une manière farouche: « Vagabond ou voleur, méthodiste ou catholique, tout irrégulier, tout homme qui n'occupe pas une place reconnue dans l'antique hiérarchie, dans les vieux cadres de l'Angleterre anglicane et aristocratique, est tenu pour ennemi public, pour fauteur de désordre*. » Ce qui caractérise cette oligarchie, c'est le dédain. Pour un gentleman anglais de la fin du xviu" siècle et du commencement du xix*', il n'y a pas deux façons de vivre dignement, il n'y en a qu'une, et c'est celle du gentleman anglais. Infatué de sa supériorité, il méprise donc le paysan africain, ce Boer, chargé de défauts, et au lieu de tâcher de l'amener graduellement par de bons procédés à accepter la domination anglaise, il essaie tout simplement de le réduire.

II. — Jusqu'en i8i5, la Grande-Bretagne ne s'occupe pas du Cap : elle a d'autres soucis ; mais après la victoire, les yeux commencent à se tourner vers cette nouvelle colonie, butin de la grande guerre et à partir de 1820, de iSaS surtout, des nouveautés sont introduites dans le pays.

Le gouvernement britannique, de concert avec le gouverneur général, lord Charles Somerset, favorise l'émigration au Cap. Des brochures, dans lesquelles les avantages et les agréments de la vie en Afrique sont complaisamment énumérés, circulent dans tout le Royaume-Uni ^. Cet appel réussit, des colons se présentent ; dans sa session de 18 19, le Parlement vote une

I. A. Ghevrillon, Sydney Smith et la renaissance des idées libérales en Angleterre au xix^ siècle, i vol. in-i3. Paris, 1898, p. i55.

a. Par exemple : An appendix containing a compendious account of ihe colony of the Cape of Good Hope, its production and resources, iogether with a variety of important information very necessary to bc known by persans about to cmigrate to that colony. Imprimé à la «uite de G. A. Robertson, Notes on Africa, in-S». Londres, 1819.

somme de 1260000 francs pour couvrir les frais de leur transport au Cap et de 1820 à 1821, des centaines de familles nouvellement arrivées sont installées autour de la baie d'Algoa, dans les districts d'Uitenhage et d'Albany.

Le succès de cette colonisation dépassa toute attente : Port Elizabeth, fondé à cette époque et Grahamslown, jusque-là simple camp militaire, devinrent en quelques années de petites villes florissantes. En 1820^ la première se composait de quatre maisons «et la seconde de vingt-deux; en 1882, elles en comptaient respectivement cent et sept cents ^ Ces faits n'échappèrent pas à Tœil éveillé de Karl Ritter, et dans le premier volume de VErdkunde paru en 1822, il remarque qu'une véritable colonie anglaise commence à se développer à côté de la vieille colonie hollandaise*.

Les Boers semblent avoir considéré sans hostilité cette immigration étrangère et s'il en est question ici, c'est surtout comme preuve de l'intérêt que le Cap commence alors à exciter en Grande-Bretagne.

Mais ils n'accueillirent pas avec autant d'indifférence d'autres innovations.

L'anglais remplaça le hollandais comme langage officiel. A partir de janvier 1826, tous les documents émanant du gouvernement sont rédigés en anglais ; à partir de janvier 1828, l'anglais devient obligatoire dans, les tribunaux ; en outre, tout mémoire adressé à un fonctionnaire doit être écrit en anglais, faute de quoi il

1. G. Thompson, Travels, II, p. i46 et suiv. — James Edward Alexander, Narrative of a voyage of observation among the colonies of Western Africa in the Jlagship Thalia and oj a campaign in Kafjirland on the staff oJ the commander in chief in i835, 2 vol in-80, Londres, 1887, I, p. 367 et suiv.

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