I. Cloete, p
non. Il y arriva le 4 mai après une marche très pénible, car on était à la saison des pluies et il avait trouvé en pleine crue les petits fleuves qui descendent des montagnes vers rOcéan. Il établit son camp à quelques kilomètres à l'Est du village de Congella et à 800 mètres du rivage de la baie. Mais les Boers entendaient bien ne pas se laisser déposséder sans combat. Ceux qui habitaient dans les environs de la baie furent peu à peu renforcés par des groupes venus de l'intérieur du pays et même par un commando d'émigrants d'outre-Drakensbergen dirigé par un certain Mocke.
Une circonstance particulière contribuait en dehors de leur amour de l'indépendance à affermir les Boers dans leurs projets de résistance.
Les événements de l'Afrique australe, l'exode des Boers hors de la colonie du Cap, leurs combats contre les Matabélés et contre les Zoulous, commençaient à être connus en Europe. En Hollande, une brochure intitulée : Les Émigrants de Port-Natal, écrite par un certain George Gérard Ohrig, avait excité quelque sympathie pour ces « dignes descendants des gueux », qui s'afî'ranchissaient de la domination anglaise aussi courageusement que leurs ancêtres s'étaient soustraits à celle de Philippe II.
Un petit navire, le Brazilia, avait été envoyé par la maison de commerce Klyn et C^° au Natal, où son arrivée, en mars 18^2, deux mois par conséquent avant celle du détachement du capitaine Th. Ch. Smith, avait excité un grand enthousiasme. Un commis- voyageur du bord, un certain Johann Arnaud Smellekamp, leurra imprudemment les Boers en les assurant de la protection du roi des Pays-Bas \