Petermann's geographische MUteilungen, i856, p
s'accomplissait quatre ans après le sien, pour les mêmes
Carte 8. — Le Natal de i8/i3 à iS^B.
causes et à son détriment*. Mais du coup, la population
I. Henry Glocte trouva Panda, en octobre i843, « fort excité au sujet de la fuite de sa tante Mawa, de son principal conseiller Mangeena et de beaucoup d'autres, qui se sont sauvés dans ce pays [le Pïatal] emmenant, disait-il, beaucoup de bétail ». H. Cloete à D. Moodie, i5 février i846. Correspondence of Natal [I], p. 47- Cette fuite de Mawa fut le sujet d'interminables récriminations do la part de Panda auprès des fonctionnaires anglais.
noire du Natal fut probablement plus que doublée. L'infiltration zouloue continua pendant les années suivantes' (carte 8).
Le repeuplement indigène du Natal s'opéra non seulement par un mouvement du Nord-Est vers le Sud- Ouest, mais aussi en sens inverse, par le retour des populations que Chaka avait refoulées dans le Pondoland actuel. En i846, une partie de la tribu des Amacabas, gouvernée par le chef Ncapai et contre laquelle les Boers avaient, en décembre i84o, fait cette expédition malencontreuse qui avait si bien servi les desseins de sir George Napier, vint s'établir sur le haut cours de rilon (carte 7). Les chefs firent à T. Shepstone, le fonctionnaire anglais chargé à Pietermaritzburg des atfaires indigènes, une déclaration curieuse. L'un d'eux dit qu'il appartenait à la tribu des Amanzibonom, détruite par une autre tribu fuyant ellemême devant Chaka, et qu'elle vivait alors tout près de l'endroit occupé présentement par Pietermaritzburg. Ces chefs, disaient-ils, revenaient au Natal parce que sous le gouvernement anglais, ils savaient trouver la paix et le respect de la propriété : « comme nous sommes las d'être toujours en guerre, nous avons quitté le pays de Ncapai ; nous nous plaçons sous la domination anglaise, parce qu'on n'y fait pas la guerre pour des bagatelles et qu'il y est interdit à un homme de prendre le bien d'un autre homme » *.
1. Le missionnaire Grout écrit, le 6 mai i846, de la mission de rUmvuti : « Bon nombre d'individus sont passés ici, en se cachant de Panda, dont, disent-ils, les méfaits sont aussi nombreux etépou- ^antables que jamais ». Renseignements analogues le 28 mai i846. Correspondence of Natal [I], p. 88.
2. J. Shepstone, Statement of Giviliza, Mabuca, Guma and Mazabelana, late of Ncapai's tribe, who hâve taken up their resi-
Les immigrants sortis du pays Pondo furent d'ailleurs certainement beaucoup moins nombreux que les Zoulous.
Les fonctionnaires anglais évaluèrent à cent mille le nombre des indigènes qui, en quelques années, s'établirent de la sorte au Natal; c'est un chiffre fantaisiste. Furent-ils cinquante mille ou cent mille ou cent cinquante mille? Tout moyen de le savoir exactement faisait défaut. Ils firent Teffet d'une multitude *. Quand, en 1837, Pieter Retief traversa le pays, des Drakensbergen à la baie de Natal, il ne rencontra pas âme qui vive; dix ans après, les noirs y fourmillaient. La carte que Gardiner dessina en i835 ne porte qu'un seul nom de tribu*. Sur celle qu'Auguste Petermann a publiée en i856, les noms ne se comptent plus^.
Au milieu de cette multitude de nègres les Boers ne se sentaient plus en sûreté : leurs domaines étant séparés les uns des autres par des locations, c'est-à-dire par des territoires légalement occupés par les indigènes, il leur devenait difficile de se secourir mutuellement en cas d'attaque. Andries Pretorius se plaint dans une
dence on the source of the lion River, 8 avril i846. Correspondence of Natal [IJ, p. 70.
1 . a n est impossible d'évaluer avec précision leur nombre [des Zoulous émigrés] mais d'après les meilleures informations que j'aie pu recueillir, il doit s'élever au moins à 80000 ou 100 000, et l'état désert du pays zoulou le long de la côte, de larges espaces maintenant entièrement dépeuplés, présentant cependant des traces récentes de peuplement intense, confirment cette opinion. » Henry Gloete, 10 novembre i843. Correspondance of Natal [I], p. 60. — d A 100 000, le nombre des réfugiés n'a probablement pas ét& exagéré ». Lient, gouverneur Martin West, 24 février i846. Ibid.» p. 42.
2. Narrative of a journey ta the Zoolu country. Carte de « Victoria ».