avril 1846, Correspondence of Natal [l], p
4. Tous les faits qui suivent sont extraits de Tenquête que Walter Harding, crown prosecutor du Natal et member of the Executive govemment fit auprès des Boers de la Klip river du i4 septembre au i3 octobre 1847» Corr. Natal [I], p. i84 et suiv.
fort Panda, qui pouvait à tout instant avoir la fantaisie de franchir la Buffalo river avec ses milliers de guerriers et de ravager leurs domaines, ils résolurent de conclure avec lui un accord et de lui acheter le pays qu/Hls occupaient.
Panda affirma, bien que ce fût contraire aux stipulations de la convention qu'il avait signée le 5 octobre 1843 avec le commissaire Henry Cloete, que le territoire lui appartenait. Forts de cette déclaration, qu'ils feignirent de considérer comme l'expression de la vérité, les Boers Andries Spies, Johannes Hendrik de Lange et Pieter Lafras Uys firent signer à Panda dans son village de Nodenke en avril ou en mai 1847 nn traité par lequel il cédait aux Boers le pays situé entre les Drakensbergen, la Tugela et la Buffalo, comme leur propriété légale et perpétuelle pour une somme de mille rixdallers*.
I. Voici le texte de ce traité : « Moi, Panda, roi des Zoulous, fais savoir par les présentes qu'étant le possesseur et le propriétaire du pays, qui s'étend de la mer entre la Tugela et la Pongola jusqu'au sommet des Drakensbergen... je déclare que j'ai cédé le pays entre [i°] l'Umziniati et la Tugela depuis leur confluent jusqu'à la source [de la Tugela] dans les Drakensbergen et [2°] une ligne de cette source à celle de l'Umziniati passant par les Drakensbergen aux Boers qui occupent actuellement ce pays, comme leur proprié té légale et perpétuelle. Je l'ai concédé aux Boers africains de ma pleine volonté, moi. Panda, roi des Zoulous ; il doit rester la propriété intangible des susdits Boers, sans intervention de personne, pour une somme de i 000 rixdallers, payable en six mois à compter de ce jour. Ainsi, moi Panda, roi des Zoulous, je déclare irrévocables les présentes, je les ai signées de ma main, qui témoignent que ce pays ne peut ni ne pourra être cédé à aucune autre puissance. Fait le 7 janvier 1847» ^ Nodenke [résidence de Panda]. Signé f (marque de Panda). A. -T. Spies. J. de Lange, P.-L. Uys ; Smekaave, témoin. » Correspondence of Natal [l]y p. 196. — Les mille rixdallers ne furent jamais payés par les Boers à Panda. La date du
Aussitôt après la signature du traité, les Boers de la Klip river, c'est-à-dire soixante à soixante-dix familles, organisèrent leur communauté, dans une réunion générale, tenue en mai 1847; ^^^ élurent: i** un commandant, Andries Spies, naguère landdrost de Weenen, signataire de la déclaration de prise de possession du Natal par A. Pretorius le i4 février i84o, et récemment principal négociateur du traité conclu avec Panda ; 2® un greffier des domaines ; 3** un field cornet ; 4® un conseil de trois personnes pour procéder aux mariages*.
Ces diverses fonctions ne restèrent pas simplement honorifiques : des domaines fonciers furent régulièrement enregistrés par le greffier et le conseil compétent célébra cinq mariages.
L'histoire des Boers est féconde en petites communautés politiques analogues. Il sera question dans les chapitres suivants des républiques du Zoutpansberg, du Lydenburgetd'Utrecht. En 1882, les républiques Stella et Goosen furent fondées dans la région appelée actuellement Betchouanaland, et en i884 « la nouvelle République » De Nieuwe Republiek surgit à une petite distance à l'Est de la Buffalo river.
Quand le lieutenant gouverneur Martin West connut, par l'enquête de Walter Harding les faits qui viennent d'être exposés, il fut d'autant plus irrité, qu'il se sentait coupable : le parti pris par les Boers n'avait-il pas sa propre négligence pour cause ? Il aurait fait arrêter Andries Spies et les autres « meneurs », s'il l'avait pu.
7 janvier 1847 ®^^ peut-être celle à laquelle le traité fut rédigé, mais non celle à laquelle il fut signé.
I. Le texte anglais ne donne pas en hollandais le titre de ce conseil, il dit seulement : « A board to solemnlze marriages. »
n se contenta de publier le 25 octobre 1847 une proclamation dans laquelle il qualifiait « de sauvage, d'insensé et de hautement criminel » le projet d'acheter à Panda un territoire qui, au su de tous, appartenait à la Grande- Bretagne ; il accordait cependant le pardon aux coupables pourvu que, dans les quatorze jours, ils prêtassent serment de fidélité à la Reine en présence de Jacobus Nicolas Boshof, nommé résident dans la « Klip river division » *.
Mais les Boers de la Klip river ne voulaient pas être fidèles à la reine, ils refusèrent donc de prêter serment et s'apprêtèrent à chercher d'autres terres au delà soit de la rivière Buffalo, soit des Drakensbergen.
A la même époque, les familles restées sur la rive droite de la Tugela s'apprêtèrent à les imiter. Elles avaient délégué Andries Pretorius auprès du gouverneur du Cap, sir Henry Pottinger, pour lui représenter combien la dispersion de milliers de nègres au milieu de leurs domaines rendait leur situation précaire. Mais sir Henry Pottinger était arrivé fort prévenu contre les Boers par le secrétaire d'État des colonies, lord Grey, qui les lui avait représentés comme « vivant dans un état de société dans lequel on s'affranchissait habituellement des devoirs imposés par la justice et l'humanité » *. En outre, officier de l'armée des Indes, ayant fait toute sa carrière dans l'Indoustan, et s'apprêtant à y retourner, il ne s'intéressait que superficiel-