‹ L'expansion des Boers au XIXe siècleChapitre 219 sur 241 · Cathcart, Correspondence, p · texte numérisé non relu

Cathcart, Correspondence, p

Un Volksraad de 29 membres, élu sur Tini gouvernement provisoire, se réunit le 28 mari Bloemfontein, resta en session jusqu'au 18 élabora une constitution dont voici les princip clés. ' \

Le nouvel Etat porte le nom d'Orange ] Hasards singuliers de la toponymie 1 et sur aucun sans doute des vingt-neuf députés réunis 1 fontein ne se prit à réfléchir en souscrivant ai d'État libre d'Orange. >î 'est-il pas étrange ceperi ce nom d'une petite ville française de la vallée dij « Orange », devenu celui d'une famille prii laquelle les circonstances ont réservé un gra politique aux Pays-Bas, attribué ensuite à un Qi un explorateur hollandais loyaliste, ait finaleme gné au milieu du xix° siècle un État africain ?

U Orange Vrijstaat constitue une Républiqi laquelle tout individu d'origine européenne après six mois de résidence, acquérir les di citoyen.

Il est divisé d'une part en cinq districts, Bl( tein, Sannah's poort, Winburg, Harrism Smith Qeld, et d'une autre en vingt- trois fieldcor

Le 'Volksraad est composé d'un représentar

chacun des chefs-lieux des districts susnommé

Bloemfontein, qui en a deux), et d'un représen

fieldcornetcy. Il est élu pour quatre ans et renoi

' par moitié tous les deux ans.

Vingt-cinq ans d'âge, résidence d'un an dans ] possession d'une terre ayant une valeur de 5 00 telles sont les conditions requises pour l'éli Tout Boer a le droit de vote.

Le Volksraad se réunit chaque année à Bl tein le premier lundi de février.

Le président de la République est élu pour cinq ans ' au suffrage universel des Boers, aur une liste de noms présentée par le Volksraad ; il est rééligîble.

Le président déclare la guerre, fait la paix, conclut des traités; tous ces actes, s'ils sont accomplis hors session doivent être ratifiés par le Yolksraad.

Il est assisté d'un conseil exécutif, composé du landdrost de Bloemfonteîn, du secrétaire du gouvernement et de trois membres délégués par le Volksraad.

Tout adulte sain de corps doit le service militaire de i6 à 60 ans.

Les Boers de chaque fieldcornetcy élisent unfieldcornet qui les convoque en cas de guerre. Les Boers de chacun des cinq districts élisent un commandant auquel tes ficldc omets sont subordonnés. Ces commandants élisent un général pour la durée de la guerre.

Dans chaque district, un landdrost nommé par le Volksraad recueille les taxes et rend la justice, assisté d'heemraaden.

L'église d'État est l'église réformée hollandaise. Mais la constitution proclame la liberté de conscience indivividuelle et la liberté de la presse ; elle garantit la propriété.

Josias P. HofTman fut élu définitivement président de l'État libre d'Orange le i5 mai i854.

Essayons maintenant de montrer brièvem»

chaînement des faits qui viennent d'être exposé

Pendant la seconde ifioitié du xvii^ siècle et le xvm% des Européens qui avaient émigré au Bonne-Espérance, alors possédé par la Compagi landaise des Indes orientales, leurs fils et leur fils peuplèrent la bande de terrain humide et 1 qui s'étend entre le rivage de l'océan Indien et 1 tagnes. En 1796 ils avaient atteint la Croc rivier.

Mais pendant que ces paysans éleveurs de be Boers, comme on les appelait, colonisaient aii trême Sud de l'Aft-ique, il survenait dans le moi événements qui décidèrent, bien qu'ils leur complètement étrangers, du sort de leurs descc ; l'un était la conquête de l'Indoustan par la I Bretagne et l'autre la Révolution française.

Il fallait à la Grande-Bretagne, devenue p asiatique, une relâche dans les mers australes j et mieux pourvue que l'île de Sainte-Hélène. : son dévolu sur le Gap, gîte d'étapes de premi ; sur les routes maritimes du globe, grâce au • échancrures de se^ côtes, Table bay et False t i pices au mouillage des navires.

L'occasion guettée se présenta, quand, au c :

révolutions qui agitaient l'Europe, la République batave s'allia à la République française, l'ennemie de la Grande- Bretagne.

La conquête s'accomplit en 1796 sans difficultés. Le Cap, il est vrai, fut restitué à la République batave en i8o3, en exécution d'un article de la paix d'Amiens, mais fut reconquis en 1806, et resta définitivement acquis à la Grande-Bretagne, lors du règlement général de comptes de 181 4.

Le gouvernement anglais, qui tenait ses nouveaux sujets pour des rustres paresseux et ignorants, ne chercha point à se les attacher. Il les mécontenta en les privant de leur participation' séculaire à la vie publique et en leur interdisant, dans les actes officiels, l'usage du hollandais, leur langue maternelle.

Mais la rupture irrémédiable fut provoquée par une divergence de vues complète sur la manière de traiter les nègres. La compassion pour les souffrances des esclaves des colonies américaines, qui, sur la généreuse initiative de Wilberforce, avait commencé à se manifester en Grande-Bretagne à la fin du xvin® siècle, s'empara vers i83o d'une grande partie de la nation et finit par provoquer l'acte d'émancipation de i833.

