Orlhographié S tort a Schorman » par Mac Queen
République indépendante et souveraine, avec un Volksraad qui légiférerait pour eux seuls.
Néanmoins l'idée d'union entre tous les Boers habillant au Nord du Vaal hantait beaucoup d'esprits.
Sans entrer dans le détail fastidieux des mesquines querelles personnelles et confessionnelles qui la retardèrent, il suffira de dire qu'elle s'accomplit en trois actes. En janvier i858, la République du Zoutpansberg se fondit dans la République Sud- Africaine. La même ^nnée, le 8 mai, la République du Lydenburg et celle -d'Utrecht fusionnèrent également. Il ne restait donc plus en 1808 que deux groupes indépendants.
Après de longues négociations, l'union définitive fut <:onclue le 4 avril 1860, dans une réunion tenue à Pretoria par quinze membres du Volksraad de la République Sud- Africaine et douze du Volksraad de la République du Lydenburg '.
Une constitution avait été élaborée par une sorte d'assemblée constituante, qui avait siégé à Potchefstroom <lu 16 décenibre i856 au 5 janvier 1807. Elle fut adoptée par Stephanus Schœman, au nom du Zoutpansberg, le i3 février i858, et par les représentants <lu Lydenburg, en 1860, avec quelques réserves.
En voici les dispositions principales : Le président de la République est élu par le peuple ; il doit être membre de l'Eglise réformée hollandaise et âgé d'au moins trente ans. Il lui est interdit de se livrer à aucun acte commercial et de quitter le territoire de la République. Il gouverne avec le concours d'un conseil exécutif (Llitvoerende Raad), composé du secrétaire du gouvernement "et de deux Boers, qui portent le titre de membre
i. Mac Gall Theal, Flist. of South Africa, Ihe republics... from i854 io 1872, p. 38, 47, i32.
du conseil exéculif. Le Volksraad se réunit au moins une fois par an ; les membres en sont élus au suffrage universel des Boers pour deux ans, ils sont renouvelables chaque année par moitié. Le territoire de la République est administra tivement divisé en districts, dans chacun desquels siège un landdrost, qui rend la justice, assisté de heemraaden. Il est militairement divisé en fieldcornetcies ; chaque groupe de six fieldcornelcies est placé sous les ordres d'un commandant. Le* Boers en état de porter les armes éhsent un commandant général, qui en temps de guerre siège au conseil exécutif. Le drapeau de la République, trois bandes horizontales, rouge, blanche et bleue, est imité de celui du royaume des Pays-Bas ; il s'en distingue pourtant par une bande verte parallèle à la liampe'.
En 1860, au moment de son unification, les limites territoriales de la République Sud-Africaine étaient trèsindécises. Au Sud, cependant, le Vaal la séparait de rÉtat libre d'Orange, sous celte réserve que le district de Wakkerstroom étant habité par des Boers transvaaliens, quoique situé au Sud du Vaal, ce fut la Klip ' qui servit de frontière, état de fait que le gouvernement de l'État libre ne reconnaissait d'ailleurs pas officiellement. Mais à l'Ouest, au Nord et à l'Est, seuls les obstacles naturels, manque d'eau, mouche tsé-tsé, fièvre paludéenne, arrêtèrent les Boers dans leur expansion. Au Nord du Limpopo, ils n'allèrent pas se fixer k
I. Mac Call Theal, il/idem, p. 34. — Seidel donne dans Tranavaal, à l'Appendice, un leite de la conslitutioD de la Bépubliqu» Sud-Africaine ; seulement comme il n'a pas pria soin de distinguer des articles élaborés en 1857 ceux qui ; ont été ajoutés en iS8g, nous n'avons pas pu en faire usage.
3. Ne pas confondre la Klip, nlDuenl de gauche du Vaal avec la Klip, affluent de gauche de la Tugela,
demeure, mais aventureux comme leurs ancêtres, ils y accomplirent des expéditions de chasse. En 1869, par exemple, une troupe de chasseurs s'avança à quatorze jours au Nord du fleuve dans un pays de hautes montagnes, dont les habitants, qui se nommaient Maïairis n'avaient vu jusqu'alors ni Européens ni armes à feu * : de même un siècle et demi plus tôt les premiers colons du Cap s'en allaient de Stellenbosch ou de Drakenstein, à la grande indignation du gouverneur Adriaan van der S tel, acheter ou voler des bœufs chez les Hottentots de la rivière Zondereinde ou de la baie de Mossel, le bout du monde de ce temps-là.
Quant aux frontières respectives de la République Sud-Africaine et delà colonie portugaise du Mozambique, ^lles furent seulement fixées le 28 juillet 1869 par un traité conclu entre les gouvernements de Pretoria et de Lisbonne*.
Si cette unification territoriale de la République Sud- Africaine fut laborieuse, elle fut solide. Les luttes des partis y atteignirent le dernier degré de la violence et cependant ni sous le régime de la liberté absolue ni sous celui des conventions avec la Grande-Bretagne, l'union des provinces ne se brisa.
I. Le récit de cette expédition a été fait à Merensky par des Boers du Zoutpansberg. Petermann's Geogr. MitteUungeriy 1860, p. 407.
3. F. Van Orfroy" donne le texte du traité du aS juillet 1869 en portugais et en hollandais ; les limites territoriales sont fixées par l'article 28. Conventions internationales définissant les limites actuelles des possessions, protectorats et sphères d'influence en Afrique, p. 58 «t 454*