‹ L'expansion des Boers au XIXe siècleChapitre 175 sur 241 · Petermann*s Geographische Mitleilungen^ i856, tafel · texte numérisé non relu

Petermann*s Geographische Mitleilungen^ i856, tafel

lettre adressée, le i6 octobre i847, au gouverneur du Cap, sir Henry Pottînger, du dommage que lui cause rétablissement d'une location nègre entre ses deux domaines de Welverdiend et de Rietvlei^

Tel chef noir disposant de 5oo ou de i ooo sagaies ^ pouvait impunément venir marauder sur les terres du blanc son voisin, qui n'avait à lui opposer que trois ou quatre fusils, le sien et ceux de ses fils.

Une fois commencée, cette émigration des Boers s'accéléra : les incertains, les hésitants, qui désiraient rester au Natal et auraient cherché à s'accommoder des circonstances, étaient affaiblis du départ même de leurs compatriotes et, pour ne pas rester isolés, se décidaient à les suivre.

Cette retraite subit cependant un temps d'arrêt, dans le Nord du Natal, dans la contrée comprise entre la haute Tugela, son grand affluent, l'Umsiniati ou Buffalo river, et les Drakensbergen, et qui, de la rivière qui la traverse, autre affluent de la Tugela, porte actuellement le nom de <( Klip river division ». Il y exista en i846 et en 1847*, ^^^ petite communauté indépendante, à

I . Ils étaient situés à environ neuf et dix-huit kilomètres de Pietermaritzburg. — D'après Merensky, la propriété de Pretorius portait le nom d'Edepdale et était située dans un endroit charmant : «. Ein prâchtiger, holz-und wasserreicher hôchst romantisch gelegener Fleck Erde. » Petermann's geographische Mitleilungen, 1860, {). 4o5. Je ne sais si Ëdendale est une autre désignation de Welverdiend ou de Rietvlei, ou bien si c'est le nom d'un troisième domaine.

a. Martin West au gouverneur du Gap, 11 avril i846. Corresjpondence of Natal [I], p. 68.

3. Comme on le verra (p. 297, note), le traité entre les Boers et Panda porte la date du 7 janvier 1847. Néanmoins, comme il a été précédé certainement de conciliabules des Boers entre eux, on peut admettre que cette petite république a virtuellement existé dès la fin de i846.

laquelle on pourrait donner le nom de République boer de la Klip River, bien que les Boers qui la composèrent n'aient jamais pris soin de désigner leur groupement par un terme collectif (carte 8). Aucun historien ne parait en avoir jusqu'à présent relevé l'existence.

Le commissaire Henry Cloete avait le 5 octobre i843, signé avec Panda un traité par lequel la frontière entre la « Zoolu country * m et la colonie anglaise du Natal, serait constituée par la Tugela depuis son embouchure jusqu'à son confluent avec l'Umsiniati ou Buffalo river, puis par ce dernier cours d'eau jusqu'à sa source*. Le pays traversé par la Klip faisait donc incontestablement partie du territoire du Natal.

Mais le lieutenant gouverneur ne l'occupa pas effectivement. Les premiers fonctionnaires anglais envoyés au Natal y passèrent des années dé misère et d'humiliation. Le Colonial Office^ qui s'était laissé imposer ce nouveau territoire par sir George Napier, entendait bien que le budget britannique ne se ressentît pas de cette faiblesse. Le comte Grey exposait aussi bien l'opinion de ses prédécesseurs que la sienne, quand il écrivait en 1847 • " Considérant l'ensemble de l'Empire britannique et lés demandes élevées de crédits adressées au

I . Le terme « Zululand » n*est pas encore usité à cette époque dans la toponymie africaine.

a. Lord Stanley, dans une lettre du aS mai i844 & sir Peregrine Maitland approuve cette frontière : « Au Nord-Est, je ne vois pas de raison pour désapprouver la convention conclue entre le colonel Cloete et Panda, chez des Zoulous, qui constitue comme frontière entre les deux États, la Tugela, de son embouchure à son confluent avec l'Umsingatee (ou Buffel's river) puis le cours de cette rivière jusqu'à sa source. » Corresp. of Natal [I], p. a. On remarquera que le secrétaire d'Etat des colonies confond le colonel Josias Cloete avec son frère, le commissaire Henry Cloete, qui estTauteur du traité.

trésor impérial de tant de côtés divers, c'est mon devoir, une fois pour toutes, d'enlever tout espoir qu'un projet quelconque de développement du Natal, entraînant de grosses dépenses, puisse être adopté par le Parlement » *.

Les Anglais occupèrent donc Durban et Pietermaritzburg, mais rien de plus. Le pauvre lieutenant-gouverneur, Martin West, se plaint de son dénuement. Il lui faudrait des cavaliers pour faire la police d'un pays aussi montagneux, et il n'en a que trente-cinq, sur lesquels vingt-six seulement sont disponibles. Qu'on lui en envoie deux cents, ou seulement cent, il se résignerait à cinquante à la rigueur, qu'on ne lui envoie même que des hommes, il trouvera des chevaux, mais qu'on Jui envoie quelque chose^. Il se demande même, telle est la difficulté de sa position, si le gouvernement ne devrait pas se résigner à l'abandon du pays ^.

Dans ces conditions, le district situé au Nord de la Tugela ne fut anglais que nominalement: de i843 à 1847, ^^ ^'y P^rut ni un fonctionnaire, ni un soldat. Or le voisinage des Zoulous y rendait la sécurité précaire ; un notable, Andries Spies, alla entretenir Martin West de cette situation, mais il n'en obtint que de vagues promesses de protection. Les Boers, laissés à eux-mêmes, agirent donc en peuple libre*, et comme ils redoutaient

I. Earl Greyà sir Harry Smith gouverneur du Gap, 10 décembre 1847» Correspondence of Natal [l], p. i38.

a. Martin West à sir Peregrine Maitland, 11 avril i846. Cor" resp. of Natal [I], p. 69.

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