CHAPITRE IV L'INDÉPENDANCE DE L'ÉTAT LIBRE D'ORANGE
Si les commissaires Hogge el Owon avaient jugé que le gouvernement de la Grande-Bretagne agirait sagement en se désintéressant des Boers du Transvaal, ils s'étaient en même temps nettement prononces en faveur du maintien de la domination britannique dans TOrtinge river sovereignty. A Londres, cependant, leur avis ne prévalut pas, et, en i85i, les Boers de l'Orange furent abandonnés à eus-mêmes, comme ceux du ïransvaa' l'avaient été deux ans auparavant. Il nous reste à exposer la succession de faits, qui aboutit k la création d'ur nouvel état indépendant en Afrique australe.
Le i4 janvier i852, lord Grey informa sir Harr Smith que sîr George Cathcart était nommé à sa plac gouverneur du Cap et haut commissaire dans l'Afriqu australe. Quoiqu'il ait protesté plus tard du n vifregr avec lequel il soumit 'cette proposition k la reine ' il disgracia sans ménagement ce vétéran des guerr d'Espagne, de l'Inde et d'Afrique, et lui reprocha d' a voir manqué de la prévoyance, de l'énergie et de l'i telligence requises par la difficulté de sa position ^ ».
1. n Cet acte nous eoilla beaucoup », dil-îl encore. The cola policy ûf lord John Russell's admînUlralion, H. p. 247.
a. Le leile de la lettre de lord Grej est donné iVi extenso i 'r Harrj Smith, ■ïuiobiogrnphj, !!, p. 5oo loi-
La nomination d'un nouveau gouverneur au Cap contribua beaucoup à l'abandon de V Orange river sovereignty.
La fondation de cette nouvelle colonie était l'œuvre personnelle de sir Harry Smith. Le 12 novembre i85i, ayant reçu une dépêche dans laquelle lord Grey exprimait l'avis que, si les Boers ne voulaient pas de bon gré se rallier à la domination anglaise, il fallait abandonner le pays, il avait éiiergiquement combattu cette opinion. « Si le territoire cessait d'être soumis à l'autorité de S. M., cette reculade serait regardée par tout homme de couleur de l'Afrique du Sud comme une victoire sans précédent et inespérée pour sa race, le signal d'une révolte ou d'une résistance continue à l'autorité britannique depuis Cape-Town jusqu'au territoire de Panda et au grand lac\ »
Il doutait fort qu'on raUiât les Boers « en changeant l'état de choses actuel», car « ce procédé prouverait, disait-il; de la faiblesse de notre part, amènerait des maux de tout genre et entretiendrait l'idée qu'on finit par réussir en résistant avec persévérance à l'autorité de S. M.. Il serait désastreux non seulement de favoriser les gens maintenant hostiles, mais encore d'abandonner à leur vengeance ceux qui sont restés loyaux et fidèles* ».
Sir Harry Smith tombé en disgrâce, V Orange river sovereignty perdait donc son principal défenseur. Nous ignorons quelle opinion sir George Cathcart apportait en débarquant au Cap sur cette question de l'Orange, et s'il penchait pour l'abandon de la domination anglaise ou pour son maintien : il n'avait probablement aucune idée préconçue. Mais les soucis et