I. Corresp. of Natal [II], p
[sir Henry Pottinger] ne m'autorisa ni à lui parier ni même à le voir, tous mes compatriotes n'étaient-ils pas en fuite et ma propre famille parmi eux? Où sont donc les premiers propriétaires du pays ? Ils errent dans les contrées sauvages de l'Afrique du Sud. Jamais vous n'arracherez le souvenir de ces souffrances du cœur des Boers ; promesses et menaces seront impuissantes. Vous pouvez nous forcer à fuir plus loin encore et à vous détester, mais jamais à nous soumettre en silence. Pour la liberté nous sacrifions tout ^ !
Pretorius cherchait en même temps à rallier les chefs de Boers dissidents sur lesquels Harry Smith s'appuyait. A l'un deux, Jacobus Snyman, il rappelait leur ancienne amitié et faisant allusion aux mouvements révolutionnaires, qui se produisaient alors en Europe, il disait : « Le monde s'éveille à la liberté ici comme en tant d'autres contrées, et si le Très-Haut veut qu'il en soit ainsi, qui pourra résister ? » Il croyait ou feignait de croire, que l'attention des Anglais allait être détournée de l'Afrique australe par de graves événements : « Ne voyez- vous pas que la puissance des Anglais n'en a pas pour longtemps, que tous quittent ce pays, parce qu'ils vont avoir à soutenir une rude guerre dans le leur^? »
Dès que sir Harry Smith apprit la nouvelle de la capitulation du major Warden, il concentra à Colesberg tout ce qu'il avait de troupes disponibles et offrit une prime de 2 ooo livres sterling (5o ooo francs) à qui livrerait Pretorius. Le 1 7 août i848, il publia un manifeste sous le