Mais on ne garda aucune mesure. A certains habitants des bords de la Tamise, qui de leur vie n'avaient vu un seul nègre, il suffit qu'un homme eût la peau noire, pour être incontinent réputé bon, juste et vertueux. Ces exagérations causèrent un grave préjudice aux Boers, dans la vie desquels les indigènes africains jouaient un grand rôle, et qui employaient des nègres du Mozambique comme esclaves, des Hottentots comme serviteurs et avaient à tout instant à se défendre contre les Boschimans et contre les Cafres. Entre ces Boers, européens d'origine et chrétiens de religion d'une part,

et ces noirs païens d'une autre, l'opinion publique anglaise se prononça sans hésitation pour les seconds.

Aux faveurs qui leur avaient déjà été accordées, lord Gleiielg, secrétaire d'État des colonies, en ajouta une dernière en i835, qui jeta les Boers dans le désespoir.

A la fin de l'année précédente, les Cafres avaient une fois de plus envahi la colonie, massacré des colons, brûlé des maisons et emmené des troupeaux. Après les avoir péniblement rejetés au delà de la frontière, le gouverneur sir Benjamin d'Urban, avait établi un judicieux système de protection, qui paraissait devoir mettre la colonie à l'abri d'un nouveau péril, quand lord Glenelg, imbu des idées courantes sur l'innocence des nègres, désapprouva les mesures préventives prises par le gouverneur, et en fait, abandonna les districts orientaux à la merci des sauvages.

Alors, les Boers quittèrent la colonie : en groupes composés de familles alliées ou amies, dirigés chacun par un chef, ils émigrèrent au Nord de l'Orange.

Ils y furent d'abord aux prises avec les Matabélés, qui s'étaient fixés sur la lisière du désert du Kalahari, mais, après les avoir expulsés assez aisément, ils restèrent les maîtres de la vaste région circonscrite par l'Orange et le Limpopo.

Les Boers émigrants ne s'y arrêtèrent pas tous ; certains d'entre eux, attirés par la réputation de fertilité du Natal, y descendirent sous la conduite de Pieter Retief. Ils eurent à y supporter des luttes terribles contre la peuplade belliqueuse et déloyale des Zoulous et faillirent succomber. Mais, servis par une scission, qui se produisit dans la famille régnante, ils s'allièrent au chef Panda contre son frère Dingan et finalement triomphèrent. Ils fondèrent alors, en i84o, la république du Natal. A ces événements et à ces succès, Andries Pre-

torius, successeur de Pieter Relief, qui avait été massacré dans un guet-apens en i838, prit une grande part.

Cette république n'eut qu'une existence éphémère. Le Natal, à l'arrivée des Boers, n'était pas une terre sans maître. Ils y trouvèrent quelques aventuriers anglais, dont les entreprises de traite avaient excité la curiosité intéressée des négociants du Cap, lesquels apprirent avec inquiétude la fondatioïi de cet Etat indépendant. D'autre part, le' gouverneur du Cap, sir George Napier, se refusant à admettre la prétention des Boers à devenir libres, envoya en 1842 au Natal ua corps de troupes qui conquit le pays et renversa la République.

Immédiatement certains Boers repassèrent les Drakensbergen. D'autres pensèrent d'abord pouvoir rester au Natal, mais ils ne tardèrent pas à y être" comme étouffés par des milliers de nègres qui affluèrent dans ce beau pays, sitôt que la défaite des Zoulouô y eût rétabli la sécurité. Ils se résignèrent donc en majeure partie à le quitter à leur tour.

Pendant que la république du Natal passait par ces phases rapides de grandeur et de décadence, les Boers qui n'avaient pas quitté le plateau transorangien progressaient vers le Nord et colonisaient le Lydenburg et le Zoutpansberg.

Ils faillirent cependant être évincés du plateau, comme ils l'avaient été des plaines du Natal. Quelques différends entre eux et les Griquas, protégés par les gouveraeurs du Cap, donnèrent d'abord à ces derniers l'occasion d'occuper progressivement, en i845 et qji i846, la contrée située sur la rive droite de l'Orange. Puis, en i848, tout le territoire situé entre l'Orange et le Vaal fut annexé à l'Empire britannique sous le nom d^Orange

river sovereignty ; une tentative d'Andries fl pour le reconquérir par la force des armes éch<

La naissance d'une république boer indép paraissait alors tout à fait improbable ; cet é\i inattendu se produisit cependant.

Bien loin d'être favorables à l'accroissement de l'Empire, les hommes d'État anglais au ] vers i85o, estimaient qu'il fallait maintenir les d coloniales dans des limites très étroites, partant toute conquête. Or, s'il y avait une colonie p quelle le parlement était peu disposé à se montre reux, c'était assurément le Cap. Éviter dans Vi australe les affaires et les dépenses, s'y restreind loin de s'y développer, ne point occuper la c située au nord du Vaal, abandonner la région entre l'Orange et. le Vaal, telle parut être la po que la sagesse conseillait. L'indépendance fut accordée à la République sud-africaine par la San convention du 1 7 janvier i852, et à l'État libre d'C par le traité de Bloemfontein du 28 février i85/

Postérieurement à cette dernière date, qi groupes de Boers émigreront, par delà le dés Kalahari, dans l'Afrique allemande du Sud-Oi dans l'Angola portugais, mais ils seront absorbe ces colonies européennes. C'est du Cap au Limpo s'étend le vrai domaine d'expansion des Boers ; ei les limites en sont atteintes.

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