‹ L'expansion des Boers au XIXe siècleChapitre 167 sur 241 · I. Cloete, p. ia3-i24. — « Les Boers [habitant au Nord des · texte numérisé non relu

I. Cloete, p. ia3-i24. — « Les Boers [habitant au Nord des

Or les Boers se méprirent doublement : d'une part, ils admirent, sans preuves, que cet individu avait qualité pour traiter ofi&ciellement avec eux au nom du gouvernement des Pays-Bas, et d'une autre, ils étaient tellement ignorants des notions les plus élémentaires «ur l'état politique de l'Europe contemporaine, qu'ils supposaient la Hollande une puissance de premier rang, en état d'influer par ses conseils sur la politique de la Grande-Bretagne * .

Pendant une quinzaine de jours, Andries Pretorius, qui commandait Içs Boers, et le capitaine Smith échangèrent des messages désobligeants et des bravades. Le premier sommait le second d'évacuer le Natal sans délai; en retour Smith se refusait à reconnaître un caractère oflBciel quelconque à Pretorius et aflectait de l'appeler « monsieur Pretorius ». Le 28 mai i842, Smith se flattant de remporter un avantage décisif tenta une attaque de nuit contre le village boer de Gongella. A onze heures du soir, il quitte son camp à la tête de i38 hommes et de deux pièces de canon attelées de bœufs. Il s'avance le long du rivage de la baie sous le couvert

Drakensbcrgen] étaient très portés à la résistance parce qu'il courait •de faux bruits de guerre en Europe et de secours des Hollandais ^ux émigrants. » Wahlberg (revenant alors du Vaal vers le Natal), Monatsberichte der Verhandlungen der Gesellschaft fur Erdkunde zu Berlin, i844» p. x36.

I . Cloete donne la preuve suivante de l'ignorance des Boers. En juin 1843, causant avec quelques membres du Volksraad de Pietermaritzburg, il fit allusion aux cinq grandes puissances. L'un d'eux ■demanda : « Quelles sont ces grandes puissances ? » Cloete répondit: « L'Angleterre, la France, la Russie, l'Autriche et la Prusse. » — « Et la Hollande ? )>, demanda-t-on. Cloete donna alors quelques •explications sur l'étal de l'Europe, et prouva que la Hollande était une puissance de second ordre. « Jamais, répliqua l'interlocuteur, on ne nous a dit cela, mais juste le contraire. » Five lectures, p. ia4-ia5.

d'un bois de mangliers. Mais les Boers ont surpris sa marche et dès qu'il sort du bois, sa troupe reçoit des coups de feu. La nuit est claire, les Boers tirent juste, les bœufs blessés s'aflfolent ; en quelques instants, la panique se répand dans la petite colonne. Smith ordonne la retraite, mais ses pertes sont lourdes : seize morts, trente-et-un blessés, trois disparus, noyés dans la baie, deux canons pris*.

Toutefois, le capitaine ne se laissa pas décourager par cet échec; il confia un message à un colon anglais, Richard King, qui s'était oflfert à le porter à Grahamstown, fortifia son camp, abattit bœufs et chevaux, en sala la viande et attendit des secours ^.

Sa confiance lui réussit. Les Boers s'emparèrent bien de deux petits bâtiments anglais, mouillés dans la baie, tirèrent un grand nombre de coups de canon, pensèrent même à empoisonner une fontaine "où les assiégés s'approvisionnaient^, mais ne réussirent pas à prendre le camp.

Cependant la famine éprouvait les assiégés : leur amai-

I . Delegorgue dit avoir été réveillé dans sa maison par les coups de fusil. Il se fit faire un récit de l'affaire dès le lendemain par les Boers, II, p. 78 et suiv.

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