‹ L'expansion des Boers au XIXe siècleChapitre 18 sur 241 · I. Mac Call Theal, History of S. Africa (1795-1834), p · texte numérisé non relu

I. Mac Call Theal, History of S. Africa (1795-1834), p

3. Hansard's Parliamentary debates. Nouv. série, t. VII, p. 801 3. Ces commissaires publièrent à leur retour deux rapports : i^ Reports of the commission of inquiry. I. Upon the administration •of the Government at the Cape of Good Hope ; II. Upon the finances ut the Cape of Good Hope, in-4°. Londres, 1827. — 2° Report of the Commissioners of inqairy upon the trade of the Cape of Good Hope, the navigation of the Coast, and the improvement of the harboursofthat coîony, in-4°. Londres, 182g.

burgerraad ^ au Conseil du gouvernement. Le nombre des burgerraaden avait été porté à deux en i658, à trois en 1670 et à six en 1786. Choisis par le gouverneur sur une liste de candidats dressée par leurs concitoyens, ces burgerraaden siégeaient au Conseil en qualité d'administrateurs et de juges ^. En outre, quand les colons voulaient obtenir du gouvernement une faveur ou le redressement d'un grief, les burgerraaden, délégués delà communauté, parlaient en leur nom.

L'institution des burgerraaden avait été supprimée en 1795, mais elle avait été partiellement restaurée en janvier 1796, sous la forme d'un burgher senate. Ce Conseil était composé de six colons, qui, bien que ne jouissant pas d'attributions aussi étendues que leurs prédécesseurs, servaient néanmoins d'intermédiaires entre le gouvernement et leurs concitoyens.

Or le burgher senate fut supprimé en 1828. Une autre institution presque aussi vénérable que celle des burgerraaden, puisqu'elle datait de i685, celle des landdrost et heemraaden disparut la même année. Les landdrosts nommés par le gouverneur étaient ses représentants, ses préfets, dans les districts ruraux de Stellenbosch, Swellendam, George, Uitenhageet Graaff Reinet. Les Ae^mraaden, dont le nombre variait entre quatre et huit^ étaient les délégués des colons. Le « Conseil du landdrost et des heemraaden » jugeait les procès d'importance secondaire et administrait le district.

I. C'est-à-dire citoyen-conseiller; burgerraad est rendu dans les textes anglais par les termes burgher councillor.

a. Exposer ici le rôle des burgerraaden au xyii» et au xviiic siècle nous entraînerait trop loin, mais, si l'on en a la curiosité^ on verra, par quelques exemples concrets, comment s'exerçait cette fonction, dans notre biographie du burgerraad Henning Husing, Éludes sur l'Afrique, i vol. in-ia, 1904, p. 21 4.

Or le i*** janvier 1828, des civils commissioners remplacèrent les landdrosts, et des magistrats de carrière les conseils de landdrost etd'heemraaden.

Burgerraadenei heemraaden avaient toujours été choisis parmi les propriétaires les plus considérés d'un district ; ils correspondaient assez bien aux « notables » de l'ancienne France.

Les décisions prises en 1828 enlevaient donc aux colons toute participation à la vie publique. C'était les toucher en un point sensible, car leur vœu unanime, le vœu de ceux de l'Est comme de ceux de l'Ouest, était de fortifier les institutions représentatives de la colonie, et de collaborer avec le gouverneur à la direction des affaires publiques. ^

En 1827, ils envoient en Angleterre une pétition demandant l'établissement d'une assemblée législative. Ils échouent. En i83o, nouvelle pétition, qui est discutée le 24 mai à la Chambre des Communes et que sir George Murray, secrétaire d'État des colonies, fait rejeter en représentant qu'une assemblée délibérante mettrait aux prises colons anglais et colons hollandais, et de plus permettrait d'opprimer légalement les esclaves et les Hottentots. Les colons cependant ne se découragèrent pas. En i83i, ils adressent un mémoire au roi et enfin en i833, le gouvernement anglais se décide à créer au Cap un (( législative council » , composé de fonctionnaires en majorité et de quelques membres choisis par le gouvernement entre les plus notables de la colonie*. Mais il ne réussit point par cette mesure à satisfaire les colons, qui continuèrent à se plaindre d'être systématiquement écartés des affaires publiques. « Tous les maux, diront en 18^2 les Boersdu Natal, viennent du manque

Mac Gall Theal, History of S. Africa (1795-1834). p. 394-6.

d'institutions représentatives qui nous sont refusées par le gouvernement de cette même nation, qui regarde ce privilège comme l'un des droits les plus sacrés du citoyen, droit pour lequel tout véritable Anglais est prêt à donner sa vie *. »

Astreints dans leurs rapports avec les fonctionnaires à l'usage d'une langue étrangère, privés de toute participation à l'action judiciaire et à l'action administrative, les Boers se sentent dépaysés, et si un certain nombre se décidèrent à quitter le sol de la colonie, c'est en partie parce qu'on en avait fait, malgré eux, des émigrés à l'intérieur.

Cependant ces griefs des Boers contre le gouvernement anglais furent secondaires. La cause principale de leur dissentiment avec la puissance régnante, et qui dépasse tellement les autres, qu'à son défaut l'émigration n'eût probablement pas eu lieu et qu'il n'y aurait pas eu de nation boer, ce fut un désaccord complet sur la politique à suivre vis-à-vis des nègres en général et des Cafres indépendants en particulier.

I. Manifeste du Yolksraad de la République du Natal à sir George Napier, gouverneur du Gap, 21 février i843, cité par Voigt, Fifty years of the history of Ihe Republic in South Africa, II, p. 193.

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