I. ResearcheSt I, p. i
L'AGITATION NEGROPHILE 6:^
nères furent tellement indignés contre lui qu'ils le livrèrent au magistrat du Cap, et non contents de le vx)ir rudement fouetté, ils le bannirent de leur tribu ^
Quant aux Boschimans, ils ne sont pas les sauvages qu'on se plaît à décrire ; non dépourvus d'intelligence, ayant le sentiment du devoir, reconnaissant les faveurs dont ils sont l'objet, disposés à recevoir de l'instruction, ils pourraient être aisément amenés à changer leurs usages barbares contre d'autres pliis civilisés^.
Mais cent cinquante ans d'administration hollandaise ont réduit les indigènes à un état lamentable. Lorsque le Cap fut conquis par les Anglais en 1796, la condition des Hottentots formait un contraste absolu avec l'état paisible et indépendant, dans lequel les Hollandais les avaient trouvés en 1 652 . Ils avaient perdu leur pays, leurs troupeaux et même la liberté personnelle ; devenus les serviteurs des colons, ils subissaient de mauvais traitements. Ce régime les abrutit, et ils s'adonnèrent désormais à la gloutonnerie et à l'ivrognerie. Quant aux Boschimans, la principale occupation des colons a été de les détruire, de les « déraciner » du pays ^. Jamais les hostilités ne cessaient et leurs ennemis implacables considéraient le meurtre d'un libre Boschiman, n'importe en quel lieu et en quelle circonstance, comme, un acte méritoire.
Qu'on ne croie pas que l'arrivée des Anglais ait amé-
1. ResearcheSf I, p. /i-5. — Il est superflu, pensons-nous, d'ajouter que ces assertions de John Philip constituent autant d'erreurs ; les documents relatifs au premier demi-siècle de l'occupation néerlandaise du Gap, et notamment le Journal de Johan van Riebeeck, le premier gouverneur, prouvent que les Européens avaient constamment à se défendre contre les pillages des Hottentots. .