ResearcheSy I, p. xxvi-xvii
ce Dans un temps qui se distingue par tant de philanthropie, il est remarquable qu'on reste si indiffèrent à la situation des indigènes de T Afrique du Sud. Par leur nombre, leur situation, leurs souffrances, ils doivent exciter le plus vivement notre sympathie. Quel remords pour les nations civilisées que leur voisinage ait été plus néfaste au développement et au bien-être des tribus sauvages que la famine, la peste ou les bêtes fauves ! » * .
Le livre de John Philip rencontra un accueil bien différent au Cap et en Grande-Bretagne. Au Cap, il provoqua de l'indignation. Un fonctionnaire, William Macdonald Mackay, s'y jugeant calomnié, intenta un procès à l'auteur, qui le i6 juillet i83o fut condamné avec des considérants accablants à 200 livres sterling de dommages-intérêts et aux frais (900 livres). Entre missionnaires et colons l'animosité était vive déjà, John Philip contribua à la rendre plus vive encore. Désormais plus de conciliation possible. Les colons regardent les membres de la London Missionary Society comme leurs pires ennemis. « Jamais dans ce pays, écrit en i836 le Français J. Bisseux, l'on n'a haï les missionnaires plus qu'aujourd'hui ^. » Et le voyageur Adulphe Delegorgue recueillit encore en iSSg l'écho de la haine publiquement vouée à John Philip « par toute la population hoUando-sud- africaine^ ».
Une grande part revient donc aux missionnaires dans l'émigration des Boers, et Tun des chefs de ces derniers, Pieter Retief, leur reprochera publiquement leur